Monthly Archives: avril 2020

Guide générique pour lutter contre la propagation du COVID-19 au travail

Afin d’aider les entreprises dans la reprise progressive des activités économiques, les partenaires sociaux du Conseil supérieur pour la prévention et la protection au travail, en concertation avec la Cellule stratégique de la ministre de l’Emploi et des experts du SPF Emploi ont rédigé un guide générique (PDF, 5.63 Mo), pour lequel le « Corona-toolbox », élaboré par l’Economic Risk Management Group a servi de source d’inspiration précieuse.

Ce guide fournit un cadre avec des mesures qui doivent être adaptées par les différents secteurs et par chaque employeur à leurs spécificités afin de garantir que les activités puissent reprendre dans les conditions les plus sûres et les plus saines possibles, de manière à éviter un nouveau pic de contamination au coronavirus.

 

Deze gids is ook in het Nederlands beschikbaar.

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100 idées innovantes pour recruter des talents (et les faire grandir)

100 idées et 4 thèmes

À l’heure où nous écrivons cet article, le fruit du travail de Laetitia Vitaud n’est pas encore publié. Elle puise son inspiration dans son quotidien, notamment comme rédactrice en chef d’un média B2B. « Jérémy Clédat et moi avons relevé le défi de réunir une centaine de conseils dans un seul ouvrage, en les segmentant en quatre thèmes. Un ouvrage destiné aux managers et aux professionnels RH ».

  1. La Marque employeur : « évitez le bullshit »

Les marques comme les entreprises s’efforcent de soigner leur image. Dans ce chapitre, les deux co-auteurs explorent les évolutions de l’Employer branding. « L’outil échappe bien sûr aux entreprises puisqu’il se trouve désormais entre les mains des talents, ceux qui le vivent. Beaucoup d’entreprises devraient d’ailleurs éviter ce sujet tarte à la crème qu’est la quête de sens et de valeurs. Au même titre que le ‘greenwashing’ qu’on connaît depuis quelques années déjà », souligne Laetitia Vitaud. « Aujourd’hui, les candidats disposent d’un radar à bullshit, et apprécient plutôt la simplicité et l’honnêteté.

  1. Le recrutement : « devenez une école »

Nous connaissons une pénurie pour certains profils, jusqu’ici rien de neuf direz-vous. Mais Laetitia Vitaud porte un regard innovant : « Il faut élargir son vivier de talents en osant la mixité sociale et la mixité de genre. L’innovation consiste à recruter les ressources les plus difficiles à trouver, les talents qui cherchent des challenges. Bref, dénicher des profils différents via des sources différentes de celles utilisées par les concurrents. Demain, recruter sera synonyme de former, à l’image d’une école.


Laetitia Vitaud est auteure sur le futur du travail, et freelance pure souche. Elle est également rédactrice en chef du média B2B de ‘Welcome to the Jungle’. Son nouveau livre ‘100 idées innovantes pour recruter des talents, et les faire grandir’, co-écrit avec Jérémy Clédat (CEO de Welcome to the Jungle France) paraîtra le 27 mai 2020 aux Éditions Vuibert.


  1. Environnement de travail : « pensez aaS »

Les co-auteurs n’avaient pas idée de l’énorme pertinence que les vingt-cinq sujets abordés dans ce chapitre auraient avec la crise du Covid-19 : télétravail, équipes dispersées, bureau aaS (as a service), etc. « On aborde les conséquences physiques et psychologiques pour les travailleurs, et c’est encore plus vrai aujourd’hui. L’environnement de travail n’est plus une donnée figée mais une combinaison d’éléments comme le lieu de travail, l’ergonomie et les outils mis à disposition ». Laetitia Vitaud nous parle même de renaissance du coworking, qui selon elle aura lieu lorsque le ‘bureau’ sera considéré comme un coût variable.

