Monthly Archives: janvier 2019

15 nouvelles tendances du monde du travail

C’est lors du Forum économique mondial de Davos de 2011 que ManpowerGroup avait annoncé l’avènement de l’ère de l’humain (le Human Age), une nouvelle ère où le talent – et non plus le capital – allait s’imposer comme le principal facteur de différenciation des entreprises. Aujourd’hui, dans un environnement toujours plus volatile, incertain, complexe et ambigu (VUCA), le Human Age évolue vers une véritable Révolution des Compétences.  Le concept de ‘learnability’ (capacité d’apprentissage et d’adaptation) s’impose comme la priorité numéro 1 dans la gestion des carrières et des talents.

Sous la poussée des innovations technologiques, le monde du travail poursuit sa transformation à un rythme jamais observé auparavant. Les quatre forces identifiées dans le passé par ManpowerGroup – les choix individuels, la sophistication des besoins des clients, la révolution technologique et les mutations démographiques –  continuent de déterminer le futur du travail en ouvrant de nouveaux horizons.

L’ère industrielle caractérisée par le modèle du ‘travail à vie du lundi au vendredi de 9h à 5h’ où l’employeur fixait les règles tout seul dans des structures opaques et peu flexibles fait désormais partie du passé. Le Human Age a mis le talent au cœur des organisations, et les technologies ont permis aux entreprises et aux individus de réinventer le travail, en développant non seulement de nouveaux modes d’organisation plus agiles,mais également des relations de travail davantage basées sur la collaboration que sur la subordination.

Face à ces évolutions, les pénuries de talents se sont aggravées pour toucher aujourd’hui les entreprises à un niveau jamais atteint. Selon la dernière enquête de ManpowerGroup (**), elles concernent 45% des employeurs au niveau mondial, 43% au niveau de la région EMEA et 35% au niveau de la Belgique.

 ‘Learnability’ : priorité numéro 1 dans la gestion des carrières et des talents

Selon ManpowerGroup, l’accélération de la digitalisation et l’avènement de la robotisation vont amener tous les acteurs du monde du travail à anticiper de nouvelles évolutions.  Philippe Lacroix, Managing Director de ManpowerGroup BeLux : « Aujourd’hui, le principal défi des entreprises consiste à pouvoir gérer en permanence le changement. Pour y arriver, elles doivent pouvoir disposer des compétences nécessaires pour faire face au futur. Dès lors, le concept de learnability – la capacité d’apprentissage et d’adaptation – est devenue la priorité numéro 1 dans la gestion des carrières et des talents. Avant-hier, on recrutait sur la base des capacités acquises, hier, on mettait l’accent sur la passion et aujourd’hui, on examine le désir d’apprendre en permanence. »

 

 

Ce constat est partagé par les 19.000 employeurs de 44 pays sondés par ManpowerGroup qui a présenté les conclusions de son enquête au Forum de Davos. 84% d’entre eux prévoient de renforcer les compétences de leurs collaborateurs d’ici 2020, alors qu’ils n’étaient que 21% à l’envisager en 2011. C’est un signe de la prise de responsabilité accrue des employeurs face à cet enjeu majeur de l’employabilité« La polarisation entre les individus qui disposent des bonnes compétences et ceux qui ne les ont pas risque encore de s’accroître à l’avenir.  La difficulté d’apprendre et de s’adapter deviendra la principale cause de chômage. Il est dès lors urgent de bâtir une véritable culture de l’apprentissage », insiste Philippe Lacroix.

 

Parmi les autres tendances du futur du travail, ManpowerGroup met en évidence les enjeux de transparence liés à la protection des données. Un autre enjeu majeur sont les évolutions liées aux frontières et leurs conséquences sur le commerce international et la mobilité des travailleurs : des frontières fermées lors de la Révolution Industrielle, des frontières ouvertes lors du Human Age et des frontières incertaines à l’avenir.  Un constat plus que jamais d’actualité avec la perspective du Brexit.

