« L’essor de la technologie, et en particulier celle de l’économie des plateformes, a apporté de nouvelles façons de travailler et de nouvelles opportunités », souligne le rapport, tout en rappelant l’existence d’un certain nombre de lacunes. Les nouvelles économies mènent à une évolution de la politique par rapport à l’actuel marché du travail. De nos jours, la politique fait encore une différence entre les freelances non accompagnés et la gig economy, et le monde de l’intérim parfaitement huilé. Un débat réunissant les autorités publiques, les entreprises et les partenaires sociaux est urgemment souhaitable.
« Nous avons besoin d’un nouveau contrat social correspondant au travail de notre monde moderne », a déclaré Alain Dehaze, CEO du groupe Adecco. « Les dirigeants, les employeurs et les partenaires sociaux doivent revoir les réglementations afin de garantir que toutes les formes de travail soient, sans tenir compte du statut, sécurisées et durables pour les entreprises et pour les talents. »
Tarif minimum et sécurité sociale obligatoire
Lors du Forum de l’OCDE qui s’est tenu à Paris, le CEO de Randstad, Jacques van den Broek, a également lancé un appel en ce sens. En ce qui concerne les indépendants les plus vulnérables du marché du travail, il a plaidé pour un tarif de prestation plancher combiné à une cotisation obligatoire à une certaine forme de sécurité sociale.
Les jeunes Deliveroo ne peuvent pas être laissés pour compte. Ce sont des gig workers. Avec ce que cela suppose comme bas salaires et exploitation. Mais le Gig world est tout sauf homogène et grandit chaque jour un peu plus. Après les travailleurs manuels et les travailleurs saisonniers, voilà que les freelances, les consultants en col blanc bien rémunérés et les travailleurs du savoir viennent rejoindre ce groupe. « Notre système de sécurité sociale doit donc évoluer dans le sens de cette tendance », affirme le professeur Paul Schoukens.
La sécurité sociale prend avant tout en considération le travail classique à temps plein.
Professor Paul Schoukens
Hors, la sécurité sociale est un sujet qui nous concerne tous. C’est ce qui est clairement ressorti au cours de la soirée de débat De toekomst van de freelance-economie (uniquement disponible en NL) que NextConomy a organisée en février 2018. Lorsque les participants ont appris que les freelances néerlandais ne payaient pratiquement pas de cotisations sociales (parce que cela n’est pas exigé), avec les conséquences qui en découlent, tous furent soulagés du côté belge de savoir que chez nous c’est une obligation.
Hors, la sécurité sociale est un sujet qui nous concerne tous. Quiconque travaille contribue pour ceux qui en ont besoin. Mais la sécurité sociale prend en considération le travail classique à temps plein. La question que pose le professeur Schoukens, et que les autorités doivent aussi se poser, est la suivante : quel impact ‘l’économie des petits boulots’ a-t-elle sur notre sécurité sociale ? En somme, qu’entend-on par travail quand il s’agit gig economy ?
Les systèmes de sécurité sociale doivent être en mesure de s’adapter aux nouvelles évolutions, et notamment à celles d’une économie de plateformes collaboratives en croissance et d’une fragmentation du travail à temps plein en sous-activités.
Sécurité sociale appliquée sur le revenu total
« Avec cette économie de plateformes en augmentation, la sécurité sociale actuelle ne tiendra pas », affirme le professeur Paul Schoukens. « Certaines petites activités peuvent générer beaucoup de revenus, et des activités pourtant importantes relativement moins. Ce qui compte en réalité, c’est que l’ensemble des revenus, quelles que soient les activités qui les ont produits, puisse être pris en compte », dit-il.
Cela ne devrait pas faire de différence pour le principe même de la sécurité sociale liée au travail de savoir si l’on est un travailleur, un fonctionnaire, un utilisateur de plateforme collaborative ou un freelance.
La sécurité sociale non liée au statut
« L’argument selon lequel de nombreux gig workers paieraient déjà des cotisations sociales via leur métier principal n’est plus d’application.
Quelle sera encore votre occupation principale si vous effectuez différentes petites missions », demande Paul Schoukens. Selon lui, le statut dont vous relevez ne devrait donc plus importer.
Je pense que l’économie des plateformes collaboratives est une invitation lancée aux décideurs politiques pour réexaminer la notion de revenu.
Sécurité sociale et politique
La montée en puissance des plateformes collaboratives offre aux autorités la possibilité d’adapter la sécurité sociale aux réalités. « L’économie des plateformes collaboratives est une invitation lancée aux décideurs politiques pour réexaminer la notion de revenu. Celle-ci doit être élargie par rapport aux seuls revenus issus du travail traditionnel. Je pense que la relation directe entre volume de travail et volume de revenus n’est plus de mise. Sans oublier que l’on peut générer des revenus en spéculant ou en percevant des intérêts d’un capital reçu en héritage. Pour toutes ces raisons, notre système de sécurité sociale doit être adapté », explique Paul Schoukens.
Vous pouvez télécharger l’entièreté de l’interview de Paul Schoukens.
C’est Marleen Deleu, rédactrice en chef de NextConomy, qui a interviewé le professeur Paul Schoukens pour connaître son avis sur l’influence de la ‘gig economy’ sur notre système de sécurité sociale. Téléchargez l’article Wat is wel of niet ‘werk’ in de Klusseneconomie (format PDF).
Pensez-vous que notre système de sécurité sociale doit s’adapter à l’économie des petits boulots, à la gig economy, et que chacun doit contribuer ? Ne manquez pas de nous faire part de vos réflexions.
Cette affirmation et l’exemple de Robot Sam ont donné le ton le 4 mai dernier lors du séminaire en ligne Digitization of the White Collar workforce organisé par la Vlerick Business School. L’un des orateurs fut le professeur Steve Muylle, qui nous parla de l’impact de la digitalisation sur les collaborateurs en col et cravate.