  1. Le développement : « think out of the box »

Voici sans doute le chapitre le plus important. Car « recruter c’est bien, mais le meilleur reste encore à venir ! », annonce Laetitia Vitaud. « Et ne confondez pas ‘développement’ et ‘rétention’, car l’un permet de faire grandir les talents, l’autre est une forme d’emprisonnement. D’ailleurs, les entreprises qui appliquent cette dernière politique font probablement preuve d’un manque de mobilité en interne ». Selon l’auteure, les indicateurs de rétention ne sont pertinents que lorsqu’ils sont comparés à l’engagement, à l’évolution, à la mobilité, à la satisfaction et au benchmarking. « Développer les talents, c’est penser formation, mobilité, co-leadership… et dépasser le cadre souvent trop strict des RH. »

 


La sortie du nouveau livre de Laetitia Vitaud ‘100 idées innovantes pour recruter des talents, et les faire grandir’ est prévue le 27 mai 2020. Les plus impatients peuvent déjà feuilleter ici le sommaire et quelques extraits.


 

Lire aussi : Quand les bullshit jobs et la recherche de sens mènent au freelancing

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L’approche de Marc Noppen, CEO de l’UZ Brussel, par rapport à la crise du coronavirus : « Perfection is the enemy of the good »

La crise du Covid-19 est d’une ampleur et a un impact auxquels personne ne pouvait raisonnablement s’attendre. Mais on a vu votre organisation et les autres institutions de santé réagir promptement et efficacement. Qu’est-ce qui vous a essentiellement permis de réussir ?

  • Car l’état d’urgence était à son paroxysme.

Marc Noppen : « Nous avions l’avantage de ne pas être le premier pays après la Chine à devoir affronter le coronavirus. Nous avions comme exemple l’Italie, et nous avons pu constater avec un décalage de dix jours l’énorme impact sur leur système de santé. Nous avions à tenir compte d’un taux de mortalité (the case fatality rate) dû au Covid-19 fort probablement 30 fois supérieur à celui du virus influenza. Avec le Covid-19, il y a une probabilité de 1,5 à 3 % (les chiffres ne sont pas encore arrêtés) que les personnes infectées soient gravement malades ou meurent, alors que le ratio pour la grippe n’est que de 1 ‰. Si les cas avérés entrent dans le système des soins de santé sur une courte période, le système va se noyer. C’est ce qui s’est produit chez nos voisins italiens. Une situation d’urgence était clairement de mise. »

Une seule chose compte désormais : la célérité. Le plus grand danger étant de s’empêtrer dans les détails.

  • Speed beats perfection

Marc Noppen : « Les deux premiers patients atteints du Covid-19 sont arrivés dans notre hôpital le soir du vendredi 6 mars. Et dès le samedi matin, nous avons commencé le basculement. Nous sommes très rapidement passés en mode de crise, avec instauration d’un plan d’urgence. » Une seule chose compte désormais : la célérité. Le plus grand danger étant de s’empêtrer dans les détails. Perfection is the enemy of the good. S’accrocher au souci de perfection ou vouloir trop bien faire devient alors pour le moins néfaste.

  • Executive power

Marc Noppen : « Les jours qui ont suivi, nous avons adapté la gouvernance de notre hôpital. En situation normale, le comité exécutif rend compte au conseil d’administration, c’est le processus  de pilotage de l’hôpital. Les décisions importantes sont donc prises en suivant ce schéma décisionnel. Nous sommes quasi instantanément passés à un système de gestion avec ‘les pleins pouvoirs’, afin d’obtenir une capacité décisionnelle plus directe. Le comité exécutif a été élargi avec six spécialistes, pour former la cellule de crise. Nous avons bien entendu demandé l’approbation de notre conseil d’administration et du commissaire du gouvernement, afin de garantir la valeur juridique de notre action. Ainsi, nous étions en quelque sorte titulaire d’une executive power pour mener l’hôpital à travers la crise en bons gestionnaires. »

L’essentiel est de disposer d’une unité de commandement, d’une unité d’exécution et d’une unité de communication.

  • Un seul centre de décision et une communication rationnelle

Marc Noppen : « La cellule de crise a été déclarée seul centre de décision de l’hôpital. Ce qui coupe court aux initiatives parallèles. L’essentiel est de disposer d’une unité de commandement, d’une unité d’exécution et d’une unité de communication. Ensuite, l’intranet a été déclaré seule source officielle d’information. Tout ce qui n’en émane pas n’a aucune valeur. Des flux de communication parallèles vont apparaître via les e-mails, les groupes Facebook, et parcourent les couloirs. L’équipe de communication s’est dès le départ impliquée. Elle alimentait l’intranet en continu avec les dernières mises à jour. Chaque matin à 8:00, un live stream est publié avec un point sur la situation et les décisions prises. Chaque membre du personnel peut s’informer en direct ou en léger différé. Les décisions et les chiffres issus des réunions de la cellule de crise sont ainsi mis en ligne. La transparence est bel et bien totale. Au début de la crise, les membres de la cellule se rencontraient chaque jour à 8h30 et à 17h, puis nous sommes passés à une fois par jour. Actuellement, la fréquence est de 3 fois par semaine. »

Il faut savoir dire à point nommé ‘cut the crap’ (+/- Allons à l’essentiel), et imposer ce que nous allons faire. Il n’est pas toujours besoin d’attendre pour être sûr d’avoir toutes les données.

Et quid si les membres de la cellule de crise ne sont pas tous d’accord sur un point ? 

Marc Noppen : « C’est bien sûr arrivé. Lorsqu’on dirige une cellule de crise, il faut savoir prendre des décisions rapides et fermes. Encore une fois, perfection is the enemy of the good. Il faut savoir dire à point nommé ‘cut the crap’ et imposer ce que nous allons faire. Il n’est pas toujours besoin d’attendre pour être sûr d’avoir toutes les données. La chance de faire bien est beaucoup plus forte que celle de faire mal, et il n’y a pas de déshonneur à commettre une faute. Il n’y a pas vraiment la place pour débattre au sein d’une cellule de crise. Nous suivons les recommandations émises par les cinq groupes de travail traitant chacun de questions spécifiques. Il est toutefois important de garder la confiance de tous les collaborateurs de l’hôpital et d’avoir leur soutien pour l’approche choisie. L’encadrement de la direction, sur place 7/7, est donc primordial pour informer, valoriser et supporter le personnel. De l’intensive care aux magasins d’approvisionnement et aux cuisines.

Dans quelle mesure un plan d’urgence hospitalier est-il essentiel ?

Marc Noppen : « Notre plan d’urgence est un plan générique qui énonce les principes d’une approche de crise : comment vous organiser et comment travailler. Mais il n’est pas concrétisé pour chaque type d’évolution. Le plan correspond plus ou moins à celui mis en place il y a quatre ans après les attaques terroristes à Bruxelles et Zaventem. Il est crucial de réunir des experts au sein du comité exécutif et d’écouter l’avis de ces spécialistes. En somme, le même processus que celui appliqué par le gouvernement : il s’agit maintenant de faits, et non plus d’hypothèses. Ce que nous avons réalisé est bien spécifique et résulte des conseils des groupes de travail.

Avec le recul, auriez-vous pu faire mieux ?

Marc Noppen : « Rétrospectivement, peut-être. Rien qu’en parcourant la littérature à notre disposition, nous savions que cela arriverait un jour. Cette pandémie a été annoncée dans les moindres détails en 2007, lorsque les coronavirus ont été étudiés pour la première fois. Dès lors, en plus d’un plan générique, on aurait pu élaborer un plan concret en cas de pandémie contagieuse, qui aurait débouché sur un plan d’action détaillé. Il nous a donc fallu une ou deux semaines pour finaliser le basculement, car nous devions penser à tout jusqu’au moindre détail : quelle porte peut-on ouvrir et laquelle ne peut pas l’être, par exemple. »

Nous n’avons aujourd’hui pratiquement plus à cocher les cases des éléments que nous devons réaliser. Cela nous donne de l’impulsion et de l’élan.

Quels sont les effets positifs que cette crise vous a apportés ? 

  • Une volonté inépuisable

Marc Noppen : « Nous nous consacrons à cent pour cent à notre core business. Nous œuvrons pour que la vie l’emporte sur la mort. C’est pour cela que chacun de nous a choisi ce job. Nous n’avons aujourd’hui pratiquement plus à cocher les cases des éléments que nous devons réaliser. Cela nous donne de l’impulsion et de l’élan. Il est impossible de compter les initiatives et les idées qui nous parviennent, et cela vaut son pesant d’or. J’espère qu’après la crise cela va perdurer. J’aime aussi les ‘pleins pouvoirs’ qui nous ont été accordés, même si cela tenait plutôt du fantasme. »

  • À distance et agile

Marc Noppen : « Nous avons pris conscience de l’énorme sens de la flexibilité que possèdent les membres du personnel. Du jour au lendemain, ils ont dû adapter leur fonction, démontrant ainsi leur flexibilité. La plupart des barrières et des résistances que nous rencontrons habituellement sont donc d’ordre institutionnel. On ne pourra plus faire marche arrière sur les traitements à distance : the future will be remote. Preuve en est les téléconsultations. Après le Covid-19, elles pourront être poursuivies pour traiter de nombreux cas. »

Sachez donner confiance aux personnes, et vous recevrez leur confiance en retour. En général, cette confiance ne sera pas rompue.

  • La confiance

Marc Noppen : « J’ai également compris que nous avons les meilleurs experts en interne. C’est ce qui explique le volume de connaissances dont nous disposons. Sachez donner confiance aux personnes, et vous recevrez leur confiance en retour. En général, cette confiance ne sera pas rompue. Oui, vous aurez toujours un phénomène de rejet de deux pour cent, mais c’est également vrai lorsqu’on applique des mécanismes de contrôle. Il faut permettre le développement d’initiatives venant des experts du domaine. C’est alors que vont surgir une quantité incroyable d’idées créatives. Les personnes sont parfaitement capables de trouver par elles-mêmes leur chemin. »

Comment pensez-vous pouvoir garder cette constructivité ?

  • Le meilleur team building

Marc Noppen : « J’ose espérer que nous nous souviendrons encore longtemps de ce que vivons, et que nous poursuivrons dans cette voie. Je sais que parfois la mémoire est courte. Mais cela restera notre meilleur team building. Il y a trois ans, nous avons obtenu notre accréditation JCI, ce qui a également collaboré au bon esprit que nous connaissons. Mais pour nous, c’est l’examen pratique après la théorie. Ce serait bien si nous pouvions emporter avec nous cet esprit dans le post-Covid-19. »

  • Appel à nos décideurs politiques

Marc Noppen : « Ce que j’espère avant tout, c’est que ces évolutions apparaissent clairement à nos décideurs politiques, et que les querelles intestines prennent fin. J’espère que l’intérêt public sera à l’honneur dans les cercles politiques, et que les hommes et les femmes d’État agiront enfin en ce sens. Ce serait très utile si nos décideurs politiques venaient constater de visu comment s’organisent les soins de santé. En Belgique, nous avons 8 ministres en charge de la santé publique, mais c’est le roi Philippe qui s’est déplacé. De toute façon, il nous aurait honoré de sa visite. Ce qui produit un effet sur les personnes à ne sûrement pas sous-estimer. Quant aux ministres, on les attend toujours. Et l’argument du risque d’infection ne tient absolument pas.

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Rika Coppens (House of HR) : « Il faut laisser le choix du travail, de la formation et du time off ».

En ce sens, son entrée dans le monde du travail effectuée il y a quelques années au sortir de l’industrie pétrolière, est probablement moins étonnante qu’il n’y paraît. Ayant grandi dans un creuset d’indépendants, le travail a toujours fait partie de sa vie. « Je suis souvent irritée d’entendre ces présentateurs radio qui entament bon gré mal gré la semaine de travail le lundi, et qui prennent le large en fanfare le vendredi. Je trouve que l’on ne s’attarde pas suffisamment sur le plaisir que l’on peut éprouver dans son travail, sur l’estime que l’on peut porter à ses collègues. Que le lieu de travail est un endroit où vous pouvez vous exprimer, vous aérer et partager des idées. Travailler, c’est réaliser des choses ensemble, c’est pouvoir faire bouger les choses. Et pas simplement accomplir des tâches. »

Le leadership au féminin

En 2016, Rika Coppens est devenue CEO de House of HR, qui comprend le réseau d’agences d’intérim et de sélection Accent. Elle s’est retrouvée dans un environnement assurément plus féminin que ce qu’elle a connu précédemment. Rika Coppens : « C’est avant tout l’ADN du groupe qui correspond à ma conception du travail : la can-do mentality, le dynamisme, un esprit d’entreprise quasi légendaire. » Jusqu’alors, Rika Coppens avait surtout connu un monde essentiellement masculin dans un milieu financier. « Si le leadership féminin fait la différence ? Je n’en ai d’abord jamais douté et j’ai toujours cru à ma valeur ajoutée. D’autre part, il est scientifiquement prouvé qu’un mix bien pensé au sein des équipes, bien au-delà de la répartition hommes-femmes, apporte de la richesse aux organisations du fait d’un plus large échange des points de vue, des différentes perspectives et des idées plus ouvertement diffusées. En tout cas, il y va de l’intérêt de chaque entreprise d’investir dans ce domaine. »

Les entreprises qui affirment avoir tenté d’incorporer davantage de femmes, mais qui se sont rétractées pour cause de ‘non-fonctionnement’, devraient changer d’angle de vue.

Penser au-delà des structures traditionnelles

Rika Coppens invite les entreprises à se placer hors du cadre traditionnel. « Les entreprises qui affirment avoir tenté d’incorporer davantage de femmes, mais qui se sont rétractées pour cause de ‘non-fonctionnement’, devraient changer d’angle de vue. Pour reprendre les paroles d’Albert Einstein : ‘Insanity is doing the same thing over and over again and expecting different results’. N’hésitez pas à remettre en question votre structure organisationnelle et la composition de votre équipe dirigeante. Demandez-vous pourquoi les femmes et d’autres groupes sociaux sont notamment chez vous sous-représentés. Le travail en mode projet est-il à considérer de manière plus intense ? En remettant en question les bases et en les modifiant, vous entraînez d’emblée la diversité.


Women in Contingent Workforce Management

De plus en plus d’organisations professionnalisent l’engagement de leurs talents externes. NextConomy tenait donc à présenter une série d’interviews dont le thème central est ‘Women in Contingent Workforce Management’. Nous espérons que leur contenu saura inspirer et éclairer tous ceux et toutes celles qui sont impliqués de près ou de loin dans l’engagement d’externes. Nous voulons plus particulièrement dire aux femmes que des carrières passionnantes les attendent dans un domaine relativement nouveau et méconnu, mais qui est résolument tourné vers l’avenir et qui revêt une importance stratégique croissante pour les organisations.


Travailler dans le marché de l’emploi de demain

Aujourd’hui ‘travailler’ ne correspond plus à ce que l’on entendra demain par ‘travailler’, et c’est pour Rika Coppens une évidence. Rika Coppens : « La prise de conscience de notre société évolue. La pénurie que connaît le marché du travail influe sur la relation employeur/travailleur. La nouvelle prise de conscience par rapport à la mobilité nous fait réfléchir à la distance domicile-lieu de travail. C’est ainsi que naissent des choix délibérés de moins s’éloigner de son lieu de résidence. Citons également la possibilité de travailler de manière flexible, qui figure en bonne place sur la liste des priorités des travailleurs. » Selon Rika Coppens, c’est également un moyen de mieux répartir le temps de travail. Mais là où Rika Coppens insiste, c’est sur la perspective de permettre aux travailleurs de se former en permanence. « Lorsque vous savez que plus de 80 % des travailleurs en Flandre estiment ne pas avoir besoin de plus de formation, vous comprenez qu’il est grand temps d’actionner une ‘culture de l’apprentissage’. À l’inverse, il apparaît que les gens recherchent the broader purpose dans leur job. Ils veulent obtenir une vraie réponse à leur questionnement : ‘Pourquoi est-ce que je fais ce travail ? Que représente mon entreprise et quel est son avenir ? ‘.

Un Workforce planning peut devenir plus important qu’un planning financier.

La priorité du Workforce planning

Que doivent faire les entreprises ? Selon Rika Coppens, il y a des choses à mettre en priorité à l’ordre du jour. Car un Workforce planning est en passe de devenir nettement plus important qu’un planning financier. C’est la réponse à un tas de questions comme : ‘ Vers où se dirige notre entreprise ? Comment allons-nous nous organiser ? Qui devrions-nous engager ? Comment nous assurer de l’actualité de nos formations ? ’ Et comment fidéliser nos talents ? Une étude menée au Royaume-Uni montre que les travailleurs âgés entre 55 et 64 ans présentent une ancienneté moyenne de 10 années, alors que ceux âgés entre 25 et 30 ans présentent une moyenne de 2,8 années. Si vous voulez attirer et garder les jeunes, tenez compte qu’ils songent à changer de job tous les 2 à 3 ans.

Donner aux personnes la possibilité de personnellement choisir le pilier qu’elles jugent essentiel à un moment donné de leur carrière.

Time off, travail, formation

L’ambition de Rika Coppens est de poursuivre le développement de House of HR et de déployer les opportunités numériques qui s’offrent au secteur. Mais elle souhaite aussi que les défis du marché du travail soient mis à l’agenda des décideurs politiques. Rika Coppens plaide en faveur d’un réaménagement du marché du travail. Le principe de la rémunération liée à l’ancienneté doit laisser la place à la rémunération liée au travail. Bien gagner sa vie à 65 ans n’a en soi rien de logique. Cela devrait correspondre aux périodes où vous en avez le plus besoin, lorsque les enfants font des études par exemple. Vous pouvez instaurer un système d’épargne pour encourager les personnes à se préparer à prendre du time off, et ainsi vous permettre de réguler les revenus. Plutôt que de maintenir l’approche linéaire classique de formation/travail/pension, Rika Coppens préfère celle concomitante de travail, formation et time off. Cela donne aux personnes la possibilité de personnellement choisir le pilier qu’elles jugent essentiel à un moment donné de leur carrière.

Maintenir les thèmes sociétaux en dehors du débat communautaire

« Il y a en cela une tâche importante que les partenaires sociaux en Belgique doivent accomplir », dit Rika Coppens, et elle veut du reste tenir un rôle de par sa position dans le Conseil d’administration de Federgon. « La politique menée en Belgique ? Il est regrettable que des questions primordiales comme le travail et la pension s’enlisent invariablement dans une joute politico-communautaire, avec pour résultat qu’elles sont considérées comme des sujets tabous auxquels on peut à peine toucher. »

 


À propos de Rika Coppens

 

Rika Coppens rêvait de devenir pilote d’avion F-16. Le film culte Top Gun y est sûrement pour quelque chose, mais cela dévoile également un trait de son caractère : aventureuse, prompte, dynamique, et intéressée par la technique. S’imaginait-elle CEO ? « Je n’y avais jamais pensé, mais après coup, je pense que ce travail est parfaitement à ma mesure. Avec un père ingénieur civil, les attentes me concernant étaient grandes pour que je lui emboîte le pas, mais une orientation purement technique me semblait par trop restreinte. Je n’arrivais pas à choisir entre les langues, la physique et la technique, alors je me suis dirigée vers une formation générale d’ingénieur commercial. En tant que CEO, cette formation de généraliste me sert bien. Tout ce qui m’intéresse est comblé.


 

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Les freelances n’appartiennent pas à la couche flexible !

Comment définir le problème ?

Disons que vous employez 100 personnes : 70 sont salariés et 30 sont des freelances. Aux Pays-Bas, si à cause de la crise du coronavirus, il y a 30 % de travail en moins, les entreprises ont le loisir de réduire le travail de chacun des travailleurs occupés de 30 %. L’employeur peut dès lors faire appel à un fonds spécial afin de solliciter une allocation permettant d’intervenir dans les coûts salariaux de son personnel fixe. La seule condition est qu’il n’y ait pas de licenciements secs. Il n’y a pas d’obligation de d’abord se séparer des freelances.

En Belgique, il est interdit aux entreprises de faire appel à des freelances lorsque les travailleurs salariés occupant la même fonction sont en chômage temporaire pour raisons économiques. L’entreprise doit donc légalement rompre le contrat avec ses freelances qui effectuent les mêmes tâches que certains de ses travailleurs fixes, même s’il existe une autre solution. Pas facile à avaler pour les freelances bien sûr, qui se retrouvent démunis de leur mission et de leur revenu. Lorsque l’économie reprendra, cela va également représenter pour l’entreprise un risque et un coût. On devra probablement à nouveau engager ces freelances de confiance, à condition qu’ils soient encore disponibles. Dénicher de nouveaux talents sera une opération longue et coûteuse. Le risque que l’organisation rencontre des difficultés lors de sa relance post-crise est donc bien réel.

Les freelances n’appartiennent pas à la couche flexible !

Nous connaissons le modèle organisationnel où 80 % des collaborateurs sont inscrits sur le payroll et 20 % sont des externes. Ce modèle remonte aux années 90, et ces 20 % de talents externes étaient des travailleurs intérimaires. Souvent, il s’agissait de talents moyennement qualifiés affectés à des tâches exécutives.

Selon le récent rapport Freelancer Focus (octobre 2019) d’UNIZO, il existe en Flandre et à Bruxelles 166.000 freelances actifs, et selon le rapport SERV de 2017, plus de 210.000 freelances occupés en Belgique. Les deux études s’accordent à dire que le profil de la grande majorité de ces freelances est de niveau élevé à très élevé (master de spécialisation), qu’ils sont âgés entre 35 et 54 ans, et disposent d’une expertise confirmée.

Ces freelances ne sont certainement pas en poste pour effectuer des tâches exécutives, que du contraire. On sait que nombre d’entre eux assument des tâches absolument essentielles pour les entreprises. Leur pourcentage peut atteindre 40 %, ou même plus, de l’ensemble des collaborateurs d’une organisation, selon le secteur d’activité et l’expertise requise.  Ce sont des experts de niche qui permettront aux entreprises de marquer la différence lorsqu’il faudra reconstituer sa clientèle après la crise du COVID-19.

Gestion globale des talents

Les organisations ont besoin d’un cadre législatif pour constituer un bon management d’engagement. Elles doivent pouvoir traiter sur un même pied d’égalité tous ceux et toutes celles qui contribuent à leur succès, que ces travailleurs soient ou non repris sur leur payroll. C’est ce qu’on désigne par la Gestion globale des talents ou Total Talent Management (TTM). Chaque talent est important, lorsque tout va bien, mais également quand ce n’est pas le cas. Et les différentes formes de contrat ne devraient être qu’un détail administratif.

Mais la législation sociale actuelle ne permet pas toujours une telle approche. Le monde du travail et l’économie qui attendent les entreprises dans l’après-coronavirus, risquent d’être plus instables. Il appartient donc à nos autorités publiques de permettre aux organisations de s’attacher chaque talent au mieux, même lorsqu’il ne figure pas sur son payroll. Les freelances n’appartiennent pas à la couche flexible !

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Learning by doing : qui sont ces étudiants qui entreprennent ?

La force sociologique

Être un étudiant-indépendant reconnu, ça signifie concrètement ne payer que très peu voire aucune cotisations sociales, dans la mesure où on affiche un bénéfice annuel inférieur à 13.550,50€. Un incitant financier qui peut séduire, mais qui n’influence pas tellement les jeunes concernés. Sophie Joris est directrice de l’incubateur liégeois VentureLab. « C’est une reconnaissance des autorités de l’État fédéral qui dit « On soutient que tu étudies et que tu travailles pour entreprendre en même temps. » C’est un encouragement à gérer cette double-vie, ça ouvre à de nouvelles façons de penser qui peuvent influencer les professeurs et les parents qui auraient été réticents au départ. » Selon les facultés, des aménagements seront d’ailleurs plus facilement acceptés pour ces étudiants particuliers reconnus. « C’est comme avoir une carte d’identité qui reconnait qu’on est étudiant et entrepreneur en même temps, et qu’on peut utiliser pour demander : me soutenez-vous dans ce projet ? », ajoute Sophie Joris.

Un enthousiasme générationnel ?

Le VentureLab s’est penché sur une étude selon laquelle 93% des moins de 30 ans ont envie d’entreprendre, mais 3% seulement passent le cap, malgré le soutien du fédéral. Un gap important qui ne s’explique pas par des manques de moyens, d’idées ou de possibilités. La confiance en soi reste finalement un moteur très fort pour se lancer. Mais la directrice du VentureLab est confiante et constate que les choses sont en train de changer au niveau sociologique. « Ces cinq dernières années, la parole des jeunes et les innovations qu’ils apportent sont beaucoup plus portées et écoutées qu’avant, tant au niveau politique qu’au cœur des entreprises. Il y a tout un environnement qui crée cela, notamment grâce à ce qui a été mis en place par les gouvernements. » 

Learning by doing

Avoir de bonnes idées, ce qu’il faut de courage et de soutien, c’est bien, mais ce n’est pas suffisant. Sophie Joris insiste également sur l’importance de s’organiser. « Au VentureLab, on reste persuadé qu’il faut d’abord réussir ses études, aller jusqu’au bout pour confirmer son projet. Mais en tant qu’incubateur, on est là pour leur permettre de tester, de se former sur le terrain. Le « learning by doing » c’est quelque chose d’exceptionnel si on arrive à gérer ses deux vies. Pour certains jeunes c’est compliqué, et ce n’est pas grave. Ils y reviendront plus tard.»

 


VentureLab

En tant qu’incubateur qui aide les étudiants et jeunes diplômés de l’enseignement des provinces de Liège et de Luxembourg, le VentureLab se présente souvent comme « Le chaînon manquant dans le soutient à l’entrepreneuriat des étudiants lorsqu’il s’agit de passer à l’acte. » Avec un espace de co-working, des formations mais aussi un accompagnement assuré par des entrepreneurs reconnus, les jeunes sont suivis à toutes les étapes de création de leur entreprise, renforcés par l’expérience et le réseau des professionnels qui les entourent.
Plus d’informations sur le site internet : www.venturelab.be


 

L’engagement

Finalement, est-ce que tout ça serait surtout une question de profil, de personnalité ? Certaines qualités intrinsèques sont en tout cas indispensables, selon la directrice du VentureLab. « On observe que ceux qui mènent leur projet jusqu’au bout ont un taux de réussite plus élevé, malgré cette double-vie et les impératifs qu’elle induit. Ils ont en fait une meilleure disposition à s’organiser, pour pouvoir bien fonctionner dans leur double-engagement. C’est la porte d’entrée, c’est essentiel, et ça ne s’apprend nulle part ! Le tout c’est d’être clair sur ce qu’on veut et dans quoi on s’engage. »

Leurs secteurs

Ces dernières années, les étudiants entrepreneurs débordent surtout d’idées autour de ce qui tourne autour de l’agro-alimentaire, depuis les bière artisanales jusqu’aux couverts alimentaires dans la lutte contre le plastique. Il y a aussi beaucoup de services aux personnes autour du bien-être et de la santé, avec une belle place accordée à l’IT en tant qu’outil. « Du côté des business-plans, les jeunes commencent généralement par avoir des idées en B2C, basées sur leur expériences des choses et de l’économie. Mais quand ils sont accompagnés par des entrepreneurs confirmés, ils changent vite de point de vue et se tournent alors vers le B2B », conclut Sophie Joris. Des jeunes enthousiastes, flexibles, organisés et pleins d’idées qui seront assurément les grands indépendants de demain… voire de maintenant.

Auteur: Lucie Hernant

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