Monthly Archives: mai 2023

Les stratégies d’une carrière soutenable en freelance

Les freelances au cœur de la recherche

« Le concept de soutenabilité des carrières est assez récent dans la littérature scientifique, vu qu’il remonte seulement à 2015, et est habituellement appliqué aux employés », explique d’emblée le chercheur liégeois. « Le nombre de freelances et consultants étant en nette augmentation, nous avons voulu l’appliquer également à cette catégorie de travailleurs. Et c’est d’autant plus intéressant car la carrière des freelances est par nature assez mouvementée, instable, faite d’incertitudes financières… Ce qui la rend précaire, dans une certaine mesure ».

La thèse est composée de trois papiers. Elle s’inscrit dans le projet de recherche « Excellence Of Science » financé par le FNRS et mené conjointement par l’ULeuven et AMS (Antwerp Management School). Jérôme a interviewé 35 talents externes dans des domaines variés tels que l’IT, les RH, la communication, la finance…

Aussi contre-intuitif que cela puisse être, l’une des stratégies mises en place par le freelance sera de rester le plus longtemps possible au sein de la même boîte

Papier #1 : certifications et agences de placement : la base

Première question : le travailleur freelance se suffit-il à lui-même ? Dans la littérature, il est décrit comme un travailleur individualiste, qui se développe par lui-même et n’a pas besoin ni envie d’aide. « Pourtant, nuance Jérôme, beaucoup de freelances ont besoin de collectif, d’aide, de soutien ». Pour y arriver, ils ont recours à quatre stratégies :

  • La certification: le freelance renforce ainsi son expertise, se tient au courant des nouvelles méthodes et apprend à parler le même langage que les entreprises.
  • Les intermédiaires, comme les agences de placement et les agences de consultance : elles permettent une forme de continuité au niveau des projets, d’avoir une personne de contact et facilitent l’accès à certaines missions.
  • Le « réseautage» : le freelance en est friand. Cela lui permet de s’identifier à d’autres travailleurs, de briser une forme d’isolement, de trouver des missions et même de préserver sa santé mentale.
  • Le long terme: « aussi contre-intuitif que cela puisse être, l’une des stratégies mises en place par le freelance sera de rester le plus longtemps possible au sein de la même boîte, d’y renouveler ses missions, de s’y intégrer au maximum et d’en profiter tant qu’il y a une utilité », détaille le chercheur.

Papier #2 : Gestion des RH, on inclut les freelances ou pas ?

Deuxième question posée dans la thèse : les entreprises clientes prennent-elles en compte, ou non, les freelances dans leur politique de gestion des ressources humaines ?

« Cela arrive, mais quand c’est le cas, ces pratiques ne sont pas toujours « officielles ». Si une entreprise met en place les mêmes pratiques RH pour les externes que pour les employés – comme la participation aux team building et aux formations, une adresse e-mail identique et les mêmes avantages – il existe un risque de requalification en employé au niveau de la loi ».

Selon Jérôme, le fait que ces pratiques existent ou non pour les externes au sein d’une équipe dépend beaucoup du manager. « C’est lui qui va créer la dynamique et décider d’inclure, ou non, les externes, aux dépens du service RH ».

La plupart des freelances ont besoin d’évaluation, de feedback, de formation, de soutien, de networking

Papier #3 :  Quel soutien des intermédiaires de placement ?

Si le travailleur externe ne bénéficie pas de pratiques RH au sein de l’entreprise, en bénéficie-t-il auprès de l’intermédiaire qui l’a placé, le cas échéant ? « Cela dépend, et le statut n’a aucune influence là-dessus », répond Jérôme. « Qu’ils soient consultant ou freelance, certains n’ont aucun soutien, alors que d’autres sont vraiment encadrés. Situations souvent problématiques à la clé. »

À l’inverse, certains intermédiaires offrent du soutien et intègrent véritablement les consultants et freelances à l’aide de différentes pratiques de gestion des ressources humaines, en plus du matching avec les entreprises clientes :

