Monthly Archives: avril 2019

La Belgique 49e (sur 75) sur l’indice mondial de la main-d’œuvre de Total Workforce Index

ManpowerGroup publie la deuxième édition de son classement mondial de la main d’œuvre (Total Workforce Index™). Cet index compare les conditions d’embauche, de gestion et de rétention des collaborateurs (permanents et flexibles) dans 75 pays au niveau mondial. Pour y arriver, les experts de ManpowerGroup ont analysé  90 critères-clés du marché du travail, répartis en 4 catégories : la disponibilité des compétences, le coût du travail, le cadre règlementaire et la productivité.  La Belgique occupe la 49e place (sur 75) de ce classement au niveau mondial et la 31e place (sur 40) dans la région EMEA, enregistrant un recul important par rapport à la précédente édition.  

Jamais comme aujourd’hui, le marché du travail n’a été aussi complexe et imprévisible. Les bouleversements technologiques offrent aux entreprises de nouvelles opportunités de croissance et de création de valeur, à condition qu’elles se transforment et possèdent les compétences nécessaires pour rester compétitives aujourd’hui et demain. L’émergence de nouvelles compétences liées à la digitalisation et de nouveaux bassins de talents, combinée à de nouveaux modes de travail, signifie que les entreprises disposent de plus d’options pour déterminer où et comment développer leurs activités sur un marché du travail devenu global. Les cadres réglementaires évoluent également pour inclure ces nouvelles dimensions, ajoutant des niveaux de complexité à la prise de décision.   

Une formule unique pour analyser 90 critères

S’appuyant sur une méthodologie rigoureuse et sur une formule de calcul unique, l’outil mis au point par ManpowerGoup mesure l’attractivité des marchés du travail et de la main d’œuvre de 75 pays à travers le monde, en examinant les conditions d’embauche, de gestion et de rétention des talents dont les entreprises ont besoin pour se développer (chiffres 2018). L’étude établit également un classement distinct pour les travailleurs employés sous contrat à durée indéterminée et sous un contrat de travail flexible (intérim, contrats à durée déterminée etc). Le pays obtenant le score le plus élevé sur cet index est celui qui possède le marché du travail le plus attractif.  

Au niveau mondial, c’est Hong Kong, la Nouvelle Zélande, Singapour, les Etats-Unis et le Royaume-Uni qui arrivent en tête du classement. Au niveau européen, les premières places sont occupées par le Royaume Uni, l’Irlande, l’Estonie, le Danemark et la Suède. La Belgique occupe la 49e place (sur 75) de ce classement au niveau mondial et la 31e place (sur 40) dans la région EMEA, enregistrant un recul important de 24 places au niveau mondial et de 17 places au niveau de la région EMEA.  

Par rapport aux autres pays européens, avec sa 49eplace, la Belgique se situe au niveau mondial nettement derrière le Royaume Uni (5e), l’Allemagne (15e), les Pays-Bas (21e), la Suisse (25e), l’Espagne (32e) mais devant le Luxembourg (59e), l’Italie (64e) ou la France (67e). Notre pays occupe la 45e position dans le classement de la main d’œuvre fixe (Permanent Workforce Index) et la 53e position dans le classement de la main d’œuvre flexible (Contingent Workforce Index).  

Les points forts et les points faibles de la Belgique

« Malgré les réformes réalisées ces dernières années pour améliorer les performances de notre marché du travail, notre pays enregistre un net recul dans le classement établi par ManpowerGroup » analyse Philippe Lacroix, Managing Director de ManpowerGroup Belux. « Le recul de la Belgique s’explique moins par une baisse des performances de notre pays sur les critères étudiés que par la progression plus rapide d’autres pays, essentiellement en Europe de l’Est mais également en Allemagne, au Vietnam ou au Japon. Sur un marché du travail devenu mondial, le coût du travail ou le nombre insuffisant de travailleurs disponibles en raison des pénuries de talents ou d’un taux d’activité trop faible continuent de peser négativement sur l’attractivité de notre pays. » 

A l’inverse,le rapport de ManpowerGroup met en évidence la qualité de la main d’œuvre qui reste le principal atout de notre pays :  le pourcentage de travailleurs hautement qualifiés est passé de 44.8%(2017) à 46.5% (2018) tandis que le nombre  de spécialistes en Recherche et Développement par 1000 est passé de 13.43 (2017) à 15.91 (2018). La connaissance de l’anglais a également progressé de 1% pour atteindre 60%. Malgré un recul de 7 places, notre pays occupe également une honorable 31e place (sur 144) au niveau de l’égalité homme femmes sur le marché du travail.

