En août 2018, on pouvait dénombrer 157.697 freelances actifs en Flandre et à Bruxelles. Soit 6,6% de plus qu’en août 2017. En Flandre, l’augmentation est de 22,7% sur 3 ans : de 103.767 freelances en 2015 à 127.277 en 2018.
FREELANCER FOCUS est la publication annuelle d’UNIZO qui analyse les nombreuses composantes des freelances. Voilà qui est important et passionnant, car bien que nous ayons tous notre définition du ‘freelance’, c’est un sujet qui peut se prêter à différentes interprétations.
Entrepreneurs pur-sang
Le rapport d’UNIZO (seulement disponible en néerlandais) apporte un éclairage sur les tendances et les évolutions. Il offre une vue sur les secteurs dans lesquels les freelances sont actifs et sur la façon dont ils vivent leur job et leur statut. Malgré certaines controverses, une chose est sûre selon UNIZO. Les freelances sont des indépendants pur-sang qui ont choisi de travailler de manière autonome et flexible, et qui ont donc consciemment opté pour ce statut. Ce constat ressort de plusieurs enquêtes d’UNIZO dans lesquelles il apparaît que 90% des freelances se considèrent clairement comme des entrepreneurs à part entière, et qu’ils veulent donc être traités en tant que tels. Ceci vient conforter l’opinion d’UNIZO qui n’envisage pas de troisième statut pour les freelances, ni d’étiquette de travailleur spécifique.
Vue d’ensemble
Les freelances sont présents dans toutes les branches de l’économie. Ils sont actifs en tant que consultant, graphiste, traducteur, copywriter, photographe, informaticien, coach, etc. Les uns vont s’ancrer localement, les autres vont brasser une clientèle internationale. Ils peuvent aussi être actifs dans plusieurs entreprises, secteurs ou lieux. Cela permet aux freelances de mieux comprendre et de s’attacher au fond des choses, lorsque d’autres en sont encore éloignés.
La vision des clients
C’est la première fois qu’UNIZO a impliqué des clients de freelances dans son étude. Quelles sont les principales raisons pour faire appel aux freelances et quelle est jusqu’à présent l’expérience qu’ils en retirent ? Conseilleraient-ils à d’autres entrepreneurs de travailler avec des freelances ? À noter que parfois ces clients étaient eux-mêmes des freelances.
Ne manquez pas de lire l’intégralité du rapport (rédigé en néerlandais)
Découvrez les conclusions, les chiffres et les témoignages dans le nouveau rapport d’UNIZO FREELANCE FOCUS 2018.
Workero.com compte déjà plusieurs localisations, tant dans des sociétés externes que chez le partenaire structurel ‘Interoffices’ de son CEO Dirk Paelinck. Mais l’appli qui est censée tout régler n’est pas encore disponible pour tout un chacun. Actuellement, Dirk Paelinck, le COO Thierry Vermeiren et leurs équipes travaillent sur un projet pilote avec le concours de quelques gros clients. Tous les aspects techniques, organisationnels et pratiques de leur “Game Changer” orienté expérience du lieu de travail et mobilité, sont en phase finale de tests.
C’est donc en bonne voie. Récemment, Workero a reçu de la Commission européenne l’information que son projet innovant a réussi la phase 1 de financement du programme Horizon 2020, et que l’entreprise est autorisée à passer à la phase 2. Workero est du reste l’une des rares PME belges à avoir reçu le soutien financier du ‘SME Instrument’ de l’European Innovation Council.
Lieu de travail plus
L’idée de base est simple : l’appli Workero est ouverte à toutes les entreprises, des PME aux multinationales. Elles peuvent proposer des espaces de bureau vacants, de quelques emplacements à tout un étage, pour une courte durée (1 heure) ou une longue période (1 an). Via l’appli, les indépendants, les travailleurs d’autres entreprises, les freelances et les consultants peuvent réserver en ligne leur lieu de travail, où et quand cela leur convient, et directement régler cette location.
Cette formule de coworking corporate permet aux entreprises qui louent de facilement récupérer une partie des coûts d’implantation. Puisque ces espaces agencés sont de toute façon disponibles, les freelances et tout qui le souhaite peuvent s’organiser pour être encore plus flexibles.
En tant que freelance, pourquoi ne chercheriez-vous pas un lieu de travail proche d’une entreprise où vous savez qu’il y a des opportunités ?
Dès que Workero aura lancé son appli de réservation et organisé sa communauté, les freelances pourront trouver et réserver rapidement un bureau, une salle de réunion ou un local professionnel privé auprès des entreprises affiliées. Pour fin 2019, Workero va mettre en place un réseau d’au moins 100 implantations réparties dans toute la Belgique. Thierry Vermeiren croit fermement que la nouvelle génération de travailleurs du savoir se montrera très flexible, décentralisée et mobile. Elle va travailler là où et quand elle le souhaite, peut-être une semaine à Bruxelles et une autre à Gand ou à Anvers. Cette génération ne veut plus passer des heures dans les embouteillages. « Travaille là où tu te trouves » est la devise. « Comme les contraintes de lieu et de temps tendent à disparaître, l’environnement de travail suivra tout naturellement. »
Rencontres et partage des connaissances
Workero veut absolument se distinguer des ‘coworking spaces’ à la chaîne et aller au-delà du remplissage d’espaces de bureau. Elle vise également l’interaction entre les entreprises et les personnes. « Notre objectif est de stimuler la co-création, le partage des connaissances et l’innovation. C’est pourquoi nous avons demandé à John van der Linden, l’ancien Global Innovation Manager de P&G, de nous rejoindre. » John van der Linden aidera Workero à former une ‘innovation community’ dans laquelle entreprises et freelances partageront leur savoir et vont collaborer, soit via l’appli ou en se rencontrant. Avec cette appli qui sera connectée à LinkedIn, une entreprise pourra communiquer des idées novatrices à toute une communauté. Les détenteurs de savoir et d’idées que sont les freelances, les entreprises et les consultants, vont ainsi rendre la société plus performante. Et pourquoi les freelances et les start-up ne pourraient-ils pas occuper un lieu de travail dans une entreprise qui les intéresse ? « Prenons le cas d’une startup active dans le secteur des biens de consommation. Via Workero, elle pourrait tenter d’aller s’installer successivement dans différentes multinationales de ce secteur… » Donc, moyennant un peu de pratique, vous pourriez constituer un réseau professionnel ouvert à de nouvelles opportunités.
Pourquoi ce concept est-il unique ? « Pour louer des lieux de travail, il ne manque pas de sites de réservation en ligne. Les médias sociaux, WhatsApp, LinkedIn… existent bel et bien, mais avec Workero nous y ajoutons notre connaissance du marché immobilier. Et de par notre réseau de relations, nous pouvons mobiliser les grandes entreprises pour qu’elles participent à notre projet. C’est ce qui nous rend unique. Nous ne proposons pas de se réunir dans un milieu de coworking branché et coûteux, mais dans un environnement de travail professionnel », explique Thierry Vermeiren. Mais sur la tarification et le modèle commercial définitif, il restera momentanément discret.
Et quid de l’avenir du travail freelance ?
« Notre avenir tient dans la collaboration. En ouvrant leurs portes à des professionnels venant de l’extérieur, les entreprises ne créent pas uniquement un hub pour talents et de nouvelles opportunités commerciales. Elles permettent également à leurs propres collaborateurs de découvrir d’autres horizons, de mettre en place de nouvelles synergies et d’avoir le plaisir de coopérer. »
Le message envoyé aux freelances est de garder Workero.com à l’œil. Vous pouvez vous affilier gratuitement au réseau Workero, et vous aurez l’occasion de suivre et de contacter qui vous voulez. Dès janvier 2019, vous pourrez réserver en quelques clics un lieu de travail agréable et abordable partout en Belgique.
Networking, inspiration et connexion. Avec 158 événements organisés dans 32 pays, l’European Freelancers Week donne la parole au groupe sans cesse croissant de freelances en Europe.
Du 12 au 21 octobre 2018, EFWeek va réunir les freelances autour d’un mix inédit d’initiatives.
Le but de l’événement est d’offrir aux entrepreneurs solos de l’information pertinente, des outils et l’opportunité d’échanger entre freelances. The place to be? Consultez l’aperçu des événements organisés dans les différentes villes européennes, et puis en route !
NextConomy a sauté sur l’occasion pour présenter deux nouveaux ebooks pleins de conseils pratiques et d’inspiration. L’un est destiné aux freelances, l’autre aux gestionnaires de talents. Mais avec un dénominateur commun : un monde du travail de plus en plus flexible.
Agoria lance un avertissement face à l’impact de la demande de main-d’oeuvre sans cesse croissante. À politique inchangée, la Belgique comptera pas moins de 584.000 postes vacants non pourvus en 2030. C’est ce que révèle une étude menée par Agoria et les différents offices régionaux de l’emploi. Éviter cette situation peut rapporter 95 milliards d’euros à l’économie belge d’ici 2030.
Les entreprises qui n’investissent pas dans leur image de marque et leur communication risquent de ne pas en avoir pour très longtemps. Pour vous attirer des clients et faire connaître votre marque, vous devez apparaître comme une entreprise. Sous un angle cohérent, bien distinct et attrayant. Parce que la concurrence est de plus en plus féroce, et les consommateurs de plus en plus critiques.
Et le freelance est finalement bel et bien une entreprise Une petite entreprise peut-être, mais une entreprise qui fait – ou peut faire 😉 – la différence grâce à son image de marque et à sa manière de communiquer.
Vos missions freelances vous conviennent-elles parfaitement ?
Ces missions sont-elles généralement rentables ?
Avez-vous les clients dont vous rêviez ?
Votre réseau vous connecte-t-il aux bonnes relations ?
Avez-vous le sentiment de pouvoir exploiter l’ensemble de vos compétences en travaillant comme freelance ?
Vous avez répondu cinq fois ‘oui’ ? C’est parfait ! Vous êtes une marque forte. Et vous le ressentez à coup sûr dans votre goût du travail, votre énergie, votre intérêt pour le client, votre sérénité, et aussi votre compte en banque.
Vous avez une ou deux fois répondu ‘non’ ? Alors, cent fois sur le métier remettez votre ouvrage ! et vous verrez que votre travail de freelance vous apportera du plaisir, des satisfactions et quelque profit. Car si votre image de marque est 100% en adéquation, ce sera tout bénéfice pour vos clients et aussi pour vous-même. J’aimerais vous apporter quelques conseils issus de mon expérience professionnelle de consultante en stratégie de marque auprès d’entrepreneurs et de PME.
Quatre questions fondamentales
Une image de marque remarquable naît d’une identité de marque claire. Les personnes qui gravitent autour de votre marque – et il ne s’agit pas seulement de vos clients, mais aussi de vos collègues, de vos fournisseurs, de vos partenaires – doivent savoir ce que vous faites, pour qui vous le faites, ce qui vous rend différent, et comment vous voulez être perçu. Ce n’est qu’ainsi que vous arriverez à faire ce que vous aimez vraiment pour des clients que vous appréciez. Tentez maintenant d’apporter votre réponse à ces quatre questions fondamentales. Elles sont le fondement de votre image de marque, de votre branding.
Que faites-vous ?
Faites des choix. Définissez l’étendue de votre offre. Le piège le plus grossier serait de vouloir ‘faire de tout’, et ceci s’adresse en particulier aux freelances débutants. Si vous rédigez ici et là un texte, si vous créez des folders, si vous faites de la photographie, si vous faites de l’administratif, et si vous développez occasionnellement une petite application, alors vous serez connu pour savoir faire un peu de tout … et en fait rien.
Bien sûr, vous pouvez diversifier vos services, mais veillez à rester sur une même trajectoire. Restez concentrer sur vos objectifs, afin qu’on puisse bien ‘appréhender’ votre marque et bien la communiquer à d’autres. En tant que freelance, vous ne disposez pas en principe d’un gros budget marketing pour faire savoir au monde que vous existez. Mais le bouche à oreille reste un des meilleurs moyens pour trouver des clients. Et cette façon de faire de la pub va bien fonctionner si vous transmettez autour de vous les bons messages.
Pour qui le faites-vous ?
Le ‘pour qui’ va pour moi bien plus loin que le simple fait de déterminer quel est votre groupe cible. Si vous êtes un marketeur ou une marketeuse freelance, vous devez vous adresser au ‘M’ des PME. Si vous êtes un ou une photographe freelance, vous devez vous adresser aux organisations d’employeurs et aux organisateurs d’événements. Si vous êtes programmeur freelance, vous devez vous adresser aux entreprises automobiles. Mais ce qui est encore plus important que la définition de votre groupe cible, est de savoir si ce groupe cible est réceptif. Et si vous pouvez en avoir la certitude.
Prenez connaissance des besoins spécifiques de votre groupe cible, afin de pouvoir y faire correspondre votre offre de service et vos compétences. Vous remarquerez que c’est la bonne méthode pour aller à la rencontre de nouveaux projets ou pour convaincre les clients.