 

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Le client et le freelance apprennent à mieux se connaître

« L’année 2019 sera à coup sûr celle du rapprochement entre freelances et clients. Le marché des freelances a acquis plus d’assurance : la demande en freelances est en augmentation, et l’offre l’est tout autant. Grâce aux plateformes en ligne et aux réseaux personnels qui ne cessent de s’étendre, les parties se trouvent de plus en plus facilement. »

La transparence a pris de l’importance

« Les plateformes en ligne permettant à des clients et des freelances de rentrer rapidement en contact sont de plus en plus nombreuses, et ce également dans notre pays. Les entreprises s’inscrivent sur une ou plusieurs plateformes, ce qui leur donne accès à une offre large et variée en ‘royalty-free’, et par définition sans prise de pourcentage sur le tarif de prestation des freelances. De leur côté, les freelances vont dans le même esprit en tenir compte. Un logiciel va aider à trouver le match. Un abonnement raisonnable pour les clients, un abonnement gratuit pour les freelances, et l’exclusion de tout intermédiaire vont garantir l’ouverture du marché et la transparence des tarifs pratiqués. »

La valeur ajoutée

« Dès lors, les tierces parties, ou si vous préférez les intermédiaires, ont de plus en plus de difficultés à justifier leur valeur ajoutée. Les marges, souvent élevées, pratiquées par ces intermédiaires vont de plus en plus subir des pressions. En éliminant ces marges, les tarifs des freelances sont plus en phase avec le coût salarial des collaborateurs fixes. Cette prise de conscience est bien réelle, tant auprès des freelances que des entreprises. »

L’expertise de niche reste la pierre d’achoppement

« Certaines fonctions de pointe se font également rares sur les plateformes en ligne. Cela concerne les profils les plus demandés, parmi lesquels les project managers, les marketeurs en ligne et les spécialistes RH. La pénurie qui frappe les experts de niche et les profils en sur-demande se retrouve également sur les plateformes en ligne. Les intermédiaires spécialisés dans ces types de profils peuvent toutefois encore faire ici la différence. »

En ligne et sans tierces parties

« On constate bel et bien une nette évolution sur le marché des freelances ! Les entreprises et les freelances veulent entrer en contact de façon la plus optimale possible. Les plateformes en ligne proposent des réelles économies d’échelle, se développent rapidement et sont accessibles 24/7. Comme chez nos voisins, les canaux en ligne vont chez nous aussi monter en puissance en 2019. »

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Bientôt des intérimaires dans les services publics fédéraux

En 2019, les services publics fédéraux pourront à leur tour faire appel à des travailleurs intérimaires. Tout comme en Flandre, les employeurs publics au niveau fédéral pourront désormais employer des intérimaires afin de faire face rapidement aux divers aléas : remplacement imprévu, accroissement soudain de la charge de travail, circonstances exceptionnelles. Sont concernés dans la fonction publique fédérale non seulement les services publics fédéraux, mais aussi les entreprises publiques autonomes telles que Bpost, Proximus, …

Herwig Muyldermans, Directeur général de Federgon, parle d’une avancée historique. « De nombreux employeurs du secteur public demandaient depuis très longtemps déjà la possibilité de recourir au travail intérimaire, car ils ont besoin, au même titre que toute autre organisation, d’avoir un accès rapide et flexible au marché du travail. Et cela ne peut que bénéficier à la Gestion des Ressources Humaines au sein de la fonction publique fédérale », précise Herwig Muyldermans.

L’Arrêté royal qui est paru au Moniteur belge précise dans quels cas le travail intérimaire peut être utilisé et pour quelle durée, et définit également les cadres de décision à respecter. Il fixe d’autre part un certain nombre de dispositions en termes d’informations à fournir et de monitoring.

« L’Arrêté royal trace un cadre clair pour toutes les parties concernées, et nous ne pouvons que nous en réjouir. Un point positif à épingler aussi, c’est que l’AR suit dans une large mesure la réglementation qui existe déjà dans d’autres secteurs. Tout comme son homologue flamand, le gouvernement fédéral a choisi, pour l’introduction du travail intérimaire, de s’aligner au maximum sur le cadre générique des autres secteurs, et cela ne pourra que faciliter cette introduction. Les employeurs du public pourront en tout cas compter sur l’expertise et le soutien des entreprises de travail intérimaire pour gérer au mieux leurs besoins en personnel », souligne Herwig Muyldermans.

Source: Federgon

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Geert Janssens (ETION) : « Les collaborateurs deviennent tous des entrepreneurs au sein de leur entreprise »

Lorsque nous l’avons appelé, Geert Janssens, chief economist chez ETION, avait parfaitement à l’esprit un large ensemble de données et de statistiques. Il avait eu besoin de ces informations pour écrire son nouveau livre qui paraîtra début 2019, et dans lequel il décrit un certain nombre de scénarios pour le devenir de notre marché du travail. La numérisation occupe une place prépondérante dans ces scénarios. « Nous allons vers un autre marché du travail », annonce-t-il clairement. “Nous n’avons pas à tous nous comporter en programmateurs, mais nous devons comprendre plus vite le contexte dans lequel nous évoluons, travailler différemment, gagner en autonomie et en flexibilité. Et si cela n’est pas d’une absolue nécessité pour notre temps de travail, ça l’est certainement pour notre flexibilité intellectuelle. Vous devez pouvoir vous adapter aux machines et savoir travailler avec elles. »