 

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“La gestion des talents externes : service Achats ou RH?” – un workshop organisé par NextConomy et Abcal

L’évolution du marché du travail

Les talents externes – freelances/interim managers – sont-ils gérés uniquement sur base des tarifs et du contrat par les Achats ou sont-ils réellement considérés comme des ressources humaines ? Existe-t-il une relation à long terme avec ces talents ? Quelles sont les réelles plus-values de ces talents externes ?

Frédéric Naedenoen, maître de conférences et chercheur au LENTIC, le Laboratoire d’Études sur les Nouvelles formes de Travail, l’Innovation et le Changement, nous donnera ses perspectives sur cette évolution du marché du travail.

Des professionnels du secteur viendront éclairer les débats, donneront les tendances de ce marché en plein boom et commenteront les nouveaux outils qui émergent (Pro-Unity, Hireme) ou dévoileront sa face cachée, les risques et plus-values des freelances (Frédéric De Cooman de Uplogist).

Informations complètes

Adresse du jour:
Best Western Wavre
Avenue Lavoisier 12
1300 Wavre

Date:
Lundi 3 juin 2019

Programme:

  • 13h30 Accueil
  • 14h00 Keynote speaker et workshop
  • 15h30 Pause café
  • 16h00 Business cases review
  • 17h00 Conclusions
  • 17h30 Drink de networking

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Aux États-Unis, 23% des travailleurs à temps plein envisagent de devenir freelance

L’une des conclusions notables de ce rapport est que 23% des Américains occupant un emploi classique à temps plein ont l’intention de remplir des missions freelances dans les cinq années à venir. Et 14% envisageraient cette possibilité. Il s’agit principalement de jeunes travailleurs qui veulent mener une carrière dans la Gig Economy (voir graphique).

Trois facteurs déterminants

La principale motivation des travailleurs est d’obtenir plus de flexibilité dans leur emploi du temps, mais aussi d’avoir la possibilité de travailler là où ils le veulent, et de pouvoir choisir leurs projets. Cela rejoint les résultats d’enquêtes réalisées en Belgique, notamment par le SERV et Unizo.

Une entrave importante

Le grand attrait que suscite ‘l’économie des petits boulots’ est tempéré par la relative incertitude financière qui accompagne cette forme de travail. En effet, il faut savoir franchir la barrière qui vous sépare de la stabilité et de la sécurité d’un emploi fixe à temps plein.

Croissance, malgré le doute

Les chiffres énoncés ci-avant sont conformes à ce que montrent d’autres études. La relative incertitude financière évoquée fait que bon nombre de travailleurs qui pensaient franchir le pas, ne le feront finalement pas. Toutefois, si à peine 10% des travailleurs dont question devaient passer outre cette barrière, cela donnerait dans l’absolu naissance à un groupe important de nouveaux gig workers. C’est ainsi qu’au cours des dernières années, environ 2,5 millions d’autoentrepreneurs se sont lancés aux États-Unis !

Sensibiliser les employeurs

De bonnes raisons pour les employeurs, et cela vaut également en Belgique, de rester attentif à cette évolution et de s’intéresser de très près aux talents freelances disponibles. Et le rapport MetLife de conclure avec une liste de recommandations destinée aux employeurs.

 

Source :

MetLife 2019 U.S.  Employee Benefit Trends Study

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Une organisation syndicale pour les freelances ? « C’est une sérieuse réflexion à mener »

Le 13 mars dernier, la commission des Affaires sociales a décidé que les travailleurs intérimaires seront autorisés, sous conditions, à voter lors des élections sociales de 2020. « Cela devrait finir de convaincre les représentants des travailleurs de prendre leurs besoins en considération », estime Erwin De Deyn. « Les intérimaires pourront participer aux élections dans la catégorie des employés ou des ouvriers, et les candidats auront à démontrer leur capacité à défendre leur groupe de travailleurs, et qu’ils veilleront à une attribution correcte de leurs affections. C’est l’occasion pour les syndicats d’accorder encore plus d’attention qu’actuellement au groupe des intérimaires. »

Pas d’encadrement pour les freelances

Et qu’en est-il de cet autre groupe de travailleurs flexibles que sont les freelances ? Erwin De Deyn souligne les différences qui existent par rapport aux intérimaires. Alors que le cadre régissant le travail intérimaire est parfaitement clair – mêmes barèmes de rémunération et des conditions de travail appliquées aux collaborateurs fixes – il n’en va pas de même pour les freelances. « Nous nous posons la question de savoir – notamment dans certaines entreprises et certains secteurs – si tous les freelances sont des travailleurs indépendants ou bien des faux indépendants qui devraient en fait avoir le statut de salarié. Je peux comprendre que les freelances aient leur propre vision sur ce sujet et ne souhaitent pas nécessairement adopter le statut de salarié, mais dans un certain nombre de situations, vous vous trouvez dans une zone grise. »

L’existence de cette zone grise ne signifie pas qu’Erwin De Deyn aurait l’envie de créer un 3e statut entre indépendant et travailleur salarié. « Nous ne sommes pas en faveur de cela, car vous finiriez par vous retrouver dans une situation où le client pourrait faire du cherry picking. Nous craignons que la protection dont bénéficie le statut de salarié ne soit menacée. Pourquoi les freelances qui sont engagés de façon quasi constante auprès d’un seul et même client ne pourraient-ils pas opter pour le statut de travailleur salarié ? Tandis que les freelances occupés généralement par différents clients restent eux bien sûr de vrais indépendants. Nous maintenons notre point de vue sur ce cloisonnement traditionnel. »

Services individuels et collectifs

La question se pose de savoir si le groupe des freelances n’aurait pas besoin d’une représentation, et même peut-être plus que les intérimaires, précisément parce qu’ils ne disposent pas de cadre réglementaire.

À la SETCa, on ne sait pas encore si c’est un rôle que nous pouvons endosser », explique Erwin De Deyn. En tout état de cause, ils ne sont actuellement pas prêts, car les services individuels et collectifs envers les freelances requièrent une expertise particulière dans un contexte éloigné de la relation de travail fondée sur un contrat d’emploi. Et au niveau collectif ? « Il s’agit par exemple de définir un cadre collectif dans lequel le freelance peut être occupé dans un (sous-)secteur spécifique ou au sein d’une entreprise. Cela offrirait déjà aux freelances un surcroît de certitude quant à la relation professionnelle qu’ils ont avec leurs clients. »

« C’est en tout cas une réflexion à mener », poursuit Erwin De Deyn. « On ne peut pas simplement dire que les freelances sont un groupe important et qu’on va s’en occuper dans l’immédiat. C’est avant tout l’objet de discussions internes qui sont en train d’être menées. À la fin de cette année, il est prévu un congrès du SETCa avec notamment ce débat à l’ordre du jour, et nous pourrons probablement progresser et développer ce qui est nécessaire au sein de notre structure pour en faire un vrai sujet. »

Avant de nous séparer, nous soumettons encore à Erwin De Deyn l’hypothèse selon laquelle les freelances seraient représentés par Unizo. « Bien sûr que les freelances sont des travailleurs indépendants, et qu’ils sont représentés par les organisations de travailleurs indépendants. Mais vous savez comme moi que ces organisations ne représentent pas seulement les travailleurs indépendants, mais aussi de plus en plus de PME … »

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Pourquoi l’ubérisation n’est qu’un phénomène accessoire

Vous avez dit plateforme numérique ?

Avant de démarrer notre entretien, il n’est pas inutile de rappeler la définition des plateformes numériques apportée par l’ouvrage « Enjeux et défis juridiques de l’économie de plateforme » paru chez Anthemis <http://www.anthemis.be/index.php/enjeux-et-defis-juridiques-de-l-economie-de-plateforme.html> : « Des opérateurs privés qui au moins organisent une place de marché virtuelle, afin de permettre la rencontre de l’offre et de la demande, qui induisent une certaine uniformisation des modalités d’expression de ses offres et de ses demandes, qui prêtent leur concours dans la procédure d’appariement, et qui modélisent de manière plus ou moins intense les conditions contractuelles qui lieront offreurs et demandeurs »

La professeure insiste aussi sur le fait que la nature du service n’est pas différente s’il est commandé ou trouvé via une plateforme. Ensuite viennent s’ajouter des critères de classement suivant qu’une prestation se passe dans le monde réel ou le monde virtuel.

Une question humaine et légale

L’économie de plateforme concerne d’abord des hommes et des femmes freelances, indépendants… ; mais elle suscite quelques difficultés juridiques, comme l’indique le résumé de l’ouvrage « Enjeux et défis juridiques de l’économie de plateforme » paru chez Anthemis, : « Réserver un taxi ou une table de restaurant, louer un lieu de vacances, commander un plat préparé ou faire appel à un plombier par l’intermédiaire d’une plateforme numérique est devenu pour la plupart d’entre nous un acte courant. Néanmoins, l’intervention d’une plateforme, souvent localisée hors frontières, soulève des questions juridiques : quels sont les liens contractuels qui régissent la plateforme ? Les règles de protection des intérêts des consommateurs et des travailleurs demeurent-elles applicables et sont-elles efficaces ? ».

Loi Vs. Pratique

Certains profils professionnels de niche sont par choix des indépendants. Fabienne Kéfer pointe plutôt une population moins favorisée qui participe à une nouvelle économie dirigée par un nouveau genre d’organisations qui tentent d’exploiter les failles juridiques. « La zone grise concerne les revenus et l’organisation du travail. C’est la fameuse question de la subordination ».

La question n’est pas spécifique au monde des plateformes. Fabienne Kéfer remarque également une évolution apparue chez les salariés, ceux-ci agissant de plus en plus par objectif. Conséquence ? « Sous la pression, les employés ont tendance à dépasser leur temps de travail normal pour atteindre leurs objectifs. On constate une certaine osmose entre le fonctionnement d’un freelance et celui d’un salarié : lorsque des employés organisent eux-mêmes leur temps de travail, pourrait-on parler de faux salariés ? »

Épiphénomène et défis

Selon la professeure Kéfer, les plateformes numériques ne sont qu’un épiphénomène. « Les observateurs sont assez d’accord pour dire que le travailleur qui a servi de modèle au Droit du travail est celui de la fin du 19ème– début du 20 ème siècle. Or, le travailleur d’aujourd’hui n’est plus le Charlie Chaplin des ‘Temps modernes’. Le Droit du travail n’est plus en phase avec le profil actuel, et une adaptation globale doit être envisagée. Le défi, c’est soit d’arriver à protéger les travailleurs avec le droit existant, soit de créer un nouveau modèle de protection juridique. »

Place à l’intelligence artificielle

Mais alors, quel avenir pour l’ubérisation d’ici 5 à 10 ans ? « Des plateformes, je ne sais pas s’il y en aura encore ou si elles seront encore un problème. On aura soit plus aucune plateforme, soit résolu le problème. Les questions qui intéressent aujourd’hui la recherche en Droit du travail concernent plutôt l’intelligence artificielle. », conclut Fabienne Kéfer.


Fabienne Kéfer est professeure ordinaire à la Faculté de droit de l’Université de Liège. Avocate au barreau de Liège durant 26 ans, elle s’intéresse aujourd’hui plus particulièrement au Droit du travail, aux aspects sociaux liés aux transferts d’entreprises et au droit pénal social. Fabienne Kéfer est co-auteur de « Enjeux et défis juridiques de l’économie de plateforme », paru chez Anthemis


 

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L’Organisation internationale du Travail fête ses 100 ans en 2019

Une question sans réponse ?

Si la question semblait relativement simple, force est de constater qu’aucun des représentants académiques présents n’avait vraiment l’ambition d’y répondre d’emblée. L’objectif étant plutôt d’apporter des pistes de réflexion pour actualiser la définition du ‘travailleur’.

Vous avez dit salariat ?

Esteban Martinez (ULB) ouvre le débat avec une analyse historique : « On peut avoir une lecture de toute l’histoire sociale comme étant une lutte pour l’emploi et à la fois contre le travail. Autrement dit, travailler moins pour gagner plus. » Pour l’orateur, le débat politique autour des évolutions du travail et de l’emploi s’active autour de deux interprétations : l’une annonçant une probable sortie du salariat, et l’autre où le salariat demeure encore la norme d’emploi. « La libération du travail est une illusion. Les discours managériaux misent volontiers sur le désir d’autonomie des salariés pour légitimer la conversion de l’entreprise à la flexibilité́. »

Dans son plaidoyer, Esteban Martinez précise également le rôle signifiant des entreprises dans la nouvelle économie. Il parle d’entreprise‐réseau hybride faisant intervenir des sous‐traitants, des agences de travail intérimaire, des franchisés et des travailleurs indépendants, avec lesquels sont conclus des contrats commerciaux. « L’économie de plateforme (Deliveroo, Uber…) n’est jamais que le prolongement de ce mouvement d’externalisation des ressources. Ce qui est neuf, c’est l’aspect technologique et l’absence d’interlocuteurs sociaux pour négocier les conditions de travail. »

Un panel international

Le centenaire d’une organisation comme l’OIT ne se fête bien entendu pas sans un apport de niveau international. Le débat était alimenté par des participants allemands, suisses, français, anglais, luxembourgeois et italiens. Pour la Belgique, Vincent Mariscal (UCLouvain) a expliqué que la disruption annoncée va dans le sens d’une logique de division, d’individualisation, et donc d’affaiblissement des résistances collectives. « Il faut élargir le Droit du travail pour qu’il soit plus protecteur envers les indépendants. ».

Perception obsolète et notion de bien-être

Pour Jörn Janssen (Université de Dortmund), la définition donnée au travailleur actuel n’en est pas une. Il pointe ainsi la perception obsolète que nous avons de la relation avec le travail, alors que celle-ci se transforme au rythme d’une nouvelle réalité du marché. Quant à Nicolas Bueno (Université de Zurich), il estime que la question du jour peut mener à une réponse économique ou non économique : « Économiquement parlant, le travailleur est un capital productif. De son côté, si le travailleur est productif, c’est pour répondre à sa volonté de bien-être. »

Nouvelles formes de chômage et nouvelle protection sociale

Marc Zune (UCLouvain) avait lui décidé de se placer sous l’angle du chômage. « Globalement, le chômage est en train de devenir un phénomène plus vaste : il est caractérisé par un manque, ou une inadéquation, d’emplois payés décemment et générateurs de protection sociale. »

Pour conclure la première partie du débat, Fabienne Kéfer (ULiège) explique : « Le législateur, qu’il soit international, européen ou national, doit réfléchir à de nouveaux modes de protection sociale pour le travailleur d’aujourd’hui, qui œuvre dans un environnement économique globalisé très compétitif, qui est soumis à des ‘nouvelles manières de travailler’ (New Ways Of Working), et qui est doté́ d’une autonomie sans précédent de conception et d’exécution dans son travail. Bref, autant de menaces que de bienfaits. »

Découvrez ici tous les intervenants et leurs exposés

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Une nouvelle législation européenne prévoit d’accorder plus de transparence et de sécurité aux travailleurs de la gig economy

La nouvelle législation accorde de nouveaux droits minimaux aux travailleurs vulnérables remplissant des missions temporaires, à court terme et atypiques. Des travailleurs exerçant donc pendant une période déterminée, sous directives et en échange d’une rémunération.

 

Aperçu des principales dispositions :

Des conditions de travail clairement énoncées dès le départ

Le travailleur doit connaître l’essentiel des conditions de travail en commençant sa mission, ou au plus tard après 7 jours calendrier. Ces informations comprennent notamment une description précise de la fonction, la date début de la mission, sa durée, la rémunération, l’horaire de travail prévu et les nombre d’heures de référence en cas d’horaire de travail imprévisible.