  • Formations, développement personnel
  • Partage d’expériences et des connaissances
  • Sessions de feedback et d’évaluation
  • Team buildings
  • Une personne ressource dédiée à ces travailleurs

« Les freelances et consultants attendent ce soutien, ce cadre, même si c’est contradictoire avec la vision que l’on a du freelance, même s’ils revendiquent leur autonomie et leur liberté », commente le chercheur. « La plupart d’entre eux a besoin d’évaluation, de feedback, de formation, de soutien, de networking, mais il ne faut pas généraliser non plus. »

Il faut considérer ces travailleurs externes comme des humains, et non pas comme de simples ressources

Les managers de terrain : le game changer

« Le soutien des managers est crucial tant sur le terrain que pour l’évolution des carrières, martèle Jérôme Sulbout. En cas de problème, il est important pour les externes d’avoir une bonne relation avec eux et de pouvoir avoir des discussions saines et porteuses. »

Et de conclure : « Le phénomène du recours aux travailleurs externes est parti pour durer. Au niveau des entreprises et des intermédiaires, il est dès lors essentiel d’envisager d’autres façons de les prendre en compte, de les intégrer dans les pratiques et politiques de ressources humaines, même si cela reste limité par le cadre légal.

Il faut considérer ces travailleurs externes comme des humains, et non pas comme de simples ressources, et tout le monde doit avancer ensemble : les clients, les intermédiaires et les externes. Chacun a à y gagner ».

Découvrez l’intégralité de la thèse : Alone, together? Towards an Ecosystemic Approach to the Career Sustainability of Skilled Contingent Workers

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Pénurie de talents : les astuces des employeurs en Belgique

25% font appel à des talents externes

Dans un monde en constante évolution, où l’interaction entre l’homme, la machine et l’intelligence artificielle est de plus en plus présente, les compétences sont soumises à une pression sans précédent. Dans son enquête, ManpowerGroup a interrogé les employeurs sur les stratégies qu’ils adoptent pour faire face à la pénurie :

  • 58% investissent dans la formation de leurs collaborateurs (upskilling et reskilling)
  • 37% recrutent du personnel permanent (nouveaux postes)
  • 25% font appel à du personnel externe (consultants ou intérimaires)
  • 22% investissent dans la technologie

Si auparavant, les gens organisaient leur vie autour du travail, aujourd’hui, ils veulent organiser leur travail autour de leur vie.

« Dans le monde du travail d’aujourd’hui, l’entreprise qui détient les talents est maître de son futur. Si auparavant, les gens organisaient leur vie autour du travail, aujourd’hui, ils veulent organiser leur travail autour de leur vie. Toutes les entreprises doivent redoubler d’efforts et adapter leurs stratégies RH pour attirer et fidéliser les talents. » explique Sébastien Delfosse, Managing Director de ManpowerGroup BeLux.

Offrir plus de flexibilité pour surmonter la pénurie

Surmonter les difficultés de recrutement. Attirer et fidéliser les talents fortement recherchés. Pour y arriver, plus de la moitié des employeurs sondés (55%) souhaite répondre au besoin de flexibilité des talents.

Travail hybride, fiabilité et autodiscipline

« Aujourd’hui, le manager doit adopter un leadership basé avant tout sur la confiance, la motivation et le coaching, plus que sur le commandement et le contrôle » explique Sébastien Delfosse. Ce qui résulte en une autre approche observée dans l’enquête de Manpower. Le candidat idéal devrait présenter (en priorité) les qualités suivantes :

  • la fiabilité et l’autodiscipline (25%)
  • la résilience & l’adaptabilité (24%)
  • l’esprit d’initiative (23%)
  • la capacité à analyser et résoudre des problèmes (23%)
  • l’apprentissage actif & la curiosité (21%) .

Le recrutement au-delà des frontières pour 6 employeurs sur 10

Selon l’enquête de ManpowerGroup, 58% des employeurs interrogés se disent prêts à aller trouver la perle rare au-delà des frontières, même si 16% d’entre eux ne comptent pas renforcer cette option à court terme. Un marché du travail global et une mobilité internationale à ne pas négliger selon Sébastien Delfosse.

Plans d’action Build, Buy, Borrow, Bridge

Pour affronter les pénuries de main-d’œuvre, ManpowerGroup encourage les entreprises à mettre en place des plans d’action en quatre temps :

  • BUILD : Investir dans l’apprentissage et le développement afin d’accroître votre réservoir de talents;
  • BUY : S’adresser au marché externe pour trouver les talents qui ne peuvent pas être développés en interne;
  • BORROW : Cultiver des communautés de talents à l’extérieur de l’organisation, en incluant des travailleurs à temps partiel, des indépendants, des consultants et des travailleurs intérimaires pour compléter les compétences existantes;
  • BRIDGE : Aider les personnes à progresser vers de nouveaux rôles au sein de l’organisation.

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Freelances, entrez dans la puissance du collectif

Un jour le Dalaï lama a dit “Si vous avez l’impression que vous êtes trop petit pour changer quelque chose, essayez donc de dormir avec un moustique. Vous verrez lequel des deux empêche l’autre de dormir.” À vous, freelance, qui vous demandez encore ce que vos petits combats pourraient bien apporter à la planète “freelancing”, soyez le moustique, ce petit battement d’ailes, ce ZZzzz aux oreilles des dysfonctionnements. C’est aussi ce que vous conseillerait Delphine Abdelmoula , freelance aguerrie, plus qu’emballée par l’énergie du collectif. Ce vrombissement aigu qui pourrait bien révolutionner l’avenir du travail indépendant.

Le collectif est un projet ambitieux basé sur l’intelligence d’une communauté et l’implication active de ses membres.

Belgique, tu dors

Parce qu’“en Belgique, on est vraiment à la ramasse par rapport aux pays limitrophes. Il y a bien des collectifs de graphistes et de designers freelances qui ont vu le jour, mais qui n’ont, actuellement, pas l’ambition de construire une structure à plus grande échelle, avec mise en place d’une forme de gouvernance. Dans d’autres domaines, il y a aussi eu des tentatives, des brouillons de collectifs qui se sont malheureusement vite soldés par un échec. Le collectif est un projet ambitieux basé sur l’intelligence d’une communauté et l’implication active de ses membres. Sans ces éléments, les murs s’effondrent, la structure est trop fragile.”

Étendre La Collab à la Belgique

Déjà un an et demi que Delphine Abdelmoula a rejoint La Collab , un collectif français de freelances, spécialisés dans les métiers de la communication, du marketing et du digital, établi depuis 2015. Solide et rayonnant. Un an et demi qu’elle est poussée au dos par la même ambition : étendre La Collab à la Belgique, “créer une ville” comme ils disent là-bas, ouvrir Bruxelles aux ébullitions solidaires de la communauté.

En entrant dans La Collab, j’ai pris la meilleure décision de ma carrière de freelance.” Le sourire est là, radieux. Elle fait maintenant partie de quelque chose, d’un tout si singulier. “Je suis dans La Collab comme en famille, avec des gens que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam hier et qui sont aujourd’hui comme des complices de toujours, venus relier leur énergie à la mienne. Et puis, il y a eu l’arrivée de grands projets pro dans mon agenda, de vrais booster de créativité.” Le collectif a fait sauter le verrou de l’isolement et de la répétition des tâches. Delphine Abdelmoula le sent et veut distiller cette liberté-là en Belgique, cet élan qui nous manque cruellement.

Ce sont des talents qui se mettent ensemble pour pouvoir monter en puissance et avoir accès à des projets auxquels ils ne pourraient normalement pas accéder seuls.

Alors, plateforme ou bureau de placement ?

Ni l’un ni l’autre, et les deux à la fois. En fait, tant les codes de la plateforme que de l’agence de placement sont repris par le collectif, à la différence qu’ils interagissent dans un écosystème beaucoup plus vaste, régi par des valeurs propres (rarement brandies comme étendards au sein des business model actuels).

En expliquant La Collab, Delphine Abdelmoula revient sur les spécificités du collectif en lui-même. “De base, c’est une entreprise sociale et solidaire, dont l’ambition première n’a rien d’économique. La Collab souhaite créer une communauté de freelances passionnés par le métier. Professionnels et compétents. D’ailleurs, ce ne sont pas moins de 160 membres actifs qui, aujourd’hui, participent à son rayonnement. Ce sont des talents qui se mettent ensemble pour pouvoir monter en puissance et avoir accès à des projets auxquels ils ne pourraient normalement pas accéder seuls. C’est monter des équipes ensemble pour créer un service sur mesure, pouvoir répondre à tous les besoins de nos clients ou à des appels d’offres, dans un esprit solidaire.”

On ne transige pas avec les valeurs

“Respect, transparence, bienveillance…, on a une charte de valeur que les freelances ET les clients signent au démarrage de leur projet. On ne plaisante pas du tout avec ça. Parvenir à préserver ces valeurs avec autant de gens, c’est un challenge. L’idée se traduit par des projets communs, un mode de travail basé sur l’égalité et la coopération, la cocréation et la montée en compétences commune. Il y a, d’un côté, des freelances bien établis et de l’autre, des freelances qui sont plus juniors. Nous, en tant que meneurs de projet, on va les mettre en priorité sur les missions. On va essayer de les recommander à des clients, qui peuvent compter sur les juniors en toute sérénité parce qu’il y a les seniors autour.”

Attentiste s’abstenir

Le concept de collectif est un concept mu par la réciprocité. Entrer dans la communauté en attendant que les missions tombent du ciel ? Il y a erreur dans l’énoncé. “À la base, ce sont les freelances qui amènent les clients. Il n’est pas question de venir dans une démarche attentiste, ce qui, en passant, a certainement causé la perte de bon nombre de collectifs.

Avec La Collab, qui existe depuis 2015, on a la chance de profiter d’une bonne réputation en France. Par conséquent, il y a aujourd’hui pas mal de projets qui viennent, aussi, directement des clients. Ce sont alors les city leaders puis les meneurs de projets qui, sur base volontaire, prennent le projet à leur charge, qualifient la demande, établissent le budget et discutent des besoins du prospect. Par la suite, ils partent à la recherche de profils qui correspondent le plus à la demande.”

Et si vous vous posez la question du financement, La Collab vit du markup, un pourcentage ajouté au tarif du freelance qui est dispatché vers le meneur de projets, le pot commun local, La Collab Society et le collectif général.

Une vraie force de proposition

Le collectif n’est pas qu’une communauté… Il y a une volonté forte d’apprentissage et de formation continue par et pour les freelances, toutes les questions business y sont aussi abordées. Et, le collectif n’est SURTOUT pas une plateforme biberonnée à l’anonymat…

Faire reposer un projet sur un seul être humain, dans toute sa fragilité ? Pas question, on avance ensemble. “Il y a un essoufflement, l’heure de gloire des agences est un peu révolue. On va vers plus d’agilité et de sens dans ce qu’on fait. Le collectif est le modèle qui permet et rassemble tous ces éléments : d’une part la sécurité d’une structure qui est juridiquement et économiquement fiable, d’une autre part, la certitude de rencontrer des gens qui ont l’esprit entrepreneurial, dont l’approche permet de comprendre les tenants et aboutissants d’un projet, les besoins et les contraintes du client. Ces gens vont devenir de vraies forces de proposition.” Pour Delphine Abdelmoula, zéro doute, le collectif c’est l’avenir.

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Prouvé : ils sont peu à travailler via une plateforme numérique

Des statistiques importantes pourtant absentes

Vous suivez NextConomy ? Alors vous savez que nous marchons au rythme de l’actualité de l’avenir du travail, des freelances, de la ‘gig’ et surtout de la ‘talent’ economy… sur notre marché du travail. Mais un problème nous poursuit : l’absence de chiffres objectifs sur ces sujets. Et en ne se basant pas sur des faits et chiffres concrets, tout le monde peut prétendre ce qu’il veut. Personne n’en ressort vraiment grandi. (découvrez nos 5 propositions d’actions concrètes pour le marché du travail).

Résultats de l’enquête Statbel

Statbel a donc mené une enquête représentative auprès des 15-64 ans pour mesurer le nombre de personnes travaillant via les plateformes numériques. Pour parler d’emploi via une plateforme, le travailleur doit avoir travaillé au moins 1 heure pour un ou plusieurs clients et l’attribution de ce travail doit se faire via une plateforme (ou application).

Que retenir ?

  • 000 personnes ont travaillé pour des plateformes numériques au cours des 12 mois précédant l’interview : 1,1% des 15-64 ans.
  • Pour 84,5% d’entre elles, ce n’était que pour une seule plateforme (livraison de nourriture, baby-sitters, services informatiques…)
  • 39,0% travaillent entre 1 et 9 heures par mois pour ces plateformes, et 19,6% entre 10 et 19 heures. Seulement 18,2% travaillent plus de 20 heures par mois pour une plateforme.
  • 25,7% n’ont tiré aucun revenu des plateformes le mois dernier, et 45,2% moins d’un quart de leur revenu total.
  • la répartition entre les hommes et les femmes (sur toutes les plateformes) est assez égale.
  • Statbel observe une surreprésentation de personnes hautement qualifiées: 54,2% des travailleurs de plateformes ont au moins un diplôme de l’enseignement supérieur, alors que cette proportion est de 36,8% dans la population totale.
  • 74,8% d’entre eux déclarent travailler, tandis que 16,3% sont étudiants.
  • les personnes travaillent principalement via des plateformes sous le statut d’indépendant.
  • Un peu plus de la moitié des travailleurs de plateforme ne sont pas assurés contre les accidents du travail, 65,8% ne sont pas assurés contre les maladies et 72,5% ne sont pas protégés en cas de chômage.
  • 41,6% ne sont protégés contre rien (ni contre le chômage, ni contre les maladies, ni contre les accidents du travail). 15,4% ont les trois assurances. 43% ont une ou deux assurances.

Et maintenant ?

Que va-t-on faire de ces résultats ? C’est la question. Le travail de plateformes représente un problème pour certains travailleurs. Et il doit être résolu, c’est incontestable. Mais nous constatons clairement que la part des “gig workers”, ou même de la “gig economy”, est très faible et à peine, voire pas du tout, vitale pour la majorité. NextConomy est impatient de savoir quand les chiffres réels de ‘l’économie des talents’ (bien plus importante et critique, pour notre économie) seront disponibles. À vous la parole StatBel ?

Bron: StatBel

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La reconversion dans les STEM ouvrira de nouvelles portes aux demandeurs d’emploi

Déjà confrontée aux retombées du Covid-19, à la guerre en cours en Ukraine et à l’inflation croissante, l’économie mondiale est encore affaiblie par une pénurie croissante de compétences en science, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM).

C’est la crainte nourrie par des organisations comme « Institution of Engineering and Technology » (IET), dont les membres vivent dans plus de 150 pays.

Un rapport de l’IET fait état d’une pénurie estimée d’environ 173 000 travailleurs dans le seul secteur STEM au Royaume-Uni, et préconise d’investir dans le développement des compétences STEM du personnel pour régénérer l’économie du pays. « Cette pénurie ne concerne pas seulement la création d’emplois, mais aussi la productivité des entreprises de toutes tailles et leur expansion sur les marchés. »

Le « Bureau of Labor Statistics » des États-Unis prévoit qu’entre 2022 et 2030, le nombre d’emplois nécessitant des compétences en STEM augmentera plus rapidement que les autres types de postes. Pourtant, les recherches de la « National Skills Coalition » ont révélé que près d’un tiers des travailleurs américains manquent de compétences numériques, pourtant essentielles pour pourvoir les postes vacants dans les STEM.