Geert Janssens évoque ici le fait que la cobotisation et la robotisation peuvent générer des nouveaux emplois. Et sur à ce sujet, il existe une abondante littérature qui traite de la manière dont la technologie peut mener à un marché du travail plus polarisé, dans lequel les moyennement qualifiés seront perdants. En outre, la pénurie de talents n’est pas là pour arranger les choses. Et c’est même l’inverse, car elle pourrait bien être à l’origine de l’accélération des investissements dans la technologie.

Flexibilisation

Ce que Geert Janssens ne retrouve pas dans les données, c’est l’envolée des formes de travail flexibles, comme le travail freelance et la gig economy. « Il y a maintenant quelques années, lors de la reprise du marché du travail en 2012-2013, nous avons connu à un moment donné en Belgique une tendance vers plus de flexibilisation : les emplois qui apparurent alors étaient généralement à temps partiel, voire même temporaires ou saisonniers, avec également nombre de statuts précarisés. À l’époque, relativement peu de ces emplois se voyaient convertis en contrat à temps plein ou à durée indéterminée », se rappelle-t-il. « L’évolution que nous avons alors connue ne s’est du reste pas confirmée. Au cours de ces dernières années, nous constatons qu’il y a à nouveau davantage de contrats à durée indéterminée. Cela a à voir avec la pénurie qui pousse les entreprises à s’attacher leurs collaborateurs au plus vite, afin de pouvoir disposer à coup sûr des talents et des compétences nécessaires. Dans toutes les données que j’ai pu compulser – et j’ai en compulsé pas mal dans le cadre de l’écriture de mon livre – je n’ai pas trouvé de preuve tangible de l’existence d’une flexibilisation du marché du travail. »

Mais cela ne signifie pas que les plateformes de travail n’apparaissent pas sur ses radars. La gig economy, qui a pu émerger grâce au progrès technologique que représentent les plateformes, a, selon Geert Janssens, un impact réel dans de nombreux secteurs. Mais dans notre pays, la part réservée aux emplois flexibles n’a pas vraiment augmenté, contrairement à ce qui s’est notamment produit aux États-Unis.

À noter que Geert Janssens émet quelques doutes quant aux cris de victoire qui auréolent cette économie de plateformes. « Vous pouvez travailler quand bon vous semble, à votre domicile, tout en étant créatif… : c’est presque idyllique. Mais il reste le problème du statut : si je travaille à la demande, si je suis contrôlé dans mon travail, si mon rendement et mon taux de réussite sont mesurés et répertoriés, suis-je encore quelqu’un d’indépendant ? Ou suis-je un travailleur à la chaîne, comme ceux des films de Charlot ? C’est là le grand danger de cette belle idylle : la technologie toute-puissante ferait-elle de cet indépendant une sorte d’esclave d’une machine qui fixe les KPI… »

Donc, il faut un statut particulier ? « Je crains que nous obtiendrions quelque chose qui soit pire : un indépendant disponible jour et nuit, une protection sociale moindre comparable à celle que connaissent les indépendants, et en finalité pas de rémunération correspondante. C’est là le danger d’un statut particulier. »

Du donnant-donnant

Sur un marché du travail plutôt tendu, s’attacher des travailleurs hautement qualifiés en s’attendant à ce qu’ils fassent preuve de flexibilité intellectuelle et qu’ils entraînent dans leur sillage la transformation, est un défi immense pour les entreprises. « Les entreprises doivent exiger plus de leurs collaborateurs, et devront donc donner plus en retour. Du donnant-donnant : c’est de cette façon que nous envisageons la participation des collaborateurs. Le moment est venu de partager les bénéfices, via le bonus salarial CCT 90 ou pourquoi pas via une prime ou en attribuant des actions de la société. Les collaborateurs deviennent copropriétaires et vont s’investir dans la transformation que vous traversez. Plus le nombre de propriétaires augmente, plus la transformation va gagner en rapidité, car la flexibilité intellectuelle nécessaire va opérer. Les collaborateurs deviennent tous des entrepreneurs au sein de leur entreprise. Ils restent avant tout des collaborateurs, mais ont tout loisir d’amener de nouvelles idées, de nouvelles activités, de nouveaux produits. »

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2019 centré sur l’individu qui se cache derrière un âge ou une forme contractuelle

Un bon encadrement de la mission: le défi de 2019 – Ellen Pensaert

 

Le bon encadrement de la mission est le défi auquel les clients font face en 2019 ! Il s’agit d’accorder toute l’attention que le freelance mérite afin d’assurer le meilleur déroulement possible du projet. Comment y parvenir?

Prévoyez une convention limpide, préparez l’accueil, adoptez une communication claire et transparente et envisagez un suivi efficace. Le suivi va plus loin que les prestations et le paiement des factures.

Les freelances parlent entre eux et (dé)conseillent les clients/promoteurs. Serez-vous le ’Meilleur Client’ de 2019 ?

Ellen Pensaert, Owner, Legal & HR senior counsel Furbo Legal

 

La diversité comme atout absolu – Monica De Jonghe

Je rêve d’un environnement de travail où règne la diversité et où jeunes et moins jeunes, hommes et femmes de toutes origines et orientations collaborent ensemble. Je rêve que cet environnement soit le résultat d’un changement de mentalité délibéré et non la conséquence de toutes sortes de règles qui viennent à l’encontre de la croissance spontanée des entreprises.

Ce changement de mentalité devra toucher le reste de la société. Tant les employeurs que les employés doivent entendre que ’âgé’ ne signifie pas ’usagé’, et que les jeunes collaborateurs compensent leur manque d’expérience par leur engagement et la soif d’apprendre. Les entreprises n’ont-elles pas besoin d’une diversité de profils pour remplir les nombreux postes vacants ? C’est la première étape vers cette diversité en entreprise.

Monica De Jonghe, directrice générale de la FEB et membre du Groupe des Dix  

 

Bienvenue dans le monde de la digiversité – Paul Verschueren

2019 sera l’année de la ’digiversité’ La digitalisation et les avancées technologiques stimuleront l’importance des RH et les possibilités de personnalisation. De plus, la digitalisation attise la diversité croissante des formes de travail et des relations professionnelles mais offre surtout les outils nécessaires à leur gestion performante et transparente. Bref : plus de valeur ajoutée pour le business et le collaborateur-client !

Paul Verschueren, Directeur de Federgon Flandre, Directeur research & Economic Affairs

 

Une règlementation de la gig-economy et de l’économie de plateforme – Philip Verhaeghe

2019 : le démarrage pour les nouveaux conseils communaux, de nouveaux gouvernements régionaux, un nouveau gouvernement fédéral et une nouvelle Commission européenne. A tous les niveaux, chacun proposera ses règlementations et ses lois dans le cadre de l’économie de plateforme.  Nous pouvons nous attendre à des débats économiques, sociojuridiques et fiscaux assez animés. Et, espérons le, assez de place pour une dynamique entre les freelances et une gig-economy florissante.

Philip Verhaeghe, rédacteur freelance

 

Les freelances se tournent de plus en plus vers leur expert-comptable – Raf Sels

 

Les entrepreneurs freelances cherchent un coach pour la prise de décisions importantes. Ce coach est leur expert-comptable. Il dispose des données les plus actuelles afin d’apporter des conseils proactifs et personnalisés. Ce qui implique bien sûr que les freelances transmettent quotidiennement leurs documents par voie électronique. Un réalité due à la transformation numérique enclenchée en 2018 et qui se généralisera en 2019. Une magnifique opportunité pour l’expert-comptable qui peut encore mieux se concentrer sur son rôle de conseiller de l’entrepreneur freelance.

Raf Sels, CEO de SBB Accountants & Adviseurs

 

Les outils d’engagement de talents flexibles s’humanisent – Mark Van Assema

En 2019, ’l’engagement de talents temporaires’ ressemblera plus à du ’recrutement’. L’orientation sera plus axée sur la personne. Le recrutement s’installe dans les technologies de gestion des talents temporaires : employer branding, candidate experience, outils de sélection vidéo, assessments de la personnalité et onboarding culturel. Une approche qui vise davantage l’individu et non plus seulement le fournisseur. 2019 sera l’année d’humanisation des outils d’engagement de talents flexibles. Une nouvelle phase dans la maturité des #HRTech.

Mark Van Assema, fondateur de #HRTechReview

 

2019 sera l’année des plateformes en ligne – Marleen Deleu

En 2019, les organisations franchiront de plus en plus les frontières en quête de l’expertise recherchée pour réussir leurs projets. Ces talents sont de plus en plus présents sur les plateformes en ligne. L’expert de niche tant recherché est alors immédiatement accessible en quelques clics. Les missions s’offrent aux talents de manière rapide et extrêmement conviviale. Le travail peut maintenant vraiment être qualifié de ‘any place any time’. Sans oublier l’organisation ultra flexible du travail grâce aux innovations technologiques. La mutation du monde du travail a déjà commencé. Il est temps d’agir avant que votre concurrent ne vous précède.