Plus de sécurité concernant la durée de travail

Outre des conditions de travail explicites, la durée de travail doit être spécifiée avec un minimum de certitudes, avec fixation d’heures et de jours. En cas d’annulation tardive de la mission, le travailleur aura droit à une indemnisation. Il a également le droit de refuser une mission.

Possibilité de combiner des missions

Aucune clause d’exclusivité n’est applicable. Les travailleurs peuvent combiner différents emplois auprès de différents clients dans le même domaine d’activité, à condition de toujours respecter les horaires de travail établis ou convenus.

La période d’essai

Une période d’essai ne peut dépasser 6 mois, et doit être proportionnelle en cas de mission temporaire. Tout nouveau contrat pour une même fonction sera exempt de période d’essai.

Les formations à charge de l’employeur

La nouvelle législation stipule également que les formations légalement obligatoires doivent être financées par l’employeur et doivent de préférence avoir lieu pendant les heures de travail.

Égalité des droits sociaux pour tous les travailleurs de l’UE

Avec cette nouvelle législation européenne, des progrès notables apparaissent dans l’égalité des droits sociaux pour tous les travailleurs de l’UE. Cette législation communautaire intervient après que plusieurs États membres aient déjà appliqué des règles au niveau national, afin de s’adapter à l’évolution des formes de travail. Il en résulte qu’il y a des différences importantes entre États membres en ce qui concerne les droits des travailleurs engagés sous des contrats de travail atypiques. Avec pour conséquence, un certain déséquilibre.

Les suites de l’évolution des formes de travail

C’est une réponse à la flexibilisation des marchés du travail pour lesquels la demande de formes de travail temporaires et à temps partiel, ainsi que de contrats à la demande, ce qui forme la gig economy, est en forte hausse. L’objectif étant maintenant de réduire l’instabilité et l’incertitude dans le cadre des relations de travail. Les États membres de l’UE auront 3 ans pour transposer les nouvelles règles dans leur droit national.

Les freelances, en tant qu’entrepreneurs indépendants, ne dépendent pas de la hiérarchie des organisations, et ne sont donc pas concernés par cette législation, en tout cas pour le moment.

La nouvelle législation vue sous l’angle pratique 

 

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Une initiative citoyenne revendique, au niveau européen, un revenu minimum garanti pour les auto-entrepreneurs

L’initiative citoyenne européenne #NewRightsNow entend récolter un million de signatures afin d’imposer aux plateformes numériques l’application d’une tarification minimale européenne pour les prestations de leurs travailleurs. L’initiative citoyenne #NewRightsNow vient d’être enregistrée par la Commission européenne.

Si sur 12 mois les organisateurs récoltent un million de déclarations de soutien, provenant d’au moins sept États membres, la Commission analysera la demande et y répondra dans un délai de trois mois. Si cette réponse est favorable, il y aura obligation pour les plateformes de rémunérer à un barème minimum les ‘indépendants’ ou ‘auto-entrepreneurs’ travaillant régulièrement pour elles. Ces derniers obtiendraient ainsi une sécurité au niveau de leurs revenus.

L’UE plaide pour un minimum de droits des gig workers

Mardi dernier, le Parlement européen a adopté une législation visant à fournir un ensemble de droits aux travailleurs des plateformes et aux autres formes nouvelles de travailleurs ‘on demand’. Voir l’infographie qui suit cet article. À noter toutefois que ces règles ne s’appliquent pas aux gig workers indépendants.

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Les robots sont là pour nous servir, et non l’inverse

Le lieu de la rencontre avait été fixé à l’Orsi Academy à Melle (Gand), le plus grand centre de formation en chirurgie robotisée d’Europe. Ce tout nouveau bâtiment inauguré en septembre se compose de salles d’opération, de bureaux et de salles de réunion.

la photographie: Johan Martens

 

Le Prof. Dr. Alex Mottrie, fondateur et inspirateur du centre, est depuis longtemps convaincu que la chirurgie robotisée est l’avenir. L’an dernier, près d’un millier de chirurgiens ont reçu une formation à la maîtrise de la chirurgie assistée par robot.

« La chirurgie connaîtra plus de changement au cours des dix prochaines années qu’elle n’en a connu au cours des cent dernières », a affirmé le professeur Mottrie. Ou pour reprendre les termes du chirurgien général Richard Savata : « L’avenir n’est pas fait que de sang et de boyaux, mais aussi de bytes et de bits. »

L’aspect humain

Le professeur Mottrie fait autorité en matière de chirurgie robotisée. Au cours de son exposé, il en a bien sûr vanté les avantages. « Grâce à la technologie robotisée, il est désormais possible d’intervenir de façon moins agressive : pour les patients, c’est moins douloureux et les cicatrices sont réduites, ensuite on rencontre moins de complications, et le séjour à l’hôpital est de moins longue durée. »

Les robots seront-ils un jour chargés des opérations ? Le professeur Mottrie ne le pense pas. « Il est vrai qu’ils seront dans l’avenir de plus en plus autonomes, mais aujourd’hui, ils apportent avant tout de l’assistance. La technologie peut se substituer partiellement aux chirurgiens, mais ils seront toujours présents. Grâce à la robotisation, le médecin pourra mieux se consacrer aux patients et à l’aspect émotionnel. »

Ce pionnier de la chirurgie robotisée conserve toutefois un œil critique sur l’évolution technologique. « Je reconnais ses avantages, mais aussi les dangers qu’elle peut représenter. Les robots sont là pour nous servir, et non l’inverse. »

Des soins à la prévention

Christophe Mouton, CEO de l’AZ Maria Middelares, s’est également engagé dans l’innovation, notamment avec la digitalisation et la portabilité qui permettent de suivre les patients. « Nous voulons être des early adopters, mais sans pour autant nous lancer dans de la recherche fondamentale », a déclaré Christophe Mouton. « Nous connaissons une évolution des soins vers la prévention, grâce notamment aux appareils portables, les wearables. »

Les deux orateurs veulent également tenir compte de l’impact de la technologie sur l’éthique. « Les soins de santé touchent avant tout à l’humain. », dit le professeur Mottrie. « Il n’est pas toujours facile d’évaluer de ce que nous pouvons et ne pouvons pas faire avec des données. Mais la vie privée telle que nous l’avons connu dans le passé n’existe plus. »

L’amortissement

Du point de vue microéconomique, l’utilisation d’un robot est toujours déficitaire. L’hôpital ne reçoit pas de financement pour son investissement. « L’innovation n’est pas récompensée. », explique Christophe Mouton. « Si les wearables permettent, par exemple, de réduire de 80% les besoins en réanimation, cela a pour effet de réduire le financement accordé aux services d’urgence. »

Et pour les auditeurs présents, ce discours a tout son sens. « Nous aussi voulons être à la pointe de l’innovation. », déclare Philip Nieberding, directeur médical de l’AZ Nikolaas. « Actuellement, nos chirurgiens ne disposent pas encore d’installations robotiques, mais ils opèrent également dans des hôpitaux partenaires. Notre fonds pour l’innovation médicale doit bénéficier de moyens pour rendre possible ce type d’achat. Un coût d’investissement abordable restant l’un des plus grands défis d’un grand hôpital régional. »

la photographie: Johan Martens

 

Philip Nieberding lui non plus ne croit pas que les robots vont remplacer les chirurgiens. Il les voit plutôt comme une aide pour poser des gestes médicaux complexes ou pour agir promptement dans les cavités abdominales. « Le pas pour faire appel à la chirurgie robotisée est vite franchi quand on songe que cette évolution permet au chirurgien d’améliorer ses capacités techniques et son confort, et d’être plus attentif tout au long de l’intervention. Quant à l’éthique, ce n’est pas ce qui devrait le plus le préoccuper. Les comités d’éthique des hôpitaux régionaux s’occupent très bien de cet aspect, en coopération avec les partenaires des universités. »

À propos d’ETION : ETION est un forum pour l’entrepreneuriat qui s’engage. Nous sommes convaincus qu’un entrepreneuriat fondé sur des vrais valeurs est nécessaire pour la durabilité de la réussite. Nous nous appuyons sur une vision intégrée de l’entrepreneur, de l’entreprise et de la société en général. Désireux d’en savoir plus ? Rendez-vous sur notre site web https://etion.be/

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Pourquoi le marché du travail flexible est-il demandeur d’une règlementation prédictible