Liquid Workforce Planning
Différentes études, telle Liquid Workforce Planning (2016) d’Accenture, démontrent que toutes les tâches dites ’3D’ seront automatisées d’ici 3 à 5 ans. 3D signifiant ici Dangerous, Dull, Difficult. En d’autres termes, toute personne ayant un emploi est impactée, car elle souvent confrontée à l’un de ces trois aspects dans le cadre de son travail.
Putting faces to the jobs at risk of automation
Il existe néanmoins des gradations. L’OCDE (l’Organisation de coopération et de développement économiques) écrit dans son rapport Putting faces to the jobs at risk of automation (2018) que l’automatisation fera disparaître 14% des emplois en Belgique et aura une influence sur 26% des emplois.
Les non diplômés représentent un groupe à risque car ils exécutent souvent des tâches répétitives et ne bénéficient généralement pas de formations. Sont également concernés les jeunes diplômés car ils commencent au bas de l’échelle, là où les tâches sont propices à être automatisées.
L’OCDE prétend dans ce même rapport que les emplois à connotation sociale seront moins touchés par l’automatisation. Pour les emplois où la créativité, le leadership, le coaching et le travail d’équipe sont nécessaires, l’apport humain ne sera pas rapidement soumis à une automatisation.
HireVue
Deux exemples du monde des RH documentent clairement la situation. HireVue est un logiciel utilisé universellement par Unilever dans le processus de recrutement. L’entretien de sélection classique par téléphone est remplacé par une application en ligne. L’occasion pour Unilever non seulement d’atteindre les candidats du monde entier 24/7, mais également de donner plus d’objectivité au processus de sélection, tout en le ramenant de 4 mois à 2 semaines.
Mya
Outre l’automatisation, l’intelligence artificielle (IA) permet de prendre des décisions plus rapidement et plus précisément que ne peuvent le faire des personnes.
La chatbboxMya d’Adecco Group est un assistant virtuel de recrutement sous la forme d’une application basée sur l’IA permettant d’automatiser des projets de recrutement d’envergure. La technologie est accessible via SMS, e-mails ou Facebook et elle établit automatiquement une short list des candidats potentiels pour l’étape suivante : une interview en ligne automatisée.
Et l’avenir des RH ?
Inutile de préciser que l’impact de ces technologies est de taille pour les RH et sur le rôle des recruteurs. La vraie question est de savoir quel sera le rôle futur des RH.
À votre attention
Soyons clairs, chaque secteur et chaque fonction seront confrontés à la digitalisation d’ici 3 à 5 ans. Le message envoyé à vous lecteur est le suivant : Don’t be a sitting duck and digitize your career now!
Les formes alternatives de travail, qui reprennent intérimaires, freelances et travailleurs de la gig economy, gagnent du terrain au sein des entreprises. Une constatation que font les chefs d’entreprise qui tentent d’optimiser leurs effectifs en collaboration avec les RH. C’est ce qui ressort du récent rapport Deloitte The Rise of the Social Enterprise 2018.
77 millions de freelances
« Les employeurs constatent une montée en force des formes alternatives de travail », déclare Jeff Schwartz, Global Leader for Human Capital Marketing chez Deloitte. « À une époque où les entreprises font plus souvent appel à des freelances, les employeurs doivent désormais tout mettre en œuvre pour s’attirer les meilleurs talents freelances. C’est essentiel sur un marché du travail restreint. »
Selon différentes enquêtes, on recense actuellement pour l’Europe, l’Inde et les États-Unis près de 77 millions de freelances. Et en Amérique, 40% d’entre eux opèrent avec un contrat de travail en mode alternatif. Selon Deloitte, ce pourcentage a même augmenté de 36% sur ces cinq dernières années.
Tendances au travail
Les participants à l’enquête Deloitte ont permis de relever les tendances suivantes, basées sur leurs effectifs :
50% font part d’un nombre important d’intérimaires
23% d’un nombre important de freelances
13% d’un nombre important de travailleurs gig
Et d’ici 2020, ils prédisent ce qui suit :
37% voient une augmentation des intérimaires
33% une augmentation des freelances
28% une augmentation des travailleurs gig
Génération Z
75% des jeunes de la génération Z ont la volonté de lancer un jour leur propre affaire. Et plus de 70% d’entre eux souhaitent avoir un boulot qui correspond à leurs intérêts personnels, indique encore le rapport.
Pools de talents internes
Pour attirer les meilleurs talents, les entreprises créent des ’talent pools’ internes constitués d’experts fixes et flex, capables d’opérer dans tous les départements. L’objectif est de gagner en productivité et de stimuler les collaborateurs à viser des projets judicieux – précise le rapport.
« Les talent pools permettent de rendre les projets disponibles pour tous les collaborateurs de l’organisation », dit Jeff Schwartz. « Une excellente nouvelle pour les freelances qui trouveront là leurs nouvelles missions. »
Le rapport précise toutefois que les freelances devront encore un peu patienter pour voir arriver un vrai changement chez leurs clients. Actuellement, 45% des organisations proposent des formations à leurs collaborateurs flex et 54% de l’onboarding.
Malgré le rôle croissant tenu par les freelances et les intérimaires, les répondants à l’enquête confirment les éléments suivants :
À peine 16% d’entre eux ont élaboré une politique et des procédures afin de gérer plusieurs statuts de travail
Pour 39%, le département RH n’est pas impliqué dans la sélection des freelances
Pour 35%, le département RH n’est pas impliqué dans les décisions de recrutement des intérimaires
Les logiciels RH ne sont du reste pas compatibles avec les formes alternