Monthly Archives: septembre 2021

Avenir du travail : « La sécurité n’est plus liée à une seule entreprise, mais à un écosystème d’entreprises »

One size doesn’t fit all

Ne voyons-nous pas le marché du travail de manière trop binaire ? Comme s’il n’existait pas d’autre scénario que de travailler, ou pas. Comme si la position employé-employeur était par définition une sorte d’opposition. Non, pour Jeroen Franssen, spécialiste du marché du travail au sein d’Agoria, l’avenir du travail se concrétise en mode projets. Les collaborateurs ont un ‘rôle’ plutôt qu’un ‘profil type’ ou une ‘fonction’ en guise d’étiquette immuable. « Force est de constater que les gens ne trouvent plus de sens au travail via une carrière chez un seul employeur. La sécurité de demain ne sera d’ailleurs pas liée à un employeur, mais à un écosystème d’entreprises qui offrent une flexibilité à toute épreuve ».


Jeroen Franssen est le ‘monsieur marché du travail’ d’Agoria. Un rôle qui lui colle parfaitement à la peau puisque sa carrière est la combinaison parfaite entre numérique et RH. Son objectif est de cartographier l’impact de la digitalisation et les changements sur notre marché du travail. Il pilote le programme Be The Change.


Be The Change

Depuis 2018, Agoria pilote le projet ambitieux Be The Change afin d’accompagner nos entreprises dans le challenge de l’avenir du travail. Un titre très explicite pour ce programme qui offre un point d’ancrage, des chiffres concrets et des perspectives à tous les acteurs du marché du travail. « Depuis 2020, le focus numérique du programme est consolidé par une approche ‘green & sustainable’. Dès aujourd’hui, nous pouvons confirmer qu’il y aura du travail pour tous ceux qui veulent travailler. En d’autres mots, nous allons avoir besoin de tout le monde pour garantir notre économie et optimiser notre projet sociétal commun » souligne Jeroen Franssen.

Le travail n’est plus un lieu, mais un pôle d’attraction pour des talents en quête de projets qui donnent du sens à leur travail.

Comprendre son impact personnel

Mais finalement, quels sont les challenges de nos entreprises face à l’avenir du travail ?

Jeroen Franssen identifie d’abord ce puzzle complexe que représente la workforce idéale. Il préconise un recrutement (dans un marché en pénurie) orienté vers les compétences actuelles d’une personne, mais aussi celles dont elle devra être armée dans le futur. «Ensuite, les entreprises doivent apprendre à traduire leur stratégie en termes de compétences et de formation. Sans oublier que le travail n’est plus un lieu, mais un pôle d’attraction pour des talents en quête de projets qui donnent du sens à leur travail, et donc à leur vie. Oui, la question est définitivement centrée sur le Why. Les talents veulent comprendre leur impact personnel.»

La valeur ajoutée du travail

Une Belgique conservatrice. C’est aussi un des constats de Jeroen Franssen. « Nous sommes souvent excellents sur le plan de l’innovation, mais moins experts quand il s’agit d’implémenter la solution. Un challenge pour l’avenir du travail, car nous ne sommes pas complètement en phase avec la demande de flexibilité qui anime tant les employeurs que les collaborateurs. La valeur ajoutée du travail doit être garantie dans plusieurs formats. »

Une des meilleures recettes de carrière est d’adopter le mode de travail 70/20/10

Travailler en mode 70/20/10

Jeroen Franssen le confirme : l’innovation et l’entrepreneuriat sont des leviers incontestables du sens au travail. Mais il tient à apporter une nuance importante : « Il ne faut pas être indépendant pour trouver du sens dans son travail. Ce qui compte vraiment c’est de prendre sa carrière en main. Une des meilleures recettes est d’adopter le mode de travail 70/20/10. 70 % de votre activité professionnelle sont dédiés à votre projet phare. 20 % servent à faciliter un autre projet, indicateur de diversité. Les 10 % restant servent à préparer votre futur ‘rôle’. Car que l’on soit freelance ou employé, le développement personnel ne peut en aucun cas être négligé. »


Les 3 conseils de Jeroen Franssen pour garder du sens au travail

    • Lâchez prise sur la rentabilité à 100 % et libérez du temps pour la rentabilité de demain
    • Orientez-vous vers les écosystèmes d’entreprises qui adoptent votre vision
    • Entourez-vous des talents complémentaires à vos compétences, personne n’est fait pour travailler seul

 

Jeroen Franssen était notre invité lors de l’événement « L’innovation et l’entrepreneuriat donnent-ils du sens au travail ? « coorganisé avec Beelance. Découvrez notre compte-rendu et la vidéo.

Posted in Freelancer, Savoir-faire | Tags , , | Commentaires fermés sur Avenir du travail : « La sécurité n’est plus liée à une seule entreprise, mais à un écosystème d’entreprises »

L’innovation et l’entrepreneuriat donnent-ils du sens au travail ?

Entre automatisation des métiers, création de nouvelles opportunités d’emploi et apparition de nouveaux environnements de travail, la quête de sens n’aura jamais été si urgente. Que faudrait-il changer pour insuffler du sens dans nos activités professionnelles ? Vers quel modèle d’entreprise irons-nous ? Quelles sont nos responsabilités de travailleurs, de patrons, d’individus ? Six experts portent la thématique et la déposent dans leur univers, leur propre histoire sur le marché du travail. Guidés par le journaliste Gilles Quoistiaux, ils échangent entre eux, et avec nous.


Dans le management, on ne peut pas partir d’un poste existant. On part de la personne, de ses compétences. On prend des pierres originales pour bâtir son entreprise.


Incarner son projet

Josef Schovanec, auteur, écrivain et philosophe, souligne son idée de l’entreprise originale : “L’être humain ne peut entrer dans une case, il doit exister avec sa singularité, être considéré comme une fin en soi et non comme un moyen. Je comprends pleinement les personnes qui veulent être freelance. La personne doit porter son projet, l’incarner. Dans le management, on ne peut pas partir d’un poste existant, on part de la personne, de ses compétences. On prend des pierres originales pour bâtir son entreprise.”. Olivier Legrain, CEO de IBA, précise que le management doit se réinventer en alliant “backbone” et agilité, en trouvant le juste équilibre entre vision individuelle et but commun.


Le challenge sociétal maximum est de se battre contre le désengagement. Dans l’entreprise 10% des travailleurs sont engagés et 20% activement désengagés.


Des échecs, des idées et de la confiance

Pour les responsables d’une collectivité, managers, CEO…, “le challenge sociétal maximum est de se battre contre le désengagement. Dans l’entreprise 10% des travailleurs sont engagés et 20% activement désengagés. La raison d’être d’IBA est extrêmement forte et je souhaite faire en sorte que chacun s’y retrouve. Je veux croire que le comptable participe aussi à sauver des vies”. Olivier Legrain est clair, il faut prendre le temps de développer de nouvelles idées, de déployer son potentiel et surtout, accepter l’échec. “Il est essentiel de créer des relations de confiance. Le manager n’a plus l’apanage du savoir absolu, il ne mène plus son équipe à la baguette. Mon espoir ? Libérer les dialogues directs !”

Se connecter aux nouveaux talents

Les nouveaux business modèles évoluent à grande vitesse et exigent de plus en plus de flexibilité. Il faut radicalement changer de stratégie, partir de ce qu’une personne a à offrir et la former en conséquence. Freelances, indépendants, consultants… doivent profiter de plus de reconnaissance. “Aujourd’hui, l’un des plus grands défis de l’entreprise est la gestion des talents externes. Leurs profils ne cessent de se diversifier. Ils occupent des rôles critiques et travaillent dans des activités centrales. Ces talents représentent entre 30% et 60% des ressources de l’entreprise. Dans ce contexte, les RH doivent changer de positionnement et devenir un partenaire stratégique” souligne Marleen Deleu, directrice de NextConomy.

Oser lâcher prise

Devant cette question obsessionnelle du sens, il faut parfois juste se lancer et oser entreprendre des choses qui ne sont pas utiles, qui ne sont pas directement productives. Laurent-Philippe Ham, CEO de Beelance, met en évidence sa position : “ en tant qu’entreprise, on doit lâcher prise et abandonner la rentabilité à 100%, il s’agit d’un investissement à plus long terme. Chez Beelance nous laissons la liberté aux gens de créer, de choisir leur propre projet. C’est de cette liberté que naît l’innovation.”

Du sens dans la diversité

Le débat continue avec la vision de Josef Schovanec sur l’activité économique, menée par le grain de folie des individus. “ Historiquement, les entreprises étaient fondées par des personnes originales et bizarres. Il faut militer pour l’inclusion et redonner de la saveur à nos projets. Au fond, l’entreprise se situe entre deux pôles : d’un côté, l’idée un peu folle d’un individu et de l’autre, l’activité commune. Il est essentiel de valoriser les relations, c’est-à-dire le commerce, et d’associer les humains autour d’une activité bizarre et originale. Jeroen Franssen, expert du Marché du travail chez Agoria, complète ce propos “il ne faut plus réfléchir en termes d’égalité, mais bien de diversité et de complémentarité.”

Changement de paradigme

Selon Jeroen Franssen, le mot “fonction” tend à disparaître. Ce n’est plus un job ou un métier que nous vendons, la future grande question sera “Quel est ton projet, tes ambitions pour l’avenir ?”. Laurent Hublet, co-fondateur et CEO de BeCentral, va plus loin “il y a une évolution du mot travail vers le mot engagement. Chez BeCentrale, on monte ensemble vers quelque chose qui a un sens et qui peut transformer la société. Il appartient à chacun de décider de la symbolique qu’il met dans son engagement”. La responsabilité de l’entreprise est de valoriser la transformation et l’impact que nous créons, ensemble. “Nous devons considérer nos entreprises comme une construction de cathédrale qui laisse à chacun le choix de l’expression du sens.”


Le modèle de l’entrepreneur tout puissant doit être déconstruit. Fondamentalement, nous sommes les seuls maîtres pour définir ce que sont nos succès, nos réussites de vie…


Pas juste un truc de Top performer

Les grandes success stories, trop vantées par les médias, sont souvent des modèles d’entrepreneurs dysfonctionnels. Être entrepreneur c’est une démarche, “le modèle de l’entrepreneur tout puissant doit être déconstruit. Fondamentalement, nous sommes les seuls maîtres pour définir ce que sont nos succès, nos réussites de vie et pour porter un jugement sur nous-mêmes.” conclut Laurent Hublet. Osons donc revisiter nos critères de succès, apprécier les échecs et surtout, choisir le sens de notre engagement.


L’innovation et l’entrepreneuriat donnent-ils du sens au travail ?

En tant que modérateur, Gilles Quoistiaux ose la conclusion. « On a beaucoup parlé de nouvelles façons de manager les équipes et de l’importance de leur laisser du temps, de la liberté pour plancher sur des projets totalement différents. Être intrapreneur et apporter de nouvelles idées, développer de nouveaux projets. Bref, être porteurs de sens dans son propre travail. C’est ça qui motive et épanouit les acteurs du monde du travail.


Posted in Freelancer, Prospection | Tags , , , , , , , , , , | Commentaires fermés sur L’innovation et l’entrepreneuriat donnent-ils du sens au travail ?

« L’avenir sera flexible ou ne sera pas ! », Laurent-Philippe Ham, CEO Beelance


Cet article fait partie de la rubrique de NextConomy « Un.e CEO se dévoile », un espace où les CEO évoquent leur vision de l’avenir du travail. Comment voient-ils le monde du travail et le marché de l’emploi évoluer ? Comment réagissent-ils ? Y voient-ils une opportunité ou plutôt une menace ? Quelle est leur vision du monde ?


Leçon n° 1 : restez toujours à l’écoute des besoins de vos clients

Je suis toujours à l’écoute des besoins de notre communauté de freelances. Je transpose leurs demandes non seulement en produits et services, mais aussi en un écosystème de partenaires. Nos prestations et meilleurs services doivent faciliter la vie administrative des freelances. Interaction et réseautage sont aussi au rendez-vous !

Les attentes des entreprises font aussi partie de notre champ de préoccupations. Parce qu’une plateforme présente toujours deux côtés qui doivent être en équilibre. Inutile de réunir 10 000 freelances autour de 10 emplois disponibles.

La première préoccupation de tout freelance est bien sûr de pouvoir décrocher un travail ou une mission. Il s’agit, dans un second temps, de mise en réseau, d’interactions et d’un écosystème ou d’une communauté. Beelance tient à réaliser un « outil de gestion des freelances » complet, et pas seulement une plateforme de marketing à leur attention.

Leçon n° 2 : l’avenir est à la flexibilité

L’avenir sera flexible ou ne sera pas. Un constat qui s’applique certainement à notre secteur des TIC. La souplesse est vraiment la clé de toute collaboration à long terme. Un client ne peut jamais offrir aux IT freelances une « finalité » complète, car chaque freelance est animé par sa propre motivation, cherche et trouve des solutions.

Les entreprises du secteur IT ont conscience qu’elles doivent miser sur le talent et non sur le statut de salarié ou freelance. La situation professionnelle n’est qu’un outil. Beelance veut donner au freelance flexible un maximum de garanties professionnelles et limiter les risques sociojuridiques au minimum. Une « ubérisation » de notre marché ne nous est d’aucune utilité.

Leçon n° 3 : le travail à distance comme réponse à la pénurie de talents

La demande de talents dans le secteur IT est très forte. Le vivier de talents IT est, néanmoins, restreint et tout le monde va « pêcher » au même endroit. Une flexibilité maximale et le télétravail sont alors vraiment indispensables. Nous réalisons que nous avons besoin d’étendre notre rayon d’action. Nous sommes désormais implantés au Luxembourg et en Suisse.

Afin de poursuivre notre croissance qualitative, nous envisageons un « système d’évaluation peer to peer » : les nouveaux freelances flexibles pourront être recommandés par les « Beelancers ».

Avant la pandémie de coronavirus, tout le monde évoquait le télétravail. Nous savons, désormais, de quoi il retourne. La technologie a changé radicalement nos habitudes. Il s’agit aussi d’une histoire de maturité. Davantage d’interactions avec des outils qui les accompagnent est primordial. La technologie doit être au service de l’individu et non l’inverse.

Nous allons poursuivre notre action de proximité et essayer de rester le plus local possible. Nous devons limiter notre dépendance économique et industrielle vis-à-vis des autres pays. L’informatique est un langage mondial : tout le monde dans le secteur « parle » Java ou Oracle Travailler à l’échelle mondiale fait partie intégrante de notre secteur. Nous avons donc affaire à deux forces contradictoires.

Mon leitmotiv

Votre leitmotiv en votre qualité de manager ? L’ego est à bannir. Autant s’entourer de personnes compétentes et les écouter. Être ignorant, échouer ou trébucher ne me fait pas peur. Je me consacre à notre stratégie et à nos projets de partenariat. Selon moi, je devrais moins me fier à mon intuition, mais davantage à ce que les données ont à dire. Une solide gouvernance en la matière sera essentielle pour nous !

 

En savoir plus sur Beelance

Posted in Client, Maturité de collaboration freelance, Recruter | Tags , , , , , , | Commentaires fermés sur « L’avenir sera flexible ou ne sera pas ! », Laurent-Philippe Ham, CEO Beelance

Intervenants du secteur de l’emploi : voici la valeur ajoutée des plateformes

« La technologie ne doit pas être un “business as usual” pour les professionnels. »

À ce sujet, Menno Bart, membre du Conseil mondial de la WEC, a eu une discussion avec des experts lors de la Conférence mondiale sur l’emploi World Employment Conference (WEC) 2021, l’événement annuel du secteur du recrutement et des services en matière d’emploi. Cette conférence réunit des cadres supérieurs des fédérations nationales du personnel et des chefs d’entreprise de sociétés offrant des prestations de services liées à l’emploi.

Les participants à la conférence ont constaté que de nombreux prestataires de services RH et recruteurs n’utilisent pas encore toujours au maximum les opportunités offertes par la technologie permettant de faire correspondre l’offre et la demande d’emploi.

Des exemples de réussite sont là pour nous prouver le contraire. Twago, qui a été en 2008 l’une des premières plateformes d’échanges numériques en matière d’emploi. « Je ne connaissais rien des places de marché en ligne. Je voulais juste créer le chemin le plus court entre les talents freelance et le marché de l’emploi en Europe », explique Thomas Jajeh, fondateur de Twago et participant à la table ronde (virtuelle).

La plateforme a vu le jour sous la forme d’une place de marché offre et demande.  Depuis 2016, elle propose des solutions pour mettre en place et maintenir des viviers de talents à l’attention des personnes voulant garder le contact avec le client.

Ce n’est pas la technologie qui fait la différence, mais comment on en exploite les données et la façon dont on intègre la technologie dans les systèmes du client.

La plateforme Twago fait désormais partie de Randstad Sourceright et y est déployée afin de répondre au mieux aux besoins fluctuants des clients. Ces derniers veulent répondre à des tendances telles que le télétravail, le D&I, l’évolution des perspectives et l’approche des talents engagés… « La technologie peut apporter un soutien. Randstad fait la différence par rapport à la concurrence de la manière dont elle l’utilise. Ce n’est pas la technologie qui fait la différence, mais comment on en exploite les données et la façon dont on intègre la technologie dans les systèmes du client. »

Intégration de la technologie = facteur de réussite

Adam Pode, Director of Research chez Staffing Industry Analysts, le confirme également. Il a mené des recherches concernant la réussite des plateformes de talents dans le secteur de l’emploi. Ses travaux indiquent que la manière dont les différents systèmes sont reliés conditionne leur efficacité et leur efficience dans la pratique. “The technology that is most critical is the integration of all different tools.”

Une plateforme de talents n’est rien d’autre qu’un logiciel qui prend en charge la transaction entre un acheteur (buyer) et un vendeur (seller). 73 % de ces plateformes s’occupent désormais des activités SoW, des modèles de tarification, 33 % proposent une formation pour le candidat, qui est intégrée à la plateforme et payante ou non. Il signale aussi que 20 % des plateformes analysées sont payantes pour les personnes cherchant des missions. Reste à savoir si ces démarches sont autorisées par la législation européenne.

Les plateformes de talents : opportunité ou menace

Les fournisseurs de services MSP et les systèmes VMS ont de plus en plus tendance à intégrer ces plateformes, mais la pratique est loin d’être généralisée. Reste à savoir si nous devons avoir peur de cette évolution. Si les intermédiaires et les agences de recrutement doivent les considérer comme un outil de recrutement ou une menace. Adam Pode ne le pense pas à vrai dire. Lorsque des jobboards sont apparus il y a des années, on a prédit la fin des professionnels du secteur, comme on l’a fait derechef avec l’essor des prestataires de services MSP. C’est plutôt l’inverse qui prévaut : l’ensemble des ces filières a la capacité intrinsèque de renforcer le secteur et de le faire évoluer. La condition sine qua non est de trouver la meilleure façon d’en exploiter l’avantage.

Peur de l’inconnu

Menno Bart partage l’avis d’Adam Pole : la peur de l’inconnu est encore très présente. Mais la technologie permet de soutenir des processus et des habitudes bien connus. Nous connaissons aussi le cadre législatif. Le secteur lui-même peut se passer de vouloir toujours réinventer la roue.

Nous considérons en revanche que le cadre législatif doit être identique pour tous les protagonistes du monde numérique. La législation européenne stipule que les propositions de travail pour les personnes candidates doivent être gratuites. Alors pourquoi cela ne s’applique-t-il pas à tous les opérateurs ?

À propos de la WEC

‘Steering a labor market in transformation’ (Piloter un marché de l’emploi en mutation) était le thème principal de la WEC 2021. La World Employment Conference (WEC) annuelle s’est à nouveau déroulée en ligne cette année. Un programme varié de 3 jours ponctué de keynote speeches, de tables rondes et d’ateliers en petits groupes.

Les thèmes principaux ? Évolution des aspirations de chaque collaborateur, manière de tirer parti des innovations technologiques et de faire face à l’incertitude permanente.

Posted in Client, Recruter | Tags , , , , , , | Commentaires fermés sur Intervenants du secteur de l’emploi : voici la valeur ajoutée des plateformes

Pour vos tarifs, vous vous y prenez comment ?

Un taux horaire, un tarif par projet ou calculé sur la valeur intrinsèque… Quelle est votre méthode ? Et quels sont les avantages et les inconvénients de votre stratégie en la matière ?

Taux horaire

Le principe de taux horaire est très simple. Votre tarif horaire que vous fixez vous-même dépend de la durée de votre travail sur un projet. Cette formule est la plus courante parmi les freelances, notamment dans le secteur de la création, où chaque mission est personnalisée en fonction du client.

Avantages

  1. Utile pour le travail à façon.
  2. Plus la durée du projet est longue, plus la rémunération est élevée.
  3. Il y a peu de probabilités que vous vous trompiez dans vos calculs et que vous travailliez à titre gracieux.
  4. Vous savez combien vous allez gagner à court terme.
  5. Pas de problème en cas de modification du contenu du projet ou d’adaptation des objectifs.

Inconvénients

  1. Rendement limité : vous ne pouvez facturer qu’un nombre maximum d’heures par semaine.
  2. Vous avez besoin d’un outil de comptabilisation pour suivre le nombre d’heures effectuées par projet.
  3. Le travail rapide et productif est « pénalisé » par une rémunération plus faible.
  4. Si vous avez travaillé sur un projet plus longtemps que prévu, vous pourriez devoir vous justifier auprès de vos clients. Parmi eux, il arrive que certains s’en tiennent au montant final mentionné sur votre devis.

Tarif par projet

Établir un tarif par projet ? Vous n’aurez pas à comptabiliser le nombre d’heures prestées, mais vous conviendrez d’un montant fixe pour la réalisation d’une mission. Le client sait donc à l’avance à quoi s’attendre.

Avantages

  1. Au plus vite vous travaillez, mieux vous gagnez.
  2. Discussion avec le client inutile concernant sujet du montant de votre facture.
  3. Au plus vite le projet est terminé, au mieux le client sera satisfait.
  4. Cette stratégie de tarification est surtout efficace pour les projets comportant des étapes. Le résultat sera tout à fait satisfaisant.

Inconvénients

  1. Attention à ne pas sous-estimer la nature du projet. À la différence d’un taux horaire, plus vous travaillez sur un projet, moins vous serez gagnant·e.
  2. Vous devez établir bien à l’avance les règles de base pour les changements et les corrections. Sinon, votre client peut exiger des modifications illimitées sans vous payer de supplément.

Prix calculé sur la valeur intrinsèque

Si votre expertise est importante dans une niche, vous pouvez opter pour un prix calculé sur la valeur intrinsèque Votre tarif est fonction du résultat. Un exemple : votre stratégie concernant les réseaux sociaux a permis d’obtenir 1 000 inscriptions au workshop en ligne de votre client. Vous recevez 20 % du prix de la transaction.

Avantages

  1. Tout tourne autour de la valeur que vous apportez.
  2. Au plus vous apportez de la valeur, au plus vous gagnez de l’argent.
  3. On vous encourage à faire preuve d’efficacité et de rapidité dans votre travail.
  4. Stratégie idéale pour les projets dont l’objectif ou le résultat visé est clairement défini.

Inconvénients

  • Vous ne pouvez pas toujours garantir les résultats. Certains paramètres sont indépendants de votre volonté. Communiquez bien ce point avec votre client.
  • En plus d’une grande expertise, vous devez avoir des connaissances financières et des techniques de persuasion percutantes.
  • Ne fonctionne que pour les projets à haut risque et à forte valeur ajoutée.
  • Les clients paient ici beaucoup plus qu’avec un taux horaire réel. Cela risque de les effrayer.
  • Plus la durée du projet est longue, plus la rémunération est élevée.
  • Vous ne savez pas à l’avance combien vous allez gagner.

Intermédiaires

Si vous travaillez par un intermédiaire, comme une agence d’intérim, vous n’avez pas beaucoup de marge de manœuvre pour fixer votre propre tarif. L’agence prend toujours sa part de gateau. L’avantage ? En cas de problème, vous pouvez toujours vous tourner vers votre interlocuteur et vous êtes toujours sûr d’obtenir votre argent. De nombreuses agences organisent régulièrement des formations et des events de réseautage pour leurs freelances.

Pour vos tarifs, vous vous y prenez comment ? Et pour quelle raison ? Expliquez-nous dans un commentaire ci-dessous.

Posted in Finance, Freelancer | Tags , , , , , , , | Commentaires fermés sur Pour vos tarifs, vous vous y prenez comment ?

Optimisme retrouvé sur le marché de l’emploi : un employeur belge sur deux prévoit de renforcer ses effectifs d’ici la fin de l’année

  • Les employeurs ne parviennent pas à remplir suffisamment rapidement leurs postes vacants en raison des pénuries de main d’œuvre, qui atteignent des niveaux record depuis 15 ans pour le deuxième trimestre consécutif, tant au niveau national (77%) que dans les trois régions du pays : 83% des employeurs à Bruxelles et 75% des employeurs en Flandre et en Wallonie éprouvent des difficultés à remplir leur postes vacants.
  • Après le ‘jobs, jobs, jobs’, c’est ‘formations, formations, formations’ qui est le slogan d’actualité sur le marché de l’emploi. 

Selon le Baromètre de ManpowerGroup publié ce jour, la reprise sur le marché de l’emploi devrait nettement s’accélérer au cours des trois prochains mois en Belgique et dans le monde. Sur les 520 employeurs belges sondés fin juillet par ManpowerGroup (1) , un sur deux (50%) prévoit d’augmenter ses effectifs d’ici la fin du mois de décembre 2021, tandis que un sur cinq (20%) prévoit de les réduire. 28% des employeurs interrogés n’anticipent aucun changement. Après correction des variations saisonnières, la Prévision Nette d’Emploi(2) – ou le différentiel entre le pourcentage d’employeurs prévoyant des embauches et le pourcentage de ceux prévoyant des licenciements – atteint la valeur très optimiste de +30%, en progression pour le cinquième trimestre consécutif. C’est une hausse de spectaculaire de 16 points par rapport au trimestre précédent et de 29 points par rapport au quatrième trimestre 2020.  Il s’agit de la Prévision Nette d’Emploi la plus élevée jamais enregistrée depuis le lancement du Baromètre de ManpowerGroup en Belgique en 2003.

« Le succès de la campagne de vaccination et les assouplissements des mesures sanitaires ont renforcé la confiance des employeurs en Belgique et dans le monde » explique Philippe Lacroix, Managing Director de ManpowerGroup BeLux. « La Prévision Nette d’Emploi affiche un niveau jamais atteint en Belgique, comme dans onze autres pays sondés.  Dans le même temps, les employeurs ne parviennent pas à remplir suffisamment rapidement leurs postes vacants en raison des pénuries de talents, qui atteignent des niveaux record depuis quinze ans pour le deuxième trimestre consécutif, tant au niveau national (77%) que dans les trois régions du pays : 83% des employeurs à Bruxelles et 75% des employeurs en Flandre et en Wallonie éprouvent des difficultés à remplir leurs postes vacants. Les résultats de notre enquête indiquent clairement que nous sommes plongés dans un ‘marché de candidats’, ce qui signifie que les entreprises se disputent les meilleurs talents en mettant en place des stratégies concrètes d’attraction et de rétention. Un nouvel ‘ordre du travail’ est en train d’émerger, axé sur les choix individuels des travailleurs qui ont repris la main et qui s’attendent à ce que l’on s’adapte à leurs attentes, surtout les plus qualifiés. » 

Optimisme dans les trois régions

Selon les résultats de l’enquête, les employeurs anticipent des marchés de l’emploi dynamiques et des créations nettes d’emploi dans les trois régions au cours du prochain trimestre : +33% en Wallonie, +32% en Flandre et 27% à Bruxelles. Les intentions de recrutement sont en forte progression partout, tant par rapport au trimestre précédent que par rapport à la même période l’an dernier.

Des créations d’emplois attendues dans tous les secteurs sondés

Les employeurs de tous les sept secteurs d’activité pour lesquels des données sont disponibles(2) anticipent des créations d’emploi au cours du quatrième trimestre 2021. Ce sont les employeurs du secteur de la Finance, de l’assurance, de l’immobilier et des services aux entreprises (+38%) qui se montrent les plus optimistes, devant ceux du Commerce de gros et de détail (+36%) et de l’Industrie manufacturière (+35%). Les intentions de recrutement sont également fort encourageantes dans le secteur des Services publics, de la santé, de l’éducation et des services collectifs (+ 31%) ainsi dans le secteur de la Construction (+28%) et dans le secteur du Transport et de la logistique (+23%). Enfin, ce sont les employeurs du secteur ‘Autre production’ (+12%) – Agriculture et pêche, Electricité Gaz et eau, Industries extractives – qui anticipent les prévisions les plus prudentes.

La confiance des employeurs s’accroît avec la taille des entreprises

Selon l’enquête de ManpowerGroup, la Prévision Nette d’Emploi affiche une valeur en progression en fonction de la taille de l’entreprise : + 8% pour les micro-entreprises (< 10 travailleurs), +22% pour les petites entreprises (10-49 travailleurs), +28% pour les moyennes entreprises (50-249 travailleurs) et +39% dans les grandes entreprises (≥ 250 travailleurs).

‘Formations, Formations, Formations’ pour surmonter les pénuries de talents

Pour surmonter les pénuries permanentes de main-d’œuvre qui touchent encore 77% des employeurs belges sondés par ManpowerGroup – un chiffre en diminution de 6 points par rapport au trimestre précédent mais toujours au plus haut depuis en 15 ans –, les entreprises doivent rivaliser de créativité pour remplir leurs postes vacants.

37% des organisations investissement dans la formation, le développement des compétences et le coaching, tandis que 72% d’entre elles déclarent vouloir offrir une plus grande flexibilité, tant au niveau des horaires (41%) que les lieux de travail (31%) – télétravail ou travail dans lieux satellites.  30% des employeurs sont prêts à améliorer les conditions salariales pour attirer des candidats et 23% offrent des avantages non-financiers comme des congés. Enfin, 19% des employeurs se disent prêts à diminuer leurs exigences en matière de compétences ou de l’expérience lorsqu’ils recrutent, tandis que 10% d’entre eux pourraient décider de ne plus évaluer les compétences des candidats.

La formation s’impose comme la priorité à court terme pour les départements de ressources humaines et beaucoup d’entreprises se préparent à lancer de nouvelles initiatives en ce domaine au cours des six prochains mois. En effet, 30% des employeurs sondés prévoient de lancer des nouveaux programmes de formation techniques, 26% vont renforcer les compétences des managers, 25% d’entre eux prévoient de proposer des nouvelles formations pour améliorer les soft skills (communication, time management etc.),  tandis que 22% d’entre eux vont initier des programmes de coaching de carrière individualisé pour pallier les manques de talents disponibles.

L’enquête de ManpowerGroup montre que toutes les catégories de talents de l’entreprise doivent être ciblées en vue  de programmes de recyclage ou d’amélioration des compétences (reskilling/upskilling), qu’il s’agisse des jeunes diplômés (38%), du personnel moins qualifié (38%), du personnel hautement qualifié (37%) ou des travailleurs de plus de 50 ans (22%).

Face aux défis de la formation continue, le coût financier (22%), le temps (22%), le manque de connaissance ou de stratégies concernant les formations à initier (13%) sont cités comme les principaux obstacles. « Dans un monde qui change toujours plus vite, qui s’automatise, se digitalise et devient virtuel, les compétences sont plus que jamais sous pression et sont menacées d’obsolescence. Dès lors, après le ‘jobs, jobs, jobs’, c’est ‘formations, formation, formations’ qui est le slogan d’actualité sur le marché de l’emploi » ajoute Philippe Lacroix.

Posted in Client, Recruter | Tags , , | Commentaires fermés sur Optimisme retrouvé sur le marché de l’emploi : un employeur belge sur deux prévoit de renforcer ses effectifs d’ici la fin de l’année

Concilier hypersensibilité et freelancing ? Se comprendre pour mieux s’orienter.

Peut-on combiner hypersensibilité et exigences de la vie de freelance ? Ceux qui vivent si intensément leurs émotions et leurs sensations sont-ils capables de se frotter à ce statut ? Ou, au contraire, génère-t-il trop de stress au point de menacer leur équilibre ? Coach de vie passionnée par l’hypersensibilité mais aussi spécialiste de la communication, Fabienne van Elmbt nous aide à répondre à ces questions au travers de ses lunettes de pro.

L’hypersensibilité : un trait de personnalité

Notion très récente, l’hypersensibilité a été découverte dans les années 90 par la psychologue américaine Elaine Aron. « Grâce à son test des 23 questions, elle vous propose de reconnaître votre degré de sensibilité et de répondre à votre besoin de compréhension », nous explique Fabienne van Elmbt. Selon le profil, hypersensible introverti ou extraverti, fatigabilité émotionnelle ou fatigabilité aux stimuli externes, il sera effectivement intéressant de cerner une activité professionnelle, indépendante ou non, qui conviendra davantage aux caractéristiques de l’hypersensible.

Hypersensibilité ?

L’hypersensibilité est un trait de personnalité et non un trouble ou une pathologie. Il n’y a d’ailleurs pas de portrait-robot de l’hypersensible. L’hypersensibilité se reconnaît au travers de diverses caractéristiques : une perception accrue des ressentis (émotions, sensations, douleurs), une hyperréactivité aux stimuli et aux stimulants, un seuil d’épuisement émotionnel plus bas. Au niveau cognitif, des pensées qui vont beaucoup plus vite…

La personne hypersensible, en devenant freelance, va pouvoir gérer ses horaires comme elle le sent, (…) vivre à son propre rythme, plus calmement, loin des rapports de performance.

Quand l’hypersensibilité s’épanouit dans le freelancing

“Si elle ne se connaît pas bien, si elle ne parvient pas à réguler ses ressentis, la personne à sensibilité élevée sera très vite ‘à fleur de peau’. Lui demander de travailler dans un open space, par exemple, va engendrer une fatigue intense due à l’omniprésence du bruit. En revanche, en devenant freelance, elle va pouvoir gérer ses horaires comme elle le sent, avoir un contrôle sur les tâches à accomplir et vivre à son propre rythme, plus calmement, loin des rapports de performance”, analyse la coach de vie. Les personnalités atypiques foisonnent aussi d’idées, le freelancing leur apportera des clés pour assouvir leur soif de créativité et entreprendre tous les projets qu’elles dessinent mentalement.

Hypersensible et freelance : que des avantages ?

“L’hypersensible est souvent perfectionniste. Dans un travail de freelance, le rapport au client peut alors se compliquer. L’hypersensible va vouloir en faire plus, donner le meilleur de lui-même au détriment de son équilibre. Le perfectionnisme est une prison pour ceux qui le vivent parce qu’il n’y a jamais de satisfaction, la critique est constante.” Cette dimension doit donc être travaillée : l’hypersensible, pour exercer en tant que freelance ou indépendant, devra être attentif à ce qu’il est, comprendre ses bouleversements et trouver le juste milieu “donner un peu moins et constater ce qu’il peut gagner en retour”. Et si le statut de freelance abaisse le niveau de stress d’un côté, lié à la gestion du temps, il peut générer une angoisse plus grande de l’autre : celle de ne pas avoir de prise sur ses missions futures et sur un travail qui, finalement, est loin d’être linéaire. 

Attentif aux autres, l’hypersensible est un excellent élément dans une équipe parce qu’il va amener de la cohésion. 

Des émotions au service de l’entreprise

Mais évitons le piège des généralisations abusives. Certaines personnes hypersensibles s’adaptent au monde de l’entreprise et y trouvent leur place, voire un certain épanouissement. “Attentif aux autres, l’hypersensible est un excellent élément dans une équipe parce qu’il va amener de la cohésion. Empathique, il sent très fort les fluctuations et les tensions relationnelles du groupe. Il va toujours essayer de détendre l’atmosphère, les situations de conflit le mettant très mal à l’aise. Loyal et délicat, l’hypersensible est une pierre précieuse pour l’entreprise. Il est également capable de s’émerveiller de tout, de garder beaucoup d’enthousiasme. C’est particulièrement le cas pour les projets qui lui apportent du sens.”, précise encore Fabienne van Elmbt. En revanche, dans des situations de conflits extrêmes, la remise en question peut être indispensable. Anxiété, sensation d’être à vif, c’est dans ce pic de froissements et d’hostilités latentes que l’hypersensible peut être amené à changer de statut et/ou d’orientation.

Une malle d’outils à votre disposition

Comment alors évaluer la capacité d’un hypersensible à s’orienter vers une carrière de freelance ? Ou à faire basculer sa carrière vers un autre secteur ? Quels choix opérer et avec quels outils ? “Si vous êtes hypersensible et que vous ne connaissez pas vos points rouges, il sera alors plus difficile de savoir si vous êtes à même d’exercer une activité d’indépendant. Il est important de connaître votre propre mode d’emploi. Dans le coaching, plusieurs outils peuvent aider les hypersensibles à analyser les différents aspects de leur sensibilité. C’est en reconnaissant leurs propres talents, leurs envies et leurs besoins profonds que les hypersensibles vont pouvoir travailler sur eux-mêmes et mieux se comprendre.”, conclut Fabienne van Elmbt, coach de vie chez www.tellme-coaching.be

Apprenez donc à valoriser vos talents et à faire de votre hypersensibilité une force !

 

Lisez également : Comment réussir en tant que freelance et introverti    

Photo: Aurélie Choiral

Posted in Freelancer, Prospection | Tags , , , , | Commentaires fermés sur Concilier hypersensibilité et freelancing ? Se comprendre pour mieux s’orienter.

Le détachement à travers l’Europe – ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain

Universitaires critiques

Ive MarxNinke Mussche et Dries Lens analysent depuis un certain temps déjà les aspects juridique, social et institutionnel du système européen de libre circulation des services qui autorise le détachement des travailleurs. En recourant à cette pratique internationale de mise à disposition de main-d’œuvre, de travail intérimaire ou d’emploi rémunéré, les travailleurs peuvent apporter leurs services dans un autre pays que le leur pour des périodes limitées. Trois universitaires du “Centrum voor Sociaal Beleid” Herman Deleeck de l’Université d’Anvers affichent, néanmoins, leur mécontentement unanime vis-à-vis des retombées de la directive sur le détachement des travailleurs (96/71/CE), remaniée en 2018. Ils ont publié leurs conclusions critiques sur Social Europe.