Qu’est-ce qui vous rend différent ?
Les termes USP et ESP sont essentiels pour le marketing et la communication des entreprises. Et comme je l’ai dit plus haut : le freelance est une petite entreprise. Alors … quel est votre USP (Unique Selling Proposition ou argument objectif de vente) et votre ESP (Emotional Selling Proposition ou argument émotionnel de vente) ? Ou en d’autres termes, pourquoi le groupe cible doit-il s’intéresser à vous plutôt qu’à vos confrères et vos consœurs ?
Dans les entreprises que j’accompagne, nous arrivons à l’USP et à l’ESP par le biais d’une analyse SWOT. Il s’agit d’un exercice où vous êtes amené à analyser vos forces (Strengths), vos faiblesses (Weaknesses), les opportunités (Opportunities) et les menaces (Threats) qui concernent votre marque. Un exercice très intéressant qui vous ouvrira les yeux ! Sur mon site Web, vous pouvez télécharger un document très pratique (disponible en NL) pour réaliser cet exercice.
Une fois l’analyse SWOT effectuée, vous devez rechercher :
Les forces qui vont apparaître comme les plus pertinentes pour votre groupe cible ;
Les opportunités qui vont marquer la différence dans votre domaine ;
Les faiblesses que vous devez traduire en forces ;
Les menaces que vous devez proactivement contrer.
Au cours de cette analyse, la question « Pourquoile monde doit-il s’intéresser à moi ? », ou quel est votre USP, trouvera progressivement réponse. Mais aussi la question « Pourquoi le monde doit-ils’intéresser à moi ? » aura trouvé réponse. Car cette question mène à votre ESP, votre argument émotionnel de vente, et cela revêt la plus haute importance lorsqu’on est freelance. Il va vous servir dans la relation avec votre client et dans l’impression qu’il aura de vous.
Comment voulez-vous être perçu ?
Les réponses à la première et à la troisième question fournissent déjà une image claire de ce que vous représentez en tant que freelance. Mais j’aimerais encore ajouter un élément. Je l’appelle l’ADN de votre marque. Il est formé de :
Vos qualités fonctionnelles, c.-à-d. vos connaissances, votre formation et votre expérience ;
Vos qualités émotionnelles, c.-à-d. votre talent, votre personnalité et votre passion professionnelle ;
Vos qualités d’expression, c.-à-d. votre attitude, votre apparence et votre tone of voice.
Ce sont ces qualités qui font ce que vous êtes. Mais vous représentez plus que votre formation et les projets que vous avez réalisés. Et ça, beaucoup de freelances ont tendance à l’oublier …
Définissez pour vous-même trois de vos qualités. Et pensez à les utiliser dans votre réseau, et au cours de vos argumentations et des contacts clients. Le freelance est régulièrement en one to one avec ses clients. Avec votre personnalité et votre approche, vous pouvez autant faire la différence qu’avec vos connaissances purement professionnelles.
Découvrir et formuler la réponse aux quatre questions fondamentales est la première étape pour renforcer votre marque. Si vous parvenez ensuite à communiquer de manière ciblée, le monde va vous reconnaître comme vous souhaitez l’être. J’aborderai ce sujet dans un prochain blog.
D’ores et déjà, je vous souhaite une pleine réussite !
Denis Pennel est Managing Director chez World Employment Confederation, l’organisation mondiale des employeurs prestataires de services RH, au sein de laquelle Federgon est le membre représentant la Belgique. Denis Pennel est également auteur, conférencier, modérateur… c’est dire qu’il aime plutôt le travail. « Mon travail, c’est le travail », dit-il. « À vrai dire, je suis un ‘slasher’, et je suis donc un exemple de l’évolution que connaît le monde du travail. »
Les produits et le services ‘sur mesure’
Réunir des collaborateurs dans un gros bâtiment pendant un temps déterminé et avec les mêmes conditions de travail, était autrefois le moyen le plus efficace d’organiser la production de masse. Mais aujourd’hui, nous dit Denis Pennel, l’économie a intégralement changé : il ne s’agit plus de grandes quantités de produits ou de services standardisés, mais de produits et de services ‘sur mesure’. « Nous sommes une ‘économie à la demande’, où c’est le consommateur qui décide et l’entreprise qui va produire ce qu’il veut en s’organisant en conséquence », affirme Denis Pennel. « Aux entreprises qui aujourd’hui sont encore organisées comme au 20e siècle, je ne peux que souhaiter de survivre. Le modèle de travail qui a dominé le 19e et le 20e siècle n’est plus du tout de mise.
En outre, les individus ont désormais de nouvelles attentes. » Et l’expert de poursuivre : « Aujourd’hui, nous sommes mieux informés que jamais et nous vivons dans une société davantage orientée sur l’individu, avec des consommateurs qui veulent être servis vite et selon leurs desiderata. Ces exigences donnent une bonne idée sur la façon dont nous envisageons le travail. »
Nous vivons à une époque intéressante, est-ce parce que cette transition est enfin en train de s’opérer ?
Denis Pennel : « Exactement. Soit dit en passant, nous avons déjà pas mal progressé dans cette transition. Lorsqu’on me questionne sur l’avenir du travail, je réponds toujours que cet avenir est déjà là. Lorsqu’on voit comment le marché du travail est organisé aujourd’hui, vous comprenez que cela n’a plus rien à voir avec celui du début du 20e siècle. Il n’y a plus de conditions de travail standardisées, mais une diversification des formes d’emploi. Dans les pays industrialisés, un tiers seulement des contrats à durée indéterminée concernent des emplois à temps plein avec des horaires fixes. Donc, avoir un contrat à durée indéterminée ne signifie nullement que vous travaillez de la même manière que vos parents ou vos grands-parents. Vous travaillez plus lorsque vous le décidez, à domicile ou au bureau. Et il y a encore tous les autres types de contrats qu’un travailleur peut rencontrer, comme les contrats à durée déterminée, les contrats intérimaires, etc. Et puis, – et c’est une véritable révolution ! – il y a ce nombre croissant de gens qui choisissent de devenir indépendant. »
Le travail prend-il aussi une autre tournure sociale ?
Denis Pennel : « Oui, effectivement. Le travail est à trois dimensions. La première est rationnelle : vous devez gagner votre vie. Ensuite, vient la dimension sociale : je suis en contact avec d’autres personnes, je crée un réseau social, … C’est important, mais vous pouvez également atteindre ces objectifs via d’autres moyens, par exemple les médias sociaux.
Une troisième dimension prend de plus en plus d’importance, c’est celle de l’accomplissement : j’évolue, je suis heureux dans mon travail, je fais des choses qui m’intéressent, je fais des choses pour la société… Ce qui a du sens apporte de la valeur au travail. Cette troisième dimension surpasse aujourd’hui la première. »
Serons-nous tous freelance dans le futur ?
Denis Pennel : « Au niveau européen, environ 14% de la population active travaille comme freelance. Je suis convaincu que ce nombre ne cessera d’augmenter, mais je ne crois pas que tout le monde deviendra freelance. Nombre de personnes ne le veulent tout simplement pas, et il existe des fonctions pour lesquelles ce ne serait pas la forme de travail la plus appropriée. Les travailleurs fixes ne sont pas près de disparaître, mais leur nombre va décroître et ils deviendront plus flexibles, plus indépendants.
Ensuite, le rapport entre freelances et travailleurs fixes va également dépendre de l’évolution du statut de travailleur fixe et de sa flexibilité. Nous parlons aujourd’hui d’entrepreunariat : avoir la volonté de prendre des initiatives au sein de l’entreprise, d’être créatif, innovant. Et il reste à savoir comment encourager ses collaborateurs à devenir moins ‘dépendants’ dans l’exercice de leurs activités. »
« Le marché du travail de demain se caractérisera par une très grande diversité. S’il existe une grande diversité dans les groupes d’individus qui travaillent, il y a également une grande diversité dans les formes de travail, les besoins et les attentes à l’égard du travail. La diversité est le mot clé du marché du travail de demain. »
Denis Pennel : « Lorsqu’on me questionne sur l’avenir du travail, je réponds toujours que cet avenir est déjà là. » (Photo: David Plas)
Dans cet avenir qui s’annonce complexe, quel est le rôle des conseillers à l’emploi que représente la World Employment Confederation ?
Denis Pennel : « Auparavant, nombre de nos membres ne s’occupaient que de travail intérimaire, mais l’étendue de leurs services RH n’a cessé de croître. Et leur offre ne cessera d’augmenter.