Marleen Deleu, fondatrice de The Flex Academy et rédactrice en chef de NextConomy.

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2019, l’année des solutions créatives à la pénurie

La pénurie de talents sur le marché du travail oblige les entreprises à mettre en place des solutions créatives-Fons Leroy

La tension sur le marché de l’emploi va se maintenir en 2019. Avec une conséquence irrésistible: les entreprises délaisseront de plus en plus les profils de fonctions au profit de stratégies de recrutement innovantes et basées sur la sensibilisation. Grâce à l’apprentissage au travail, elles formeront leurs propres talents. Les grandes entreprises renforceront leur politique de carrière interne et de formation grâce à la création de leurs propres «académies de talents ». La diversité au travail augmentera. Dès à présent, la migration économique offre des perspectives pour certains profils hautement qualifiés.

Fons Leroy, Administrateur délégué du VDAB.

 

L’outsourcing pour conquérir les talents – Jurgen Jaarsma

En 2019, de nombreuses organisations auront encore plus de difficultés à s’entourer des collaborateurs compétents. La pénurie sur le marché de l’emploi est la source d’une concurrence féroce dans la guerre des talents. On observe des difficultés de plus en plus grandes pour les départements de recrutement de pouvoir répondre à la demande interne. Un vrai frein aux ambitions de développement des organisations. Raison pour laquelle de plus en plus d’entreprises choisissent d’externaliser le recrutement via une solution MSP et/ou RPO.

Jurgen Jaarsma, Directeur de Hays Talent Solutions

 

De plus en plus d’entreprises s’intéressent au concept de Total Workforce – Patrick Lootens

Petit à petit, les entreprises se réveillent. Par la ’pénurie de talents’ et le ’besoin de flexibilité’ (autant pour les entreprises que pour les individus), de plus en plus d’entrepreneurs et de responsables RH se rendent compte qu’un contrat d’intérim dans le cadre d’un problème temporaire, un contrat fixe comme mode d’engagement standard, ou encore des barèmes… ne forment plus une évidence ni une solution adéquate.

Une nouvelle ère débute. Individualisation ou diversification des effectifs, législation obsolète ou en constante évolution.

Le monde du travail et de l’entrepreneuriat entame une grande transformation !

Patrick Lootens, Director Innovation chez Securex Group

 

La pénurie motive les plus grandes PME à professionnaliser leur approche en termes d’engagement de talents temporaires – Chris Neddermeijer

La pénurie croissante de collaborateurs (flexibles) oblige les plus grandes PME du pays à organiser autrement l’afflux de nouveaux talents. Une approche mal formulée des nouveaux collaborateurs fixes et flexibles représente un obstacle au développement de ces organisations. Des fournisseurs et des outils performants seront plus que jamais d’actualité. Ils professionnaliseront l’afflux nécessaire. On prévoit une utilisation accrue de programmes de type ’master vendor’, même pour des plus petits volumes en termes d’engagement temporaire. De nouveaux acteurs feront leur apparition sur le marché pour aider les PME à professionnaliser leurs programmes d’engagement temporaire ou pour offrir un service central de type MSP (à distance).

Chris Neddermeijer, Product Architect Nétive VMS

 

 Les PME adoptent l’Interim Management – Boudewijn Dupont

L’Interim Management est encore assez peu connu auprès des dirigeants de PME. Ils pensent qu’on ne fait appel aux interim managers qu’en temps de crise ou qu’ils sont impayables pour une PME.

Pour 3W, 2019 fera un pied de nez à ce préjugé. Les PME ont un besoin d’expertise flexible offrant un retour sur investissement rapide. On fait appel aux interim managers pour toutes sortes de fonctions dans toutes sortes de secteurs sans devoir les gérer via le payroll. Cela représente une expertise de haut niveau qu’une PME peut déjà utiliser de 1 à 2 jours par semaine, le temps nécessaire. En toute flexibilité. Un savoir-faire externe qui booste l’entreprise. Un must pour nos entreprises belges et une tendance dont 3W ne peut que se réjouir et soutenir.

Boudewijn Dupont, Directeur de 3W

 

L’engagement de talents externes peut être une solution à la pénurie – Nils Meyntjens

Le service d’études d’Unizo présente deux tendances importantes pour l’année nouvelle. D’un côté les espaces de travail flexibles et le coworking gagnent en popularité. Quelques articles de presse en sont la preuve https://www.lecho.be/entreprises/immobilier/wework-pionnier-du-coworking-s-installe-au-c-ur-du-quartier-europeen/10062929.html et https://www.lecho.be/actualite/archive/Befimmo-s-offre-100-de-Silversquare-le-pionnier-belge-du-coworking/10076759

De l’autre côté, la pénurie est toujours d’actualité sur le marché du travail. Le ratio de tension – le nombre de demandeurs d’emploi ne travaillant pas par rapport aux postes vacants – est à un point historiquement bas selon le VDAB. Les employeurs doivent donc faire preuve de créativité pour trouver les bons employés. Engager des talents de manière temporaire peut représenter une solution.

Nils Meyntjens, responsable de la branche Freelance au sein Unizo.

 

Pénurie de personnel et quête de solutions disruptives – Ron Bosma

En 2019, malgré la baisse de croissance économique, les entreprises subiront la pénurie de personnel. Tous les secteurs seront confrontés à des troubles significatifs causés par la pénurie de talents. En tant qu’employeur, une image attractive est donc cruciale pour continuer à attirer mais surtout retenir les bons profils en 2019.

Dans les années à venir, le secteur du recrutement restera en quête de l’œuf de Colomb en utilisant l’intelligence artificielle, les Chatbots voire les Cobots. 2019 sera également l’année de nombreuses nouvelles solutions basées sur l’intelligence artificielle. Toujours comme ‘solution unique’. Cela ne nous mènera pas encore à une percée disruptive. Les marchés traditionnels de travail flex connaitront une certaine stagnation alors que la gig-economy continuera à croître.

Ron Bosma, managing partner chez Talentin

 

Rien ne peut l’arrêter – Rick Schevers

Tout comme l’année précédente, la tendance se poursuit et prend de l’ampleur : le travail se flexibilise davantage et on pêche des talents spécifiques à l’étranger sous contrats temporaires. La raison principale est la pénurie sur le marché du travail local et la demande de compétences uniques et d’expertise. Les entreprises sont de plus en plus créatives pour attirer les bonnes personnes et ne reculent plus devant des moyens alternatifs pour atteindre cet objectif et ensuite retenir les collaborateurs. Les politiques et les syndicats peuvent faire obstacle ou ralentir cette tendance, mais force est de constater qu’on ne peut pas arrêter ce mouvement qui s’amplifiera en 2019.

Rick Schevers, Managing Director de TCP Solutions

 

Les départements RH et Achats collaborent de plus en plus – Marleen Deleu

En raison de la pénurie de talents, les organisations utilisent de plus en plus de talents (d’exception) externes sous toutes sortes de formes contractuelles. En 2019, le département RH de nombreuses organisations prend de plus en plus la responsabilité de tous les talents et non plus seulement des collaborateurs sur le payroll. Les cloisons entre le département RH et Achats n’existent plus et la collaboration s’intensifie. RH et Business déterminent les effectifs requis pendant que le département Achats apporte le support nécessaire en décidant à qui ont fait appel et à quelles conditions. Les organisations obtiennent non seulement un aperçu complet des talents mais améliorent leur performance, diminuent les risques potentiels et les coûts. Les organisations qui franchissent le pas d’une politique globale du personnel sont plus dynamiques et parées pour l’avenir.

Marleen Deleu, fondatrice de The Flex Academy et rédactrice en chef de NextConomy.

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Andreas Valkiers, conseiller aux Affaires sociales : « Nous ne voyons pas les plateformes comme une menace, mais il faut une réglementation pour les régir. »

Note de la rédaction : L’interview que nous vous rapportons a été effectuée quelques jours avant la démission du gouvernement Michel du 18 décembre 2018. Nous tenions toutefois à la publier car nous pensons que les idées exprimées restent d’actualité.

« Ce que j’expose ici correspond à la vision de Madame la Ministre », nous confirme Andreas Valkiers. Ce dernier est conseiller aux Affaires sociales dans le cabinet de la ministre Maggie De Block (Open VLD). Il s’intéresse en particulier aux matières qui touchent aux différents statuts reconnus par la sécurité sociale belge. « Au départ, cela concernait les artistes et les sportifs, mais depuis quelques années, nous avons vu apparaître de nouvelles formes de travail, et la question du statut social s’est donc posée pour ces travailleurs. Depuis la montée en puissance des plateformes en ligne, aussi bien les travailleurs concernés que les titulaires de ces plateformes nous ont posé le même type de question : « Quel est le statut social de ces travailleurs ? »

Si les questions parviennent au cabinet, s’appliquent-elles pour autant à un nombre significatif de travailleurs ? « En cela, il faut nuancer.  Nous observons bel et bien une tendance, mais son ampleur reste encore pour le moins limitée. C’est un phénomène neuf sur lequel on écrit beaucoup de choses, quitte même à dramatiser, comme quoi le marché du travail serait en pleine révolution ; mais en fait, on en serait encore loin. » Voilà qui est dit.