Remaniement de la directive

Le détachement de travailleurs a connu un véritable essor tout au long de ces années. Ce mode de fonctionnement pâtit toutefois d’une mauvaise réputation. Pourquoi ? Conditions de travail déplorables et salaires trop bas. Avec un bras de fer opposant Europe de l’Ouest et Europe de l’Est. Le résultat ? Des allégations telles que « concurrence déloyale » et « dumping social ».   En 2018, l’Europe a donc instauré à grand renfort de déclarations, des correctifs à caractère social. Songez, notamment, aux limites de temps et au principe « même salaire pour le même travail au même endroit. »

Selon Dries Lens, « Avec une Europe freinée par une croissance économique léthargique, un affaiblissement de la compétitivité mondiale et de graves pénuries de main-d’œuvre et de qualifications, les vagues restrictions en matière de détachement risquent bien seulement d’aggraver la situation, y compris en Belgique ! »

Le détachement est une réalité

Les évolutions des institutions européennes ont donné naissance à de nouvelles modalités de mobilité des travailleurs. Les flux croissants de main-d’œuvre en détachement – dont la mobilité repose sur la libre circulation des services – représentent désormais une part importante des échanges de personnel en Europe. Si en 2008, environ 117 000 personnes en détachement étaient enregistrées, en 2019, ce nombre atteignait déjà 239 000 : une multiplication par deux en dix ans.


En 2019, 239 000 personnes en détachement ont été enregistrées.


Le mécanisme reste donc pertinent en termes absolus. Il faut toutefois garder à l’esprit qu’il s’agit d’une mobilité des travailleurs à court terme : les personnes détachées ne sont pas des migrants, elles résident dans leur pays d’origine. En moyenne, un·e professionnel·le en détachement se rend 3,7 fois par an en Belgique pour y proposer des services.


Le détachement, ce n’est pas une forme de migration.


Le détachement temporaire est particulièrement indiqué pour gérer les pics de production.

En revanche, ils sont moins chers pour les employeurs, car la sécurité sociale (moins coûteuse) est payée dans leur pays d’origine. Dans les États d’origine comme le Portugal, la Slovénie ou la Pologne, cette différence est considérable.

Le détachement se décline en plusieurs modèles

Pour les employeurs, le détachement de travailleurs représente donc une opportunité pour maintenir leur compétitivité. Les personnes recrutées à titre temporaire, qui travaillent dans les mêmes conditions, sont disposées à en adopter des plus souples et à effectuer les opérations que les travailleurs nationaux refusent de prendre en charge. Le marché du travail dans leur pays d’origine constitue en effet leur premier cadre de référence. Ce constat vaut certainement pour des secteurs tels que la construction, les transports, l’industrie de la viande, l’agro-alimentaire et du nettoyage.

De plus, les travailleurs détachés bénéficient d’une bonne réputation. Ils se déplacent souvent seuls pour aller travailler et acceptent de faire plus d’heures, même le soir et le week-end. Ils veulent gagner un maximum d’argent à courte échéance et le dépenser ensuite dans leur pays d’origine.

Dans les secteurs à forte valeur ajoutée, tels que la finance, la chimie ou la technologie, les travailleurs détachés apportent une expertise de niche et des compétences qui font défaut ici. Ce type de « détachement de spécialisation » de travailleurs hautement qualifiés est aussi utilisé par les multinationales pour former les « hauts potentiels » à des carrières internationales ou pour engager des chercheurs. Ces personnes détachées remplissent souvent des fonctions importantes dans des chaînes d’approvisionnement complexes et transnationales, qui sont exposées aux moindres défaillances techniques.

Il est par ailleurs faux de croire que le détachement se produit surtout depuis les pays les plus démunis vers les pays plus prospères de l’UE. Une part importante des travailleurs détachés en Belgique provient des Pays-Bas, d’Allemagne et de France.

Le problème de la directive européenne sur le détachement des travailleurs

Dries Lens estime que la directive remaniée ne permet pas de discerner avec précision les besoins distincts selon les types de détachement. Ainsi, la limitation de la durée du détachement dans la directive remaniée porte atteinte aux experts qui doivent en général être disponibles pendant plus de douze mois.


L’UE devrait donc établir une distinction entre les règles en fonction des différents types de détachement.


 

À lire également

Posted in Client, Législation sur l'embauche temporaire, Recruter | Tags , , , | Commentaires fermés sur Le détachement à travers l’Europe – ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain

Mypension : un outil pour (ré)orienter mes choix de carrière

Le portail en ligne https://www.mypension.be/ propose de nouvelles options permettant de calculer le montant de votre pension en fonction de certains choix de carrière. Vous pourrez ainsi prendre des décisions plus avisées concernant votre carrière et connaître son influence sur le montant de votre pension. Tel est le rapport du Service fédéral des pensions.

Si votre salaire augmente ou diminue, vous pouvez saisir votre nouveau salaire et vos autres avantages dans le simulateur et voir votre nouveau montant de pension prévisionnel.

Mypension.be permet désormais à chacun de faire les bons choix.

« Les nouvelles fonctionnalités de mypension.be rendent ce site incontournable pour la gestion de votre carrière. Vous pouvez dorénavant contrôler l’impact de vos choix professionnels sur le montant de votre pension », déclare la ministre des Pensions Karine Lalieux (PS).

« C’est essentiel. Le citoyen bénéficie de cet accompagnement dès son entrée sur le marché du travail. Mypension.be donne ainsi à chacun la possibilité de faire les bons choix et de faire face à l’avenir en toute confiance », déclare Mme Lalieux.

Source : VRT

Posted in Finance, Freelancer | Tags , , , , , | Commentaires fermés sur Mypension : un outil pour (ré)orienter mes choix de carrière

En quoi proUnity est-elle la société TIC à la croissance la plus rapide de Belgique ? Numérisation, talent pool important… la human touch en plus

NextConomy : L’année dernière proUnity a remporté le prix Deloitte Technology Fast 50 Award. Vous avez pu ainsi bénéficier d’une grande visibilité. Quel en a été l’impact sur l’entreprise ?

David Muyldermans : Cette récompense revêt plusieurs facettes. Dans des circonstances ordinaires, tout le monde se serait réuni en un seul endroit, face à une scène et au sein d’un réseautage classique. Les répercussions auraient alors été beaucoup plus importantes sur le plan commercial. La COVID-19 est venue un peu tout chambouler. Nous verrons comment les choses se dérouleront cette année, car nous y participons à nouveau. Je m’attends à ce que les résultats soient de nouveau excellents.

En contrepartie, nous avons certainement gagné en crédibilité sur le marché, auprès de tous les intervenants et aussi de nos clients, qui sont fiers de ce résultat.

Ce prix a suscité envers proUnity un vent d’enthousiasme extraordinaire : des nouveaux freelances et des sociétés de services qui arrivent sur la plateforme et des entreprises qui souhaitent travailler avec nous, aussi. En ce qui concerne les offres, être l’organisation qui connaît la croissance la plus rapide de Belgique constitue un atout de taille. Mais, vous devez tout de même toujours présenter un dossier très solide accompagné des bonnes réponses et d’un prix compétitif. Vous devez vous battre pour y arriver. Vraiment.

Autre fait marquant : un certain nombre d’investisseurs potentiels sont venus frapper à notre porte, ainsi que des fonds d’investissement et des acteurs du secteur industriel qui étudient les fusions et acquisitions.

La dynamique de la croissance la plus forte est donc positive, mais vous devez aussi vous montrer à la hauteur et faire en sorte que l’intérêt de départ soit converti en une collaboration durable.

Être l’organisation qui connaît la croissance la plus rapide de Belgique constitue un atout de taille.
Vous devez tout de même toujours présenter un dossier très solide accompagné des bonnes réponses et d’un prix compétitif. Vous devez vous battre pour y arriver. Vraiment.