Un manque de compétences en STEM menace d’endiguer un nombre croissant de secteurs différents. Au Japon, les plus grands fabricants de semi-conducteurs du pays signalent qu’environ 35 000 ingénieurs devront être embauchés au cours des 10 prochaines années pour suivre le rythme des investissements.

Le besoin croissant en matière de numérisation, d’automatisation et de services technologiques en Inde a stimulé le marché du travail. Cependant, ces emplois sont « plus exigeants en compétences », selon le rapport « Digital India » de McKinsey. Les compétences rares souhaitées par les organisations comprennent la créativité et l’originalité, la pensée et l’analyse critiques, le raisonnement et la résolution de problèmes, le leadership et l’influence sociale ainsi que la prise d’initiative.

Accélérée par la pandémie de Covid-19, la croissance rapide des nouvelles technologies signifie que les travailleurs devront continuellement mettre à jour leurs compétences ou se reconvertir : « La future main-d’œuvre devra développer ses talents, apprendre tout au long de sa vie et réinventer sa carrière », déclare le rapport de l’IET. Cela signifie que les secteurs et le gouvernement doivent « s’adapter à la nature changeante du travail en se concentrant sur la formation des personnes pour les emplois de demain ».

Programmes de formation soutenus par le gouvernement

Les compétences STEM sont demandées, mais comment les candidats potentiels peuvent-ils les acquérir ? Avant de commencer votre recherche, n’oubliez pas que vous en possédez peut-être déjà : la communication, la résolution de problèmes, le travail d’équipe et la gestion de projet sont des compétences transférables qui peuvent vous aider à obtenir un emploi dans les STEM.

Ensuite, soyez clair(e) quant à votre objectif de carrière : quel emploi recherchez-vous ? Dans quel secteur ? La réponse à cette question vous aidera à déterminer les qualifications ou les compétences dont vous avez besoin.

Vous pouvez commencer par une formation, comme celles qui sont désormais mises à disposition sur la plateforme Skills for Life par le gouvernement britannique. Le programme allemand de bons d’activation et de placement couvre également le coût des formations pour les demandeurs d’emploi qui souhaitent acquérir des compétences supplémentaires.

Le Royaume-Uni a récemment vu la création d’instituts de technologie qui regroupent des établissements d’enseignement supérieur, des universités et des employeurs locaux pour fournir une éducation STEM de haute qualité (principalement aux niveaux 4 ou 5) aux personnes de tous âges.

Être payé pour apprendre

Les programmes d’apprentissage permettent également de former de nouveaux talents STEM, offrant la possibilité d’acquérir de nouvelles compétences, de l’expérience sur le lieu de travail et d’être rémunéré.

Il existe des parcours professionnels STEM que vous pouvez suivre sans avoir de diplôme. Cependant, pour certains domaines comme l’ingénierie, une formation officielle est requise, vous devrez donc peut-être retourner à l’université pour obtenir le diplôme que vous visez.

Chaque pays possède plusieurs universités qui proposent des cours liés aux STEM. Si vous ne remplissez pas les conditions d’inscription mais que vous avez un certain âge et de l’expérience, vous pouvez poser votre candidature à certains programmes. Contactez directement l’université, car vous devrez peut-être passer un examen d’admission différent.

Si vous n’obtenez pas une note suffisante, vous devrez passer ou repasser certains examens pour obtenir le score nécessaire. Plusieurs options s’offrent à vous : dans une université locale ou même en apprentissage à distance.

