"Exploring the future of work & the freelance economy"
SLUIT MENU

Intervenants du secteur de l’emploi : voici la valeur ajoutée des plateformes

Les plateformes numériques où offre et demande convergent vont de plus en plus influencer le fonctionnement des agences classiques. La technologie ne doit pas être un “business as usual” pour les professionnels, mais la façon d’offrir de la valeur ajoutée aux clients.

« La technologie ne doit pas être un “business as usual” pour les professionnels. »

À ce sujet, Menno Bart, membre du Conseil mondial de la WEC, a eu une discussion avec des experts lors de la Conférence mondiale sur l’emploi World Employment Conference (WEC) 2021, l’événement annuel du secteur du recrutement et des services en matière d’emploi. Cette conférence réunit des cadres supérieurs des fédérations nationales du personnel et des chefs d’entreprise de sociétés offrant des prestations de services liées à l’emploi.

Les participants à la conférence ont constaté que de nombreux prestataires de services RH et recruteurs n’utilisent pas encore toujours au maximum les opportunités offertes par la technologie permettant de faire correspondre l’offre et la demande d’emploi.

Des exemples de réussite sont là pour nous prouver le contraire. Twago, qui a été en 2008 l’une des premières plateformes d’échanges numériques en matière d’emploi. « Je ne connaissais rien des places de marché en ligne. Je voulais juste créer le chemin le plus court entre les talents freelance et le marché de l’emploi en Europe », explique Thomas Jajeh, fondateur de Twago et participant à la table ronde (virtuelle).

La plateforme a vu le jour sous la forme d’une place de marché offre et demande.  Depuis 2016, elle propose des solutions pour mettre en place et maintenir des viviers de talents à l’attention des personnes voulant garder le contact avec le client.

Ce n’est pas la technologie qui fait la différence, mais comment on en exploite les données et la façon dont on intègre la technologie dans les systèmes du client.

La plateforme Twago fait désormais partie de Randstad Sourceright et y est déployée afin de répondre au mieux aux besoins fluctuants des clients. Ces derniers veulent répondre à des tendances telles que le télétravail, le D&I, l’évolution des perspectives et l’approche des talents engagés… « La technologie peut apporter un soutien. Randstad fait la différence par rapport à la concurrence de la manière dont elle l’utilise. Ce n’est pas la technologie qui fait la différence, mais comment on en exploite les données et la façon dont on intègre la technologie dans les systèmes du client. »

Intégration de la technologie = facteur de réussite

Adam Pode, Director of Research chez Staffing Industry Analysts, le confirme également. Il a mené des recherches concernant la réussite des plateformes de talents dans le secteur de l’emploi. Ses travaux indiquent que la manière dont les différents systèmes sont reliés conditionne leur efficacité et leur efficience dans la pratique. “The technology that is most critical is the integration of all different tools.”

Une plateforme de talents n’est rien d’autre qu’un logiciel qui prend en charge la transaction entre un acheteur (buyer) et un vendeur (seller). 73 % de ces plateformes s’occupent désormais des activités SoW, des modèles de tarification, 33 % proposent une formation pour le candidat, qui est intégrée à la plateforme et payante ou non. Il signale aussi que 20 % des plateformes analysées sont payantes pour les personnes cherchant des missions. Reste à savoir si ces démarches sont autorisées par la législation européenne.

Les plateformes de talents : opportunité ou menace

Les fournisseurs de services MSP et les systèmes VMS ont de plus en plus tendance à intégrer ces plateformes, mais la pratique est loin d’être généralisée. Reste à savoir si nous devons avoir peur de cette évolution. Si les intermédiaires et les agences de recrutement doivent les considérer comme un outil de recrutement ou une menace. Adam Pode ne le pense pas à vrai dire. Lorsque des jobboards sont apparus il y a des années, on a prédit la fin des professionnels du secteur, comme on l’a fait derechef avec l’essor des prestataires de services MSP. C’est plutôt l’inverse qui prévaut : l’ensemble des ces filières a la capacité intrinsèque de renforcer le secteur et de le faire évoluer. La condition sine qua non est de trouver la meilleure façon d’en exploiter l’avantage.

Peur de l’inconnu

Menno Bart partage l’avis d’Adam Pole : la peur de l’inconnu est encore très présente. Mais la technologie permet de soutenir des processus et des habitudes bien connus. Nous connaissons aussi le cadre législatif. Le secteur lui-même peut se passer de vouloir toujours réinventer la roue.

Nous considérons en revanche que le cadre législatif doit être identique pour tous les protagonistes du monde numérique. La législation européenne stipule que les propositions de travail pour les personnes candidates doivent être gratuites. Alors pourquoi cela ne s’applique-t-il pas à tous les opérateurs ?

À propos de la WEC

‘Steering a labor market in transformation’ (Piloter un marché de l’emploi en mutation) était le thème principal de la WEC 2021. La World Employment Conference (WEC) annuelle s’est à nouveau déroulée en ligne cette année. Un programme varié de 3 jours ponctué de keynote speeches, de tables rondes et d’ateliers en petits groupes.

Les thèmes principaux ? Évolution des aspirations de chaque collaborateur, manière de tirer parti des innovations technologiques et de faire face à l’incertitude permanente.

Marleen Deleu - Director Trends & Insights NextConomy - on a mission to bring insights and expertise to the freelance workforce and users of contingent labor in Belgium Voir tous les articles de Marleen Deleu