NextConomy : Cette situation place aussi le marché du VMS sous les feux de la rampe. Vous êtes bien sûr en concurrence avec de nombreuses autres sociétés technologiques. Constatez-vous une augmentation de la notoriété et de la visibilité de l’offre en VMS ?

David Muyldermans : Absolument. Nous avons gagné en crédibilité et en légitimité. Avons-nous trouvé beaucoup plus de leads ? La réponse est nuancée, du fait de la présence du coronavirus. L’année dernière, de plus en plus d’entreprises se sont tournées vers proUnity. Il est toutefois malaisé de dire si c’est grâce au prix Deloitte ou à cause de la crise sanitaire.

NextConomy : L’industrie du VMS existe depuis vingt ans. Elle représente un grand nombre de protagonistes de réputation internationale, mais aussi de plus en plus de sociétés de proximité, dont proUnity. Vous vous épanouissez également à l’international. Vous existez depuis cinq ou six ans maintenant. Remporter le Technology Fast 50 en affichant une croissance record de 82 677,34 % indique que vous avez vraiment une approche différente de celle des autres intervenants en matière de VMS. Qu’est-ce qui vous rend différent et où innovez-vous au maximum ?

David Muyldermans : La personnalité juridique a été créée en 2015 et nous avons démarré notre premier projet majeur en 2017.

La différence est de trois ordres. Premièrement, notre produit répond très bien aux besoins du marché. Nous avons commencé par développer une première mouture, un Master Vendor Program (MVP), en fonction des besoins du marché. Après des dizaines de discussions avec de grandes organisations, nous avons conclu qu’il était impératif de créer un nouveau MVP. Nous avons, en toute modestie, réuni une équipe incroyable, et nous avons réussi à concrétiser ces besoins en une solution technique concrète et fiable dans un délai très court. Je pense que la situation est vraiment unique.

Ensuite, la diversité de notre marché est ce qui nous distingue. Nous l’avons mis au point très vite et avec brio. L’expression “war for talent” ne nous convient pas, car nous ne sommes pas en guerre. Pourtant, il existe vraiment une grave pénurie de candidats. Tout le monde parle des freelances aujourd’hui. Je reconnais volontiers que les freelances représentent un marché en pleine expansion. Mais, disons, qu’en comparaison des quelques 250 000 indépendants, il y a quatre ou cinq fois plus d’experts engagés par les prestataires de services. Cette manne vaut son pesant d’or.

Je reconnais volontiers que les freelances représentent un marché en pleine expansion. Mais, disons, qu’en comparaison des quelques 250 000 indépendants, il y a quatre ou cinq fois plus d’experts engagés par les prestataires de services. Cette manne vaut son pesant d’or.

Comment lutter contre la pénurie des candidats ? En créant une rampe d’accès menant à la communauté des freelances. Pas mal… Mais, vous ne pourrez voir qu’une partie du panorama. Ou bien, beaucoup plus efficace : une multitude d’itinéraires et de ressources, qui vous permettent de vous y frayer un chemin à la vitesse de l’éclair, en ayant un lien direct avec les prestataires de services et les freelances. Vous obtenez alors un contact immédiat avec tous les candidats disponibles. Nous y sommes parvenus plutôt bien.

Troisième volet : notre attention portée au client, notre human touch. Nous écoutons les clients, les accompagnons et les guidons dans la bonne direction. Donner les bons conseils… une chose que notre équipe fait particulièrement bien, c’est ancré dans nos gènes.

Le numérique vaut le coup, mais un accès direct aux candidats, c’est encore mieux.
Et c’est par le suivi par lequel vous proposez des solutions sur mesure que vous faites vraiment la différence. La conjonction de ces trois atouts constitue notre force. Le résultat ? Nous sommes aujourd’hui dans la situation que nous connaissons.

NextConomy : Cela signifie-t-il que vos clients contribuent aussi activement à la définition de la feuille de route de vos produits ?

David Muyldermans : Il s’agit d’un véritable travail de fond en commun. Nous questionnons en permanence nos clients. Comment voient-ils l’avenir ? Comment aborderont-ils certains problèmes ? Nous tentons aussi de leur lancer un défi. Nous évaluons leur participation par rapport à celle d’autres clients et prospects. Un problème particulier est-il unique ou se pose-t-il également pour d’autres personnes ? Nous tenons compte de ces informations, nous en débattons en interne avec nos spécialistes et nous les rapprochons de la vision de la direction. Nous en dégageons ensuite le meilleur dénominateur commun pour déterminer la feuille de route de notre produit. Et nous transposons le tout dans une suite de petits projets que nous soumettons au marché. Nous adaptons ainsi nos services en permanence.

Notre stratégie de gestion des talents judicieuse, élaborée en analysant les attentes du marché se rattache à notre propre vision sur la manière de faire évoluer les choses. Nous avons agi de la sorte il y a cinq ans et nous continuons à le faire aujourd’hui. C’est notre force.

NextConomy : Vous êtes également actif en dehors de la Belgique. Comment approchez-vous les marchés étrangers ?

David Muyldermans : Nous sommes présents dans un certain nombre de pays, dont la France, la Pologne, la Tchéquie et bientôt probablement le Luxembourg. Le point de départ consiste toutefois en une centrale d’achat en Belgique. Si nous devions nous déployer à l’étranger demain, je pense que nous conserverions la même vision. Cette formule du lean startup est le seul bon moyen, à mon avis. Vous créez de petits ensembles et vous voyez comment le marché y réagit. Nos équipes commerciale et marketing… elles gravitent toutes autour du principe du lean startup. Autant rester vigilant et compétent.

Si nous devions nous déployer à l’étranger demain, je pense que nous conserverions la même vision. Cette formule du lean startup est le seul bon moyen, à mon avis. Vous créez de petits ensembles et vous voyez comment le marché y réagit.

NextConomy : Vous avez juste clarifié que vous démarrez toujours à partir de la Belgique, à partir d’un point central. Y a-t-il d’autres marchés où vous envisagez d’adopter un point de départ aussi central ? Je suppose que vous suivez vos clients dans une certaine mesure. Y a-t-il une tendance particulière dans ce domaine ?

David Muyldermans : ProUnity est bien implantée dans le secteur public. Nous proposons également une formule intéressante pour les grandes entreprises nationales qui emploient de 200 à 300 personnes et dont certaines possèdent également une filiale à l’étranger. Notre troisième segment concerne les entreprises de taille moyenne, comptant environ 35 à 100 collaborateurs externes, qui cherchent une solution à la pénurie de main-d’œuvre et à la numérisation. Nous nous montrons très performants dans ce domaine. Le marché nous le fait savoir aussi.

De plus, on assiste à une consolidation générale, qui se déroule à une vitesse remarquable. Un certain nombre d’exemples à l’étranger montrent comment les confrères et consœurs percent au niveau international après une augmentation de capital. Naturellement, cela nous fait réfléchir. De quelle façon faire croître proUnity, à l’échelle internationale ? En renforçant notre présence avec un autre partenaire industriel ? Si proUnity veut continuer à se développer dans un monde en pleine globalisation, c’est la meilleure façon d’avancer.

Notre modèle, qui combine un VMS et une place de marché MSP, est vraiment unique. Si vous souhaitez vous déployer dans d’autres pays, vous avez réellement besoin de beaucoup d’argent. Au lieu de chercher 30, 40, 50 millions, nous envisageons plutôt de trouver un interlocuteur de type industriel au rayonnement européen. Le principe 1+1 = 3 est, à notre avis, le meilleur choix pour proUnity et nos clients. Nous sommes de plus en plus souvent contactés par des tiers en dehors de la Belgique. Ils observent proUnity et sont convaincus par notre produit. Mais notre aventure avec eux s’arrête lorsqu’ils nous présentent leurs besoins très élaborés sur la France ou l’Allemagne, par exemple. Nous pouvons leur offrir une réponse adéquate en nous associant à un protagoniste européen.