Lydia Amarquaye est conseillère en politique de développement professionnel et éducative pour l’Institution of Mechanical Engineers, qui compte des membres dans 140 pays. Elle déclare : « On n’accorde pas assez d’importance aux STEM ; il reste donc du travail à faire pour sensibiliser à ces disciplines et aux perspectives de carrière qu’elles engendrent. »

Elle souligne que l’acquisition de compétences STEM recherchées peut « ouvrir beaucoup de portes » pour ceux qui cherchent à acquérir de nouvelles compétences ou à se reconvertir.

Il ne fait aucun doute que les compétences STEM sont demandées dans le monde entier. Les efforts déployés par le gouvernement de nombreux pays, commencent à pallier ce manque de compétences. Pour les candidats à l’emploi, les formations STEM représentent une opportunité majeure.

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La vitalité de notre économie est-elle en pause ?

Chaque année, UCM, Unizo et GraydonCreditSafe mènent un relevé précis de l’activité entrepreneuriale de notre pays. Le résultat ? Le fameux Starter Atlas 2023. Cette photographie donne un état des lieux réel du secteur et des urgences incontournables. En 2022, 115.645 nouvelles entreprises individuelles et sociétés ont été créées en Belgique. Soit une diminution par rapport à 2021 (-3.5 %).

Aucune province n’échappe à la baisse de créations

  • Flandre -3.6 %
  • Région wallonne -2.6 %
  • Bruxelles -0,4%

Et pour le paysage francophone, UCM indique que c’est en Brabant wallon que la densité entrepreneuriale est la plus forte en Wallonie (près de 10 starters pour 1.000 habitants). Luxembourg et Hainaut étant les moins denses.

Le nombre de starters diminue – une première depuis dix ans – , le nombre de freelances augmente, l’embauche se fait plus tardive. Sans doute pour réduire les coûts salariaux, mais avec un impact certain sur la santé des indépendants  – Arnaud Deplae, secrétaire général UCM

Qui et dans quels secteurs ?

  • 4 entreprises sur 10 ont été créées par des femmes
  • Près de deux nouvelles entreprises sur cinq (39,7%) sont actives dans les services.
  • En dehors de l’Horeca (9,17%) et des services (+2,44%), tous les groupes sectoriels enregistrent des baisses.
  • Les reculs les plus importants sont enregistrés dans le commerce de gros et de détail, l’industrie, la construction, le transport et les professions libérales.
  • À l’inverse, les bureaux de Conseil, les activités de revalidation ambulatoire et la construction constituent le top 3 des secteurs d’activité des créateurs.
  • Près de 7 entreprises sur 10 ont 5 ans. C’est à Bruxelles où les entreprises de cinq ans au moins sont les plus nombreuses (66.1 %) avant la Flandre et la Wallonie.
  • Le taux de survie le plus faible en Wallonie est enregistré en Hainaut (63,9%) et le plus élevé dans le Brabant wallon.
  • Le commerce de gros (77,3%), l’industrie (71,2%), la construction (70,7%) sont les secteurs où le taux de survie à 5 ans est le plus élevé. À l’inverse, le transport, l’Horeca et le commerce de détail sont les secteurs avec les pires taux de survie à 5 ans.
  • Près de 3 entreprises sur cinq créées en 2018 ne montrent pas de faiblesses financières significatives, les entreprises en personne physique se portent en moyenne mieux que celles en personne morale.

Téléchargez le Starter Atlas

Selon UCM, les starters wallons et bruxellois engagent plus vite un collaborateur au cours de la première année d’existence de l’entreprise que les Flamands. Si le pourcentage faiblit au fil des années, une des pistes d’explication se trouve peut-être dans le nombre croissant de freelancers.

« Chez UCM, nous sommes particulièrement préoccupés par les résultats du Starter Atlas 2023. Le nombre de starters diminue – une première depuis dix ans – , le nombre de freelances augmente, l’embauche se fait plus tardive. Sans doute pour réduire les coûts salariaux, mais avec un impact certain sur la santé des indépendants » souligne Arnaud Deplae, secrétaire général UCM.

Source : article UCM

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