Monthly Archives: avril 2023

Freelances : les plus chers de la classe ?

Quel est le coût réel de mes employés ? Et peut-on comparer ces coûts à ceux d’un collaborateur intérim ou d’un freelance ? Les clients actuels de Guido Gonnissen se posent la question. Dans le podcast (en néerlandais) It’s a great time to freelance in HR – PART III :  Freelancers zijn dure vogels! Is dat wel zo? Proposé par #ZigZagHR, Guido évoque son calcul et ses conséquences.

Tarif journalier pour le personnel fixe

En collaboration avec un secrétariat social, Guido a calculé le taux journalier total de la gestion propre de son client. En plus du salaire brut, il a pris en compte d’autres coûts tels que la voiture de société et l’assurance hospitalisation. Le résultat ? Le taux journalier d’un cadre inférieur est pratiquement égal à celui d’un freelance.

Le taux journalier d’un employé avec un profil de cadre inférieur est pratiquement égal à celui d’un freelance.

Du brut au net

Qu’est-ce que ces employés gardent en net de leur salaire ? Telle était la question suivante. Le résultat ? Les cadres de son client feraient mieux d’adopter le statut d’indépendant, estime Guido. Il ou elle conservera davantage de son salaire en net et l’entreprise pourra réaliser des économies dans un certain nombre de domaines.

« J’ai présenté les résultats à l’ensemble des cadres de l’entreprise. Ils n’avaient aucune idée de ce qu’ils recevraient chacun, même à long terme, et de ce que cela coûtait à leur CEO », indique Guido. « Ils m’ont immédiatement demandé si je pouvais faire ce calcul pour chacun de leurs employés. »

Salaires de base élevés

Guido recommande à chaque entreprise de procéder à un exercice similaire. Il existe de nombreux secteurs où les salaires de base sont élevés. Pensez à la chimie. Ici, l’embauche d’un freelance ne sera pas plus coûteuse que celle d’un employé fixe.

Source : It’s a great time to freelance in HR – PART III :  Freelancers zijn dure vogels! Is dat wel zo?

Vos propres employés vous coûtent généralement 2 à 3 fois plus cher que les freelances. Ceux-ci doivent être « prêts à l’emploi » et opérationnels au plus vite.

Très reconnaissable – L’avis de Marleen Deleu (NextConomy)

Mon expérience avec les services des ressources humaines et des achats souligne les propos de Guido. Peu d’organisations comparent correctement le coût d’un employé et celui d’un freelance.

Cela est dû au fait que le coût annuel total d’un employé est rarement, voire jamais, quantifié. Rendez-vous compte : il faut mettre bout à bout tous les coûts liés aux salaires, aux formations, aux charges sociales, aux frais de transport, aux impôts, aux congés et à la maladie, ainsi que des coûts de gestion tels que le secrétariat social, le service médical, etc.

Ce fonctionnement est habituellement très fragmenté et repris sur différents postes de dépenses. Autrement dit, une perte de vue d’ensemble radicale. Et ni les frais de recrutement ni les frais d’onboarding élevés n’ont encore été calculés. Vos propres employés vous coûtent généralement 2 à 3 fois plus cher que les freelances. Eux doivent être « prêts à l’emploi », être opérationnels au plus vite.

En divisant le coût total annuel par le nombre d’heures effectivement prestées, on obtient un montant qui est le coût par heure travaillée pour les salariés.

Comme les freelances ne facturent que les heures effectivement prestées, vous devez aussi les calculer sur une base annuelle pour les salariés : le nombre maximum d’heures moins les vacances, les jours fériés, les jours de formation, les jours de maladie, les RTT. En divisant le coût total annuel par le nombre d’heures effectivement prestées, on obtient un montant qui correspond au coût par heure (travaillée) pour les salariés.

En général, si le calcul est correct, on obtient des coûts horaires similaires. Pourtant, il arrive qu’un freelance soit encore moins cher parce que son output est plus élevé.

Le freelance apporte des connaissances d’expert acquises auprès de plusieurs clients, doit être au fait de l’actualité sous peine de perdre des clients. Et si les choses tournent mal et que vous, chef d’entreprise, n’êtes pas satisfait, vous pouvez plus facilement (et sans coût supplémentaire) le remplacer. Pas un employé.