« Ce n’est pas un hasard si nombre de travailleurs passent d’un emploi fixe à celui de freelance via des plateformes », a déclaré Denis Pennel, directeur de la World Employment Confederation (WEC). « L’économie de plateforme permet d’obtenir des revenus complémentaires à ceux d’un emploi fixe. Mais cela ne réduit en rien le besoin d’avoir de nouvelles réglementations adaptées à l’égard des travailleurs. »

Dennis Pennel

Denis Pennel a pris la parole lors du colloque ‘Collaboration in the Gig Economy » qui s’est donné récemment à Londres, et organisé par le cabinet de conseil international Staffing Industry Analysts. Ce colloque portait spécifiquement sur l’économie collaborative, en anglais, the gig economy. Et lorsqu’on parle de gig economy, on ne peut ignorer des thèmes comme ‘législation’ et ‘sécurité sociale’.

« Comme il s’agit d’un nouveau régime de travail, la prédictibilité doit être mise au centre », a déclaré Denis Pennel. « Pour les travailleurs, les employeurs et les clients. »

Recourir à un système nouveau

La gig economy et la flexibilisation du travail forment un phénomène de niveau mondial. C’est pourquoi le débat sur un ‘3e statut’, ou un statut unique pour tous les travailleurs, ou encore un renouvellement du Droit du travail, ne concerne pas que la Belgique (voir à ce sujet le plaidoyer  du Professeur Marc De Vos). Dans de nombreux pays occidentaux, la controverse est identique : la fragmentation du travail, le nombre croissant de travailleurs en marge des circuits traditionnels (forcés ou non), la montée en puissance des plateformes. Les pouvoirs publics ont moins d’emprise sur l’impôt sur le revenu, les caisses de la sécurité sociale sont moins bien approvisionnées et la protection de l’emploi protège moins de travailleurs.

Et Denis Pennel d’expliquer que les travailleurs sont de plus en plus nombreux à bénéficier d’un complément de revenu grâce aux plateformes. C’est selon lui le moment de songer à établir de nouvelles règles et de nouvelles relations entre travailleurs et employeurs. Denis Pennel :  « Il y a de plus en plus de différentes formes de travail et d’intermédiaires. Cette diversité apparaît également sur les plateformes. Au niveau européen, une seule réglementation pourrait être envisagée pour l’ensemble des plateformes, mais leur relative disparité reste encore un frein. »

« Bien souvent, il n’y a nul besoin de nouvelle réglementation », dit-il. « De nombreuses plateformes font en fait du placement en ligne. Elles devraient donc normalement être soumises à la réglementation sur le placement de personnel. »

Entre flexibilité et sécurité

Denis Pennel affirme que les organisations et les travailleurs aspirent à plus de flexibilité. « Mais la sécurité ne concerne pas que les travailleurs. Les organisations veulent également de la sécurité, comme celle d’être en conformité avec la législation et la réglementation en vigueur. Trouver un nouvel équilibre entre flexibilité et sécurité est du reste de l’intérêt de chacun. Des travailleurs, des employeurs et des clients du secteur des gig workers. »

« Quand on parle de sécurité, il ne s’agit pas seulement d’allocations sociales par exemple », précise Denis Pennel. Cela concerne aussi, selon lui, la sécurité d’emploi, la sécurité de revenu et la possibilité de pouvoir professionnellement se développer. « Dans un monde pour le moins imprévisible, une réglementation basée sur la ‘prédictibilité’ serait probablement encore plus souhaitable que la ‘sécurité’.

Agilité et prédictibilité

La ‘flexisecurity’ ou ‘flexicurity’ a souvent été évoquée dans ce cadre-là, mais selon le directeur du WEC, ce mot a entretemps été détourné de son sens. « Lors des discussions au niveau européen, les syndicats l’ont même définie comme le ‘détricotage de la sécurité sociale’. Ce n’est pas le cas, mais peut-être devrions-nous changer de terminologie. »

Selon lui, il serait plus question d’agility que de flexibility. « C’est dès lors pour cela qu’on devrait remplacer ‘flexisecurity’ par ‘predict agility’. » Dont acte.

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