D’autre part, je crois que l’avenir du travail aura certaines similitudes avec le passé. Il y a de plus en plus de freelances, et ils auront besoin d’une structure intermédiaire pour les aider à gérer leur carrière. Quand je dis que l’avenir ressemblera un peu au passé, je pense aux guildes professionnelles du Moyen Âge. C’était également des structures intermédiaires, sorte de mix de nos syndicats et de nos associations d’employeurs ; elles furent constituées par les travailleurs eux-mêmes, et avaient pour mission de trouver du travail à leurs membres, et connaissaient une forme de protection sociale et d’allocation de pension. Je pense vraiment que dans le futur nous allons connaître de telles structures intermédiaires. »
« Les plateformes en ligne actuelles peuvent jouer un tel rôle en développant davantage de services, mais les agences intérimaires ont également leur rôle à jouer, cela s’entend. Je suis sûr que les intermédiaires ne disparaîtront pas, car les travailleurs voudront faire appel à des organisations indépendantes pour les accompagner tout au long de leur carrière. Un de leurs rôles sera de simplifier ce qui revêt de la complexité. »
Alors que le freelance et le client pensent généralement avoir discuté et envisagé l’ensemble des modalités contractuelles, il s’avère souvent que rien n’est prévu en cas de résiliation de contrat. Ou mieux encore, la résiliation est prévue mais la période de préavis n’est pas clairement définie.
Ellen Pensaert, Legal & HR senior counsel et fondatrice de FURBO Legal, est spécialisée en contrats d’entreprise. Elle nous dit rencontrer trop souvent ce genre de situation.
Dans le cadre des modalités concernant les possibilités de résiliation d’une convention entre un freelance et son client, Ellen est généralement confrontée à deux difficultés.
Une première, lorsque le client ne prévoit une possibilité de résiliation que dans son chef. Il est bien sûr conseillé de prévoir cette clause pour les deux parties. Dès lors, on assure directement un équilibre dans la relation entre le freelance et le client. Tout bénéfice pour intensifier la confiance réciproque.
Une seconde, lorsqu’il y a absence de précision sur la durée de la période de préavis.
À partir de quand le préavis prendra-t-il cours ?
Voici une liste de clauses qu’Ellen Pensaert rencontre fréquemment dans la pratique : Ces dispositions vous sont même peut-être familières.
La période de préavis prend cours :
2 jours après que le freelance est présumé avoir reçu la lettre de résiliation ;
Avec effet immédiat au moment de la notification de l’envoi d’un e-mail ou d’une lettre recommandée aux tierces parties ;
Le 1er du mois qui suit ;
À la fin de la prochaine période de facturation ;
Aucune mention dans le contrat sur le moment auquel la période de préavis prend cours.
Les freelances ne sont pas des travailleurs classiques, et le droit du travail n’est donc pas d’application. Dans un contrat avec un indépendant, les deux parties ont une grande liberté pour définir leur collaboration. Les options mentionnées ci-avant sont donc acceptables.
Il est donc probable que le client A préfère une période de préavis qui prend cours le lundi qui suit l’envoi de la lettre de résiliation, et que le client B opte pour le 1er du mois suivant.
3 conseils pratiques pour les freelances :
Conseil 1 – Début de la période de préavis
Une bonne clause qui coupe à toute discussion entre les parties se formule comme suit :
‘Cette période prend cours la semaine qui suit la notification de la volonté de résiliation du contrat par lettre recommandée ou par e-mail.’
Pourquoi la date de prise en cours est-elle si importante ? Car cela confirme aux deux parties le moment à partir duquel il n’existe plus d’obligations réciproques. Les parties sont alors libérées, et la collaboration s’arrête de manière appropriée.
Conseil 2 – Délais de préavis standards
Les deux parties peuvent choisir d’inclure un délai de préavis dans le contrat.
Pour les contrats ne dépassant pas 3 mois, la période de préavis est généralement comprise entre 2 semaines et 1 mois.
Pour les contrats de 3 à 12 mois, la période de préavis s’étend généralement sur 1 à 3 mois.
Pour les contrats à durée indéterminée, la période de préavis est souvent de 3 ou 6 mois.
Néanmoins, les parties sont encore libres de déterminer la période qui leur convient.
Conseil 3 – Prester ou non pendant la période de préavis ?
La question est de savoir s’il faut finir la mission qui a été entamée ou l’arrêter sur-le-champ.
Le contrat peut prévoir que dans certains cas le délai de préavis ne doit pas être presté par le freelance. Les parties sont libres de déterminer les implications financières en cas de période de préavis non prestée.
Conformément à l’article 1794 du Code Civil, le freelance peut exiger une indemnisation lorsque le client résilie unilatéralement le contrat et ne respecte pas de période de préavis. Une indemnité est alors due pour ses dépenses, les travaux réalisés et tout ce qu’il aurait pu gagner dans cette entreprise.
Pour plus d’informations : Furbo Legal – Ellen Pensaert – GSM : 0471 700 696 – ellen.pensaert@furbo.be
Posted inFreelancer, Prospection|Commentaires fermés sur Cher Freelance, Les modalités de résiliation sont-elles prévues dans le contrat passé avec vos clients ?
Des agences d’intérim intéressées à faire du business se présentent comme Master Vendor. Une sorte de spider web strategist, un entrepreneur en chef, qui récupère à son profit des fonctions propres à une organisation. Pratique pour le client qui n’a alors plus qu’un seul point de contact et qui se débarrasse d’un tas de paperasserie. Et excellent pour l’heureuse agence d’intérim, qui peut ainsi s’ancrer solidement chez son client sans avoir à justifier ses prises de décision.
Une nouvelle relation à gérer
L’étape qui mène au niveau Master Vendor comporte une implication pour les agences d’intérim classiques. Ces agences ont pour habitude de gérer les relations de deux parties seulement : d’une part le client, et d’autre part le candidat. Mais lorsqu’on est Master Vendor, il faut encore gérer un 3e groupe : les fournisseurs. Autrement dit, les ‘concullègues’ du secteur de l’intérim.
Comment aborder cela dans la pratique ? Car il faut s’attendre à quelques grippages. En tant que partenaires, il faut conclure des accords et faire preuve de transparence. Quelles sont vos méthodes ? Quelles sont celles des concullègues ? Généralement, le client va préférer travailler avec un VMS neutre. Ce qui va arranger le confrère concurrent, qui lui préfère ne pas travailler avec les outils d’un concurrent.
Une question importante dans un tel processus est de savoir comment organiser la partie administrative. Un Master Vendor doit non seulement gérer les C.V. et les relevés de prestations de ses propres candidats, mais également ceux des candidats venant d’autres organisations. Ces dernières fonctionnant généralement différemment.
La gestion des plannings demande également beaucoup d’attention de la part du Master Vendor, ce qui suppose de s’assurer de la disponibilité du pool de candidats. Un Master Vendor va ainsi plus souvent être un gestionnaire de projets, et non uniquement un fournisseur de talents.
Le point de contact du processus
Le Master Vendor doit normalement être le point de contact pour :
La sélection des candidats
La coordination des opérations entre l’entreprise et les fournisseurs
Le suivi des services et des processus RH qui ont été externalisés
La communication entre clients et fournisseurs
La rationalisation des flux de facturation
C’est aussi le rôle du Master Vendor de garder le contact avec l’ensemble des fournisseurs impliqués. Comment rester synchrone dans la communication ? Les différents systèmes en présence doivent-ils être connectés ? Comment veiller à dispatcher rapidement les requêtes du client vers les partenaires concernés ? Comment garantir la transparence de vos procédures vis-à-vis de tous les maillons de la chaîne ?
Dans la pratique, si le Master Vendor a bien le leadership sur les demandes du client, il sait que les autres fournisseurs sont indispensables pour apporter le service attendu par le client. Pour aboutir aux résultats escomptés, le processus doit rester transparent à tous les niveaux, et donc pour les autres fournisseurs. L’échange de données sera déterminant pour atteindre l’objectif final.
Gestionnaire des relations
Le Master Vendor est également gestionnaire des relations. Ce qui entraîne d’avoir un contact régulier avec vos clients et vos sous-traitants, mais aussi d’harmoniser les différents systèmes utilisés. Ou mieux, de mettre en place un seul système qui pourra gérer les différents flux opérationnels des fournisseurs.
Il arrive aussi que des clients du Master Vendor ne veulent pas entendre parler de l’agence Unetelle, ou que des sous-traitants ne veulent pas se connecter à tel ou tel système. En conclusion, si le Master Vendor agit en tant que régisseur d’un système VMS neutre, nombre de problèmes lui seront évités.
Ceci est le 2e article d’une série consacrée aux VMS et à la technologie d’organisation du travail flexible.
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