Notre modèle, qui combine un VMS et une place de marché MSP, est vraiment unique.
Si vous souhaitez vous déployer dans d’autres pays, vous avez réellement besoin de beaucoup d’argent.

NextConomy : Je peux imaginer que la pandémie a également fait évoluer les besoins des clients. Les organisations ont dû réduire un grand nombre de ressources externes, puis les accroître à nouveau. Y a-t-il des tendances significatives ?

David Muyldermans : Avant la pandémie, la pénurie de main-d’œuvre était un problème majeur. Le coronavirus a permis de mettre l’accent sur l’efficacité des coûts et la numérisation. Les marchés ont donc été bloqués essentiellement dans les services d’accompagnement tels que les RH et le marketing. Par chance, nous opérons surtout dans le secteur des TIC. Autrement dit, nous avons évité un fléchissement, mais avons plutôt enregistré une progression.

Nous assistons à nouveau à une forte dynamique et la question de la pénurie de talents reste au centre des préoccupations. Le temps de réponse a été remarquablement rapide ; en peu de temps, nous avons multiplié par cinq le nombre de demandes par semaine. Cette progression était vraiment spectaculaire à suivre !

NextConomy : J’entends fréquemment des histoires d’entreprises qui n’étaient pas suffisamment préparées à faire face au coronavirus. Lorsque la pandémie a sévi et que les responsables RH ont dû procéder à des mailings, ils ou elles avaient sous contrôle leur personnel fixe, mais ont dû passer des jours, voire des semaines, à trouver des listes de collaborateurs externes. Cette situation vous semble-t-elle familière ?

David Muyldermans : Nous n’avons pas vécu nous-mêmes de telles aventures, mais nous avons dû accompagner de nombreux clients dans leur processus de communication. D’une simplicité absolue, pour nous. Toutes les données disponibles nous permettaient d’envoyer de tels mailings. Je peux bien envisager la situation pour des organisations qui ne sont pas bien préparées. À l’évidence, vous souhaitez une communication formelle homogène, dans le respect de votre politique interne et des directives des pouvoirs publics, qui varient fréquemment. Nous avons mené à bien cette opération pour de nombreux clients, ce qui n’a pas toujours été évident.

NextConomy : Dans quel sens ?

David Muyldermans : Vous devez contacter toutes les personnes : les échanges doivent être validés. Nous avons donc dû passer beaucoup d’appels téléphoniques pour vérifier que le personnel avait bien tout compris.

NextConomy : La technologie apporte une aide précieuse, mais des personnes sont également nécessaires pour faciliter les choses.

David Muyldermans : Absolument, tout le monde ne peut pas tout comprendre. Ce fut un véritable défi et nous avons gagné beaucoup en maturité. Nous avons aussitôt partagé la meilleure approche avec nos clients de façon proactive et leur avons demandé comment nous pouvions les aider. Nous bâtissons le projet ensemble : il s’agit d’une relation étroite avec le client. Un partenariat.

Nous avons beaucoup progressé, mais nous avons aussi gagné en crédibilité auprès de nos clients et leur avons facilité la vie.

NextConomy : Le monde industriel fait des pas de géants. Les outils de travail changent aussi. Selon vous, quelles sont les grandes innovations du marché ? Qu’est-ce que le client doit prendre en compte lors du choix d’un VMS sur le plan de l’innovation ?

David Muyldermans : Il est difficile de répondre à cette question en général. J’entends les gens dire que tout se résume au Total Talent Management (TTM). J’ai des doutes à ce sujet. En théorie, tout ceci est très bien. Et pour un certain segment, le TTM peut apporter des réponses.

Avec proUnity, nous voulons faire plus et mieux que ce que nous faisons à présent. Plus intelligent. Plus efficace. Plus convivial. Chercher le bon candidat en privilégiant le travailleur du savoir. Nous tenons à connaître encore mieux le marché. Trouver les bons candidats est plus facile si vous connaissez à fond les prestataires et les freelances. Nous pouvons aussi mieux promouvoir le produit. Nous voulons, par exemple, fournir aux clients et aux prestataires des données encore plus complètes. Je pense que de nombreux intervenants vont travailler là-dessus.

Nous considérons que nous nous dirigeons plutôt vers un monde API  où les meilleures réponses seront combinées à la solution adéquate. Le marché doit être plus efficace et évolutif, comme c’est le cas pour les grandes plateformes internationales.

NextConomy : Le SOW ou Statement of Work  fait désormais partie du portefeuille de produits de proUnity ?

David Muyldermans : Nous nous préparons à mettre en ligne notre suite complète SOW, après avoir remporté un important contrat. Désormais, tout le monde est mobilisé. Nous y travaillons assidûment. Les équipes pluridisciplinaires pourront ainsi collaborer, agrandir ou réduire l’échelle des projets.

NextConomy : Un besoin croissant se fait aussi sentir pour les industries légères et les cols bleus. Pensez-vous qu’il soit nécessaire de les intégrer dans votre VMS ?

David Muyldermans : Nous ne nous en mêlons pas. Comme dit le proverbe, « Chacun son métier et les vaches seront bien gardées. » Nous désirons faire plus et mieux. Nous sommes des experts dans le domaine des travailleurs du savoir. Nous traitons déjà aujourd’hui des demandes concernant les acheteurs, la finance, le droit, l’ingénierie, le marketing, la communication et les TIC, et ce domaine, précisément, est bien sûr très vaste. J’estime que nous offrons déjà beaucoup de valeur ajoutée sur ce marché et que nous avons encore pas mal de pain sur la planche.

NextConomy : Les débats autour des viviers de talents et la community building est également d’actualité. Votre avis à ce sujet ?

David Muyldermans : Nous tenons à développer un nouveau concept sur le marché. L’idée n’est pas de s’agrandir ou de s’adresser à un public plus large, mais d’optimiser nos services. Par exemple, nous réfléchissons à donner aux personnes intermédiaires la possibilité, via un modèle “push”, de présenter des candidats aux clients qui signalent avoir besoin de certains profils pour des missions spécifiques. Nous voulons également ajouter un portfolio pour les candidats, en plus du CV ou des évaluations. La qualité, en somme. Tout le monde y trouve son compte, même nous.

NextConomy : Ce qui me conduit à la dernière question : quelle est votre vision concernant le Total talent Management ?

David Muyldermans : Dans un monde de globalisation qui bouge très vite, le développement d’une plateforme VMS qui puisse tout suivre est déjà un énorme défi. Nous tenons à rendre notre environnement plus convivial pour l’API. Et peut-être finirons-nous par offrir la possibilité aux agences de travail intérimaire de s’y inscrire. Qui sait, peut-être qu’à l’avenir un travailleur fixe trouvera un autre emploi en interne au sein même du marché. Mais un ATS ou un programme Total Talent Management… c’est une tout autre histoire. Nous cherchons avant tout à faciliter les processus, à apporter une valeur ajoutée concrète et à réaliser des économies.

Total Talent… ça sonne bien et c’est magnifique. Mais la solution n’est certainement pas aisée et elle ne répond pas toujours aux besoins d’une organisation. Tout le monde ne souhaite pas réunir tout sur une seule plateforme. Il arrive que différentes équipes au sein d’une organisation gèrent des processus de recrutement et de placement différents et qu’elles en soient très satisfaites. Mettre tous ses œufs dans le même panier peut paraître sensé, mais la réalité est bien plus complexe que la théorie. Voilà mon opinion sans détour !

Posted in Bon encadrement du freelance, Maturité de collaboration freelance, Recruter | Commentaires fermés sur En quoi proUnity est-elle la société TIC à la croissance la plus rapide de Belgique ? Numérisation, talent pool important… la human touch en plus