Un cadre pour les travailleurs des plateformes en ligne

Cela ne signifie toutefois pas que le gouvernement ne s’intéresse pas à la situation. Andreas Valkiers convient que, même pour le groupe relativement restreint des travailleurs présents sur les plateformes en ligne, l’existence d’un cadre défini s’impose afin qu’ils ne se retrouvent pas dans une zone grise et que l’on évite une concurrence déloyale.  De plus, ces plateformes peuvent stimuler l’entrepreneuriat, car elles permettent d’expérimenter ses propres ambitions. « Nous n’avons certainement pas l’intention de brider cela. Nous ne voyons pas les plateformes comme une menace, mais il faut une réglementation pour les régir.

Dès le début, nous voulions fixer une réglementation claire, et c’est pourquoi nous avons mis au point un système permettant aux personnes de gagner jusqu’à 6.000 € via des plateformes agréées. Ainsi, elles peuvent se lancer dans une activité indépendante. Les candidats qui veulent exploiter une idée intéressante ont la possibilité de s’essayer à une activité d’indépendant sans avoir à remplir un lot de formalités. Si le plafond des 6.000 € annuels est dépassé, vous êtes alors dans l’obligation d’adopter le statut social de travailleur indépendant ou de travailleur indépendant à titre complémentaire. » Selon Andreas Valkiers, cet arrangement à la belge a reçu des éloges venus de l’étranger.

Rappelons que le plafond de 6.000 € n’est valable que pour les plateformes agréées. Ces dernières sont publiées sur le site du SPF Finances : https://finances.belgium.be/fr/particuliers/avantages_fiscaux/activites-complementaires/economie-collaborative-revenus-2016-2017. Ces plateformes doivent répondre aux exigences de transparence fixées par les autorités, comme la communication des revenus des travailleurs utilisant la plateforme. Les travailleurs n’utilisant pas les plateformes agréées doivent adopter le statut d’indépendant (à titre complémentaire ou non) et suivre les consignes fiscales et parafiscales pour chaque euro perçu.Andreas Valkiers revient sur le caractère obligatoire d’acquisition du statut social si l’on vient à dépasser le plafond de 6.000 € annuel via une plateforme agréée, ou pour quiconque fournissant des services via les autres plateformes. Aux Pays-Bas, les zzp’ers (indépendants sans personnel) peuvent décider de ne pas verser de cotisations sociales et donc de ne bénéficier d’aucune protection sociale. Mais pour le cabinet de Maggie De Block, cette option n’est pas envisageable. « Pour nous, il est essentiel de travailler sous le couvert d’un statut social. »

Vers une protection sociale unique ?

À long terme, l’ambition est de largement dépasser le simple encadrement des travailleurs des plateformes en ligne. « Nous estimons que tout travailleur doit pouvoir bénéficier de la même protection sociale », déclare Andreas Valkiers. En clair, l’accès aux allocations de chômage, à la pension et aux prestations en cas de maladie ou d’invalidité, sans relation avec le statut du travailleur. « Les avantages liés à une réelle uniformité du droit à la sécurité sociale sont multiples », poursuit-il. La problématique des ‘faux indépendants’ est éradiquée puisque individus et entreprises n’ont plus à déterminer quel est le statut qui convient, qu’il n’est plus nécessaire de procéder à des contrôles en profondeur, et que tout le monde dispose des mêmes armes…

De plus, nous trouvons essentiel que celui ou celle qui travaille doit bénéficier d’une protection sociale couvrant les risques pouvant découler du travail en lui-même. À terme, nous ne devrions plus connaître de différence entre les fonctionnaires, les travailleurs fixes et les travailleurs indépendants. Ces statuts n’ont plus leur sens. Les travailleurs ne devraient plus avoir à se cantonner dans un statut afin de conserver les droits sociaux acquis. » Andreas Valkiers tient toutefois à préciser que son propos ne concerne que les statuts sociaux ; sur le plan du droit du travail, il subsistera toujours une différence entre ceux qui travaillent sous l’autorité d’un employeur et les autres. Tout comme la ministre, il pense qu’il serait intéressant d’accorder plus de liberté au personnel travaillant sous la tutelle d’un employeur, et qu’avec l’approbation de ce dernier il puisse choisir son lieu et son horaire de travail.

« Aujourd’hui, nous sommes encore loin d’atteindre l’objectif final qui est de donner accès à chacun à la même sécurité sociale. Ce que cette législation a déjà permis, est le renforcement du statut social des travailleurs indépendants et un rapprochement avec celui des travailleurs fixes. Mais notre ambition d’aller vers un statut unique est à voir sur le long terme : c’est une matière à laquelle la ministre veut s’atteler. »

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« Pour le mois prochain, prévoyez 25 intérimaires et 5 cobots ! » Fiction ou bientôt réalité ?

De nos jours existent des robots de la taille des humains, disposant d’intelligence artificielle et pouvant se mouvoir pratiquement comme eux.  Des coûts en baisse, des possibilités de plus en plus nombreuses et une grande flexibilité sont à la base de l’augmentation de l’installation de robots dans des environnements de production. Des entreprises comme GE Lighting aux États-Unis et MS Schramberg en Allemagne les utilisent du reste avec succès. Des secteurs apparemment moins évidents, tels que la construction, s’y intéressent également. Le journal néerlandais ‘Algemeen Dagblad’, publié par la confédération néerlandaise des entreprises de construction (Nederlands Verbond van Bouwbedrijven), a déclaré que l’utilisation des robots dans ce secteur deviendra une nécessité dans un avenir proche afin de compenser la pénurie de personnel qualifié.

Actuellement, les robots sont principalement utilisés dans des installations fixes, et sont notamment affectés à des tâches mécaniques courantes dans des processus de production, d’assemblage et de distribution.

La prochaine étape sera la mise en service d’installations robotisées temporaires pour résoudre des problèmes déterminés. Le défi pour les entreprises sera de maximiser le potentiel offert pas les robots flexibles et de les affecter aux processus aux côtés des collaborateurs.

Employer des cobots (Collaborative Robots) de concert avec vos travailleurs flexibles ?

La différence essentielle avec la première génération de robots vient de ce que les cobots sont devenus plus abordables et nettement plus faciles à programmer. L’idée de base étant que chacun puisse travailler avec ces cobots. Les concepteurs actuels s’orientent vers une utilisation intuitive et simple, accessible aux travailleurs techniquement non qualifiés. Si tel est le cas, les cobots pourront, par exemple, prendre en charge les tâches plus exigeantes physiquement, alors qu’à l’inverse les collaborateurs se concentreront sur les tâches intellectuelles. Lorsque les compétences nécessaires pour faire accomplir aux cobots des tâches courantes – comme installer, contrôler et entretenir – seront acquises par des opérateurs conventionnels, les cobots flexibles pourront faire partie de l’équipe des collaborateurs flexibles.

La question n’est donc pas de savoir si, mais quand !

Il est tout à fait probable qu’au cours des prochaines années, les cobots fassent partie de votre effectif flexible de tous les jours. Les premières agences d’intérim spécialisées en robots viennent d’être créées en Europe. Les fabricants de robots propose des activités robot-as-a-service dans des secteurs comme l’automobile, l’emballage et l’électronique. La nouvelle entreprise Hahn Robotics, filiale du groupe allemand Hahn, en est le parfait exemple. Avec son académie, elle prévoit de former des milliers de personnes annuellement pour la programmation et/ou la configuration de cobots.

Le plus important défi restant l’intégration des cobots dans un milieu des travailleurs flexibles. Même si les cobots deviennent de plus en plus ‘humains’ et sensibles à leur environnement, leur utilisation demande des adaptations. Le temps est venu de réfléchir à l’organisation des tâches et des processus, et à la mise en place de nouvelles structures avant de songer à intégrer des cobots. En veillant aussi à respecter la contribution incontournable des collaborateurs humains. Ainsi, les cobots pourront flexibiliser les processus des entreprises, résorber la pénurie de personnel et assumer les lourds travaux physiques. À terme, les prochaines générations de cobots seront en mesure d’identifier leurs propres productions et de déterminer la meilleure façon de réaliser le produit ou le service.

Et la fiction deviendra réalité plus vite que prévu !

une table ronde

Le 24 janvier 2019 de 8h à 11h, TalentIn organise une table ronde au High Tech Campus à Eindhoven : The Corporate Challenge: The Future Of Work With The Workforce Of Today. With temp robots entering the flexible workforce these questions arise: What is the opportunity for you, what insights and strategies are applied by leading companies in the Dutch market?, …

Obtenez plus d’informations ou inscrivez-vous en envoyant un e-mail à info@talentin.eu

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