J’ai dit !

À lire également :

Posted in Recours aux talents externes | Tags , , , , , | Commentaires fermés sur Freelances : les plus chers de la classe ?

L’activité intérimaire faiblit en mars

Au mois de mars 2023, le nombre d’heures d’intérim prestées a diminué de -2,42% par rapport au mois précédent (en données corrigées des variations saisonnières et des effets de calendrier). Ce chiffre résulte d’une évolution négative dans les deux segments : le nombre d’heures prestées a diminué de -3,41% du côté des ouvriers et de -0,97% du côté des employés.

Par rapport au mois de mars de l’année précédente, le secteur de l’intérim affiche une baisse de -13,02%. Ce chiffre résulte d’une diminution de -15,56% dans le segment des ouvriers, et de -9,52% dans le segment des employés.

L’indice Federgon a atteint 94,46 points en mars 2023 contre 96,80 points le mois précédent. Cet indice rend compte du niveau de l’activité au cours du mois étudié par rapport au mois de janvier 2007 (base 100), en chiffres désaisonnalisés.

Posted in Non classifié(e) | Tags | Commentaires fermés sur L’activité intérimaire faiblit en mars

Pendant ce temps-là aux Pays-Bas… les CEO donnent leurs prévisions

1.000.000+ de freelances

Nos voisins constituent l’une des économies les plus fortes et les plus actives pour les freelances. Il y aurait plus d’un million de freelances (à temps partiel ou à temps plein) pour une population active de 10 millions de personnes. Le marché du travail néerlandais reste relativement calme. Le taux de chômage devrait encore augmenter (4,3 % en 2023 et 2024).

Où retrouve-t-on les freelances ? Sans surprises, les principales catégories sont les professionnels de l’IT, les marketeurs, les créatifs, les spécialistes du digital, les graphistes, les photographes et les vidéastes et les consultants.

La vision des CEO à court terme

Pour mieux comprendre le (futur) marché aux Pays-Bas, Jon Younger vient d’interroger les CEO des principales plateformes de freelancing. Objectif : obtenir leur point de vue sur les opportunités et les défis que représente le fait d’être un freelance cette année et dans les deux années à venir.

Principales tendances après interview des CEO

Vous pouvez découvrir toutes les réactions dans son article. Mais il en conclut les éléments suivants :

  • La révolution du freelancing se développe pour des raisons économiques et culturelles profondes.
  • De plus en plus de professionnels indépendants néerlandais considèrent le freelancing comme une voie de carrière attrayante.
  • Les embauches de freelances ont connu un ralentissement temporaire, mais la tendance est manifestement à la hausse à plus long terme.
  • Les entreprises sont de plus en plus intéressées à bénéficier de l’accès aux freelances, de leur expertise, de la rapidité de l’intégration et du temps de productivité.

Découvrez l’article de Jon Younger : Freelancing In The Netherlands: CEOs Share Their Forecasts

Continuez sur votre lancée :

Posted in Indépendants & freelances | Tags , , , | Commentaires fermés sur Pendant ce temps-là aux Pays-Bas… les CEO donnent leurs prévisions

Participez-vous à nos recherches ?

Talent Ecosystems

Dear Sir or Madam,

We are students from Artevelde University of Applied Sciences and are working on our bachelor project with NextConomy. The goal of our bachelor paper is to understand and promote the concept of the Talent Ecosystem, as it is fairly unknown in Belgium.

To make our research more transparent and factual, this 10-minute survey is conducted to back up and improve our desk research and consists of how a talent ecosystem is created, and maintained and how it has impacted your organization.

Thank you in advance for your contribution!

Please click this link to fill in the survey.

Best regards,

Lucille Irakiza, Minh Truong, Osariemen Cynthia, and Zoë Termont


Talent Value Proposition strategy

Dear Mr./Mrs.

We are 5 International Business Management students at Artevelde University of Applied Sciences. We are conducting a research project for our graduation thesis in collaboration with NextConomy. Our topic entails the Talent Value Proposition strategies Belgian companies can implement, to attract and retain all types of talent.

We would highly appreciate your input by filling in our survey, this would take approximately 5 minutes of your time.

Thank you in advance.

Rasoel Erstukajev, Abdel Aouassar, Daether Jackson, Valentin Dutrieux & Wannes Van Iseghem

Posted in L’Avenir du Travail | Commentaires fermés sur Participez-vous à nos recherches ?

L’occupation de travailleurs étrangers en Belgique : 6 propositions d’amélioration

A nouveau des cas de dumping social graves ? Une nouvelle preuve du non-respect flagrant de la législation sociale. Il s’agit souvent de cas de mise à disposition illégale de personnel, où des sociétés étrangères, voire des sociétés boîtes aux lettres, mettent des travailleurs étrangers à la disposition d’entreprises en Belgique. Sans disposer des agréments requis pour ce faire et sans respecter les conditions de salaire et de travail belges.

6 propositions, 1 paper

Federgon plaide avec insistance pour que ces pratiques de dumping social cessent. La fédération proposent des solutions dans un nouveau paper relatif à “l’occupation correcte de travailleurs étrangers en Belgique“.

Il est important de pouvoir faire appel à des travailleurs étrangers, surtout dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre où les profils spécialisés sont difficiles à trouver et où l’activation sur le marché du travail national est insuffisante. Toutefois, il est essentiel à cet égard que les entreprises étrangères suivent les mêmes règles que les entreprises belges et soient également contrôlées sur ce point.

Comment améliorer cette situation ? Téléchargez et découvrez les six propositions concrètes

Continuez sur votre lancée :

Posted in Marché du travail & politique | Tags , , , | Commentaires fermés sur L’occupation de travailleurs étrangers en Belgique : 6 propositions d’amélioration

Emplois permanents : toujours populaires en Belgique ?

De l’offre et de la demande

Dans un communiqué du 6 avril 2023, Robert Half estime que nous sommes actuellement sur un marché du travail en rétablissement. Le spécialiste du recrutement observe entre autres que les entreprises continuent d’embaucher. De leur côté, les candidats cherchent toujours de nouvelles opportunités.

Offres d’emplois temporaires -12%

Cependant, Robert Half observe que le type d’emplois recherchés varie. Le nombre d’offres d’emplois permanents reste stable (-3 %), tandis que les offres d’emplois temporaires connaissent une certaine baisse (-12 %).

Emplois temporaires : à ne pas sous-estimer

Dans le communiqué, Joël Poilvache, Regional Managing Director chez Robert Half, rappelle que les talents temporaires donnent aux entreprises et à leurs équipes la marge de manœuvre dont elles ont besoin pendant les périodes plus actives ou en cas de besoin soudain de soutien. « Mais il y a également un grand avantage pour les employés : acquérir de l’expérience dans divers emplois et secteurs. Ce qui leur permet ensuite de faire un choix éclairé lorsqu’ils choisissent un emploi permanent. Un emploi temporaire peut également constituer un bon tremplin vers un poste permanent .»

Continuez sur votre lancée :

Photo by Mapbox on Unsplash

Posted in Marché du travail & politique | Tags , , , | Commentaires fermés sur Emplois permanents : toujours populaires en Belgique ?

Comment prospérer dans un contexte de crise en tant que consultant indépendant

Les indépendants tirent leur épingle du jeu dans un contexte de ralentissement économique en obtenant des contrats dans des secteurs résilients et en se concentrant sur des projets stratégiquement importants. Cette stratégie devrait jouer en leur faveur, car les mégatendances mondiales allant de la transformation numérique à la décarbonisation, en passant par la santé axée sur la recherche, les changements générationnels et un monde du travail en évolution continuent de stimuler la demande en compétences STEM.

Des sommes considérables continuent d’être investies dans tous les secteurs pour répondre aux exigences liées à ces changements macroéconomiques, malgré la morosité commerciale ambiante. Par exemple, les développeurs de logiciels n’ont jamais manqué de travail, et leurs compétences sont de plus en plus sollicitées depuis la croissance rapide du commerce électronique et de la technologie mobile pendant la pandémie. D’autres domaines qui vont à l’encontre des tendances économiques actuelles comprennent le big data, l’entreposage de données, les informations commerciales et la technologie des dispositifs médicaux.

Mettez l’accent sur vos compétences élargies

Les contrats ponctuels sont généralement bien acceptés et gagnent en popularité dans le monde actuel. Cette nouvelle perception a produit des changements dans les compétences attendues chez les indépendants. Par exemple, par le passé, si vous signiez un contrat en freelance dans l’informatique, vous étiez recruté(e) pour votre ensemble de compétences spécifiques et vous passiez à un autre contrat une fois votre travail effectué. De nos jours, les sous-traitants informatiques sont censés avoir de solides compétences en communication, une plus grande connaissance des opérations commerciales et une compréhension de l’impact que leur rôle exerce sur un projet.

Il en va de même pour les ingénieurs, dont les compétences d’ingénierie classiques peuvent nécessiter d’être complétées par un savoir-faire technologique, car celle-ci est désormais intégrée à de nombreuses créations. Les ingénieurs possédant ces compétences devraient être relativement épargnés par les difficultés économiques en passant d’un secteur à l’autre. Par exemple, de nombreux indépendants expérimentés dans l’industrie pétrolière et gazière passent au secteur de l’énergie éolienne en pleine croissance.

De nos jours, les sous-traitants informatiques sont censés avoir de solides compétences en communication, une plus grande connaissance des opérations commerciales et une compréhension de l’impact que leur rôle exerce sur un projet.

Pour les ingénieurs dont l’horizon est limité dans certaines industries manufacturières, ces secteurs plus sûrs. Le secteur automobile, par exemple, a tendance à s’enliser en période de ralentissement, car l’achat d’un véhicule est généralement considéré comme un luxe. Cependant, si vous possédez des compétences pertinentes, vous devriez pouvoir passer facilement à des domaines tels que l’agroalimentaire ou les produits pharmaceutiques, qui proposent des articles essentiels et sont donc moins affectés en temps de crise.

Lorsque les clients font appel à des consultants externes et indépendants pour des projets, c’est pour être immédiatement opérationnels, respecter les délais prévus et éviter la dérive des objectifs, qui augmente les coûts d’un projet.

Ne vous concentrez pas uniquement sur l’argent

Vous devez également choisir vos contrats avec soin, car demander des honoraires élevés peut ne pas représenter l’option la plus rentable à long terme. Choisir des projets intéressants dans les secteurs où les derniers outils et technologies sont utilisés peut vous doter de compétences essentielles qui seront très demandées à l’avenir et vous permettront d’être mieux payé(e), même si la récession se prolonge.

Il est également important de déterminer quel modèle d’emploi est le plus approprié. Chez SThree, nous aidons les consultants indépendants ou freelances à trouver des postes. Il est important de bien réfléchir au modèle le plus adapté à votre situation. Il y a des avantages à avoir votre propre société à responsabilité limitée parce que vous pouvez vous verser des dividendes. Par ailleurs, vous bénéficiez généralement d’une fiscalité avantageuse, ce qui peut être très utile en période difficile. Cependant, le modèle ECM fournit des droits en matière d’emploi similaires à ceux dont bénéficie le personnel permanent, pour plus de sécurité.

Comprendre la législation du travail et les différences culturelles

Le choix du bon modèle d’engagement peut dépendre en grande partie de la législation et des préférences culturelles. Dans de nombreux pays, cela conduit à la popularité croissante du modèle ECM. Le travail non-salarié (IR35) au Royaume-Uni en est un bon exemple. Comme les clients sont tenus de décider du statut fiscal des missions, s’ils se trompent, la responsabilité leur incombe et non au sous-traitant. Par conséquent, nous avons constaté une augmentation significative du nombre d’affectations où le sous-traitant est employé pour la durée de sa mission. Ce type de missions est passé d’environ 10 % en 2016 à 40 % à l’heure actuelle. Charlie Cox, directeur commercial de SThree, affirme que l’administration des entreprises des secteurs STEM est plus lourde et qu’elles sont davantage exposées à des risques si elles ne comprennent pas la législation.

Sur un marché du travail déjà concurrentiel, l’IR35 peut compliquer l’obtention de talents et engendrer davantage de coûts, mais ces difficultés peuvent être évitées.

– Charlie Cox, Commercial Director – UK, SThree

Les entreprises de placement de personnel qui possèdent une connaissance approfondie dans ce domaine et proposent des solutions d’emploi classique dans le cadre d’une suite de services éliminent les risques pour le client et augmentent encore davantage la valeur des services qu’elles fournissent.

Les États-Unis ont adopté ce type de législation, et les régulateurs mettent un point d’honneur à trouver les classifications erronées de sous-traitants. Par conséquent, nombre de sous-traitants choisissent de travailler sous le régime fiscal W2, acceptant des missions temporaires dotées des mêmes configurations que celles des employés permanents. Aux États-Unis, une grande partie de nos sous-traitants en ingénierie optent donc pour le modèle ECM.

Mais ce n’est pas le cas dans tous les pays. Au Japon, les emplois en CDI ont tendance à être considérés de manière plus positive et comme un signe de réussite. Par conséquent, les consultants indépendants sont souvent moins bien payés que les employés permanents.

Devenir consultant indépendant pendant une récession peut être la solution de sécurité. Non seulement de nombreuses entreprises font appel à des sous-traitants pour des projets clés plutôt qu’à du personnel permanent, mais les consultants ont également tendance à être payés plus dans de nombreux pays. Par conséquent, même si vous traversez une période de six mois sans travail, vous gagnez finalement un montant similaire à celui de vos collègues en CDI.

Les indépendants sont également mieux préparés aux difficultés engendrées par un ralentissement économique. Ils savent que les contrats prennent fin, et sont donc naturellement plus résilients au changement et plus expérimentés pour passer des entretiens et rechercher de nouveaux emplois par rapport aux employés permanents. Dans l’ensemble, les contrats ponctuels dans le domaine des STEM sont avantageux dans une économie difficile.

Posted in Indépendants & freelances | Tags , | Commentaires fermés sur Comment prospérer dans un contexte de crise en tant que consultant indépendant

« Nous avons besoin de personnes portées par leur raison d’être et hungry de tout »

La révolution digitale en marche

Ce n’est plus un secret, notre système économique doit embrasser la révolution digitale qui se présente à lui. Sans tarder. « De nombreux emplois sont menacés par des machines », explique Sana Afouaiz, fondatrice et directrice de Womenpreneur et qualifiée comme l’une des 10 femmes les plus inspirantes de 2018*. « Nous l’avons vu en Chine récemment, une entreprise peut être gérée par une IA (ndlr : « Madame Tang Yu », CEO de l’entreprise Fujian NetDragon Websoft). Il n’y a donc pas de temps à perdre. « Il faut s’adapter, surtout en Belgique ».

Data is power

 Les premières prémisses de cette évolution du monde du travail seraient avant tout de ne pas sombrer dans la panique, mais bien d’être conscient des défis qui nous attendent. Ni l’avènement de l’Intelligence Artificielle, ni la puissance de la Big Data ne sont, en soi, des mauvaises choses. « Ce sont des outils et c’est à la personne qui les conçoit de les orienter de la meilleure manière ».

Le risque qui sous-tend ces technologies résiderait dans les situations de quasi-monopole qui les guettent. « Aujourd’hui, Elon Musk détient plus de pouvoir que la personne à la tête du pays le plus puissant au monde, Joe Biden ». C’est bien connu : qui détient les données possède le pouvoir. D’où l’importance de percevoir les opportunités qui s’offrent à nous dans ce domaine.

On valorise depuis des années un emploi au sein d’une entreprise stable et tous les avantages qui vont avec. Le risque qui guette les travailleurs serait de s’engluer dans cette zone de confort sans jamais plus oser prendre des risques.

Le risque : l’illusion de la stabilité

 Malheureusement, selon Sana Afouaiz, le marché belge a une particularité : il baigne dans une atmosphère trop confortable. « On valorise depuis des années un emploi au sein d’une entreprise stable et tous les avantages qui vont avec : un bon poste, une voiture de société, un nombre de jours de congés… ».  Le risque qui guette les travailleurs serait de s’engluer dans cette zone de confort sans jamais plus oser prendre des risques.

Or, le manque de préparation face au Covid-19 et l’arrêt de notre système économique pendant deux années nous ont rappelé que rien n’est immuable. « Lorsque l’on est face à une crise, il faut s’armer pour préparer la suivante. Un travailleur ne doit pas uniquement être une pièce dans la machine ». Ne pas sombrer dans la « paresse » et ne pas nécessairement suivre la norme doivent donc devenir deux leitmotivs. 

Freelance : un avenir florissant

Dans cette optique, Sana Afouaiz estime que le travailleur de demain devra impérativement faire preuve d’un esprit entrepreneurial. De nos jours et à l’avenir, de plus en plus de personnes actives créeront d’elles-mêmes leur propre emploi. Qu’ils s’agissent d’entrepreneurs ou de freelances. « C’est tant mieux ! Même pour les entreprises qui travailleront moins. Elles finiront par collaborer plus ! ».

Grâce à ce modèle, l’équilibre vie privée/pro deviendrait plus sain et les possibilités de travailler et de gagner sa vie depuis n’importe où dans le monde s’en trouveraient renforcées. L’entrepreneuse remarque d’ailleurs que beaucoup de jeunes d’aujourd’hui sont dans un état d’esprit qui valorise ce type de besoins. « Ils recherchent un équilibre émotionnel et insistent sur leur santé mentale ».

Nous avons besoin de ces personnes portées par leur raison d’être, toujours hungry de tout, curieuses et avides de se développer. Ce sont elles qui montrent continuellement leur talent, innovent et inventent.

Selon elle, leur stabilité financière a autant d’importance que les expériences qu’ils cherchent à vivre. Ils rejetteront toujours en bloc l’image qui les assimilera aux machines. Un point particulièrement positif. « Nous avons besoin de ces personnes portées par leur raison d’être, toujours hungry de tout, curieuses et avides de se développer. Ce sont elles qui montrent continuellement leur talent, innovent et inventent ».

Former encore et toujours

Un esprit curieux demande d’être nourri en permanence. « Que ce soit de manière individuelle ou en entreprise, le challenge sera donc de continuer à se former », poursuit Sana Afouaiz. « Et de varier les formations pour ne pas se limiter à son domaine d’expertise personnel ». Un.e expert.e en data science devrait suivre autant des cours techniques que des cours philosophiques. Créer une machine sans être conscient du monde qui nous entoure, risquerait en effet d’induire un biais discriminant.

`Pour étayer son propos, Sana évoque le programme de reconnaissance facial qu’a récemment lancé Microsoft. « On a demandé à ce programme d’analyser deux visages particulièrement reconnaissables dans notre société actuelle, celui de Serena Williams et de Michel Obama. À la surprise générale, il les a identifiés en tant que Black Boy. Dans le même temps, il n’a eu aucune difficulté à reconnaître le visage de George Bush ».

Il faudrait tout d’abord que l’on veille à mettre des gens compétents aux postes clés.

L’État, un maître à jouer important

Dans la construction de ce nouveau paradigme économique, l’effort se veut collectif et tout le monde doit mettre la main à la pâte. « Les médias, par exemple, pourraient bien plus encourager la créativité et l’entrepreneuriat en mettant les succes stories de jeunes comme nous en avant ». Quant à l’État, il a bien entendu fort à faire. « Il faudrait tout d’abord que l’on veille à mettre des gens compétents aux postes clés », insiste Sana Afouaiz.

Selon elle, être ministre de la transformation digitale et être incapable de parler le langage afférent aux nouvelles technologies est un énorme problème. Un des exemples les plus marquants de cette incapacité des politiques à gérer la transition digitale aurait d’ailleurs vu le jour lors des audiences de Mark Zuckerberg dans le scandale « Cambridge Analytica ». « Les politiciens ne connaissaient pas du tout leur sujet et posaient des questions ridicules au fondateur de Facebook ».

Des actions concrètes

Une fois cette question de compétence résolue, l’idéal serait de mener des actions concrètes en tentant d’attirer les jeunes des quartiers défavorisés vers des perspectives réelles de développement économique et social dans la Tech et l’entrepreneuriat. « Sans oublier les femmes en général ! Elles représentent 50,7% de la population belge et trop peu d’initiatives sont mises sur pieds pour les orienter dans cette direction », explique Sana Afouaiz.

Et une initiative, elle en a une : le réseau Womenpreneur.  L’association donne des formations digitales aux femmes pour les orienter vers une carrière professionnelle freelance.  « Selon le Harvard Business Review, la diversité est une richesse pour l’économie ». Autant dès lors offrir une chance à ces femmes qui, sans mesures concrètes, risquent de se retrouver totalement en dehors du système économique dans une dizaine d’années. « Elles pourraient ainsi devenir la force vive et les talents dont nous manquons tant sur le marché du travail ».

Éviter la fuite de talents

Doter notre économie de talents est une chose, les retenir en Belgique en est une autre. Et pour y parvenir, cela passerait par une refonte de notre système d’aide à l’emploi. « Une grande partie de nos revenus partent dans des taxes et des impôts sans que l’on constate de changements efficaces ».

Sana Afouaiz regrette ainsi que beaucoup de jeunes entrepreneurs pleins de bonne volonté aient du mal à atteindre l’équilibre financier. Ils doivent soutenir d’autres personnes pourtant aptes à travailler. « Revoir ce système encouragerait sans aucun doute les jeunes à se lancer en tant qu’entrepreneur ou freelance. Cela leur donnerait de la valeur ! ».

* Selon un rapport de la Banque mondiale

Continuez sur votre lancée :

Posted in L’Avenir du Travail | Tags , , , , , , , , | Commentaires fermés sur « Nous avons besoin de personnes portées par leur raison d’être et hungry de tout »

Rapidité + flexibilité + choix = bonheur instantané. Également pour la recherche d’emploi

La CME (WEC) chapeaute les fédérations sectorielles nationales de prestataires de services RH. Comme Federgon l’est au niveau de notre pays. Le thème central de cette conférence du CME de Bruxelles Working in a digital age: orchestrating digitalisation for better labor markets’ a été l’occasion de mettre en évidence la portée des nouvelles technologies sur l’avenir du travail. Et cet enjeu concerne à la fois les individus, qui doivent être pris en considération, mais également les organisations, qui sont amenées à organiser le travail autrement tout en étant exposées à une pénurie de main-d’œuvre sans précédent.

Étude à grande échelle

Les prestataires de services intermédiaires en ressources humaines se positionnent au milieu, entre les individus et les organisations. « Les agences ont intérêt à s’interroger sur la manière dont elles doivent réagir à ce qui se passe dans leurs deux groupes de clients », explique Jeff Neumann, VP Product Marketing chez Bullhorn. Il a présenté à Bruxelles les conclusions de son étude à grande échelle, le GRID Talent Trends Report. En résumé, fournir une expérience unique aux talents est une priorité absolue.

Fournir une expérience unique aux talents est une priorité absolue.

Résultats

Découvrez ce que les talents d’aujourd’hui attendent des agences de recrutement et autres prestataires de services RH en 2023 et dans les années à venir. Tirez-en parti !

  1. La réputation de l’agence jouait auparavant un rôle décisif. En 2023, les motivations des candidats pour choisir ou non une agence en particulier ont évolué. Les candidats qui ont eu une expérience négative à un moment ou à un autre du « parcours » de la collaboration abandonnent. « Nous observons un incroyable effet boule de neige des départs indésirables après une mauvaise expérience, et à n’importe quel moment de la relation », déclare Jeff Neumann, « 7 sur 10 renoncent à une offre parce qu’ils ont eu une expérience négative. »
  2. Les organisations qui ne disposent que d’une seule stratégie pour communiquer avec « LE » marché du travail se privent de talents. Les candidats et les prestataires de services RH (et leurs clients) dialoguent littéralement en parallèle. Les candidats préfèrent communiquer via des plateformes ; les organisations et les intermédiaires envoient des SMS. Ce sont des moyens complètement différents de se rencontrer, ainsi, il s’agit de plus en plus d’une mauvaise communication. En particulier si vous considérez que de plus en plus de jeunes candidats entrent sur le marché de l’emploi (voir graphique 1), il va sans dire que les SMS ne vous aideront pas dans votre mission de recruteur.
  3. Le boom et le triomphe des achats en ligne, entre autres, nous ont habitués, comme consommateurs, à vivre un bonheur instantané en 2 ou 3 clics de souris. Ce phénomène a également un impact sur la façon de concevoir le travail : le travail est désormais acheté comme un vêtement ou de la nourriture en ligne. La formule « rapidité + flexibilité + choix = bonheur instantané » vaut également pour la recherche d’emploi.

Que doivent faire les agences (et par extension les équipes d’acquisition de talents) ?

« Le moment est venu de renforcer la collaboration structurelle entre les recruteurs de talents et le service marketing », peut-on lire dans les conseils de Bullhorn. En fin de compte, le marketing maîtrise parfaitement la segmentation des publics cibles et l’adaptation des communications à des audiences spécifiques. Le marketing est également habitué à contrôler les résultats des actions et à les ajuster si elles ne sont pas suffisamment fructueuses.

Le rapport met également en garde contre la nécessité de ne pas limiter les efforts dans sa recherche de talents. Mettez en valeur quatre domaines : séduire, recruter, accueillir et déployer. Pour ce dernier point, Jeff a utilisé le terme « nurture », « chouchouter », mignon, n’est-ce pas !

Mettez en valeur quatre domaines : séduire, recruter, accueillir et déployer.

Photo 2

Comment faire ?

  • Démarrez par une « cartographie du parcours » : pour chaque segment de candidats, établissez une carte du parcours du candidat tout au long de votre parcours. (voir illustration 2)
  • Accordez une attention particulière aux moments critiques où les choses peuvent déjà mal tourner
  • Mesurez en permanence ce qui se passe à toutes les étapes (et pas seulement le résultat final, avertit Jeff).
  • Analysez ces données et adaptez le processus, le parcours, si nécessaire.

Supposons que vous ayez 40 % de départs indésirables au cours du processus d’accueil. Puisque vous mesurez ce chiffre, vous pouvez également chercher des solutions : qu’est-ce qui ne fonctionne pas ? Et que devrions-nous faire autrement pour obtenir de meilleurs résultats ?

Photo 3

Une stratégie réussie en matière de talents doit être en permanence en phase avec la réalité de notre marché du travail. Ce territoire étant en constante évolution, votre stratégie s’agissant des talents doit aussi s’adapter en permanence. (photo 3)

Annexes : Photos 1, 2, 3

À lire également :

Posted in Marché du travail & politique | Tags , | Commentaires fermés sur Rapidité + flexibilité + choix = bonheur instantané. Également pour la recherche d’emploi

Intérim : signes de stabilisation en février 2023

L’activité dans l’intérim montre des signes de stabilisation en février 2023. Le nombre d’heures d’intérim prestées a augmenté de +0,77% par rapport au mois précédent (en données corrigées des variations saisonnières et des effets de calendrier). Cette hausse résulte d’une évolution positive dans les deux segments :

  • le nombre d’heures prestées a augmenté de +1,11% du côté des ouvriers
  • le nombre d’heures prestées a augmenté de +0,22% du côté des employés.

Par rapport à l’année précédente

Par rapport au mois de février de l’année précédente, le secteur de l’intérim affiche une baisse de -10,67%. Ce chiffre résulte d’une diminution de -11,99% dans le segment des ouvriers, et de -8,93% dans le segment des employés.

L’indice Federgon

L’indice Federgon a atteint 97,39 points en février 2023 contre 96,64 points le mois précédent. Cet indice rend compte du niveau de l’activité au cours du mois étudié par rapport au mois de janvier 2007 (base 100), en chiffres désaisonnalisés.

Source : Federgon

Posted in Marché du travail & politique | Tags , , | Commentaires fermés sur Intérim : signes de stabilisation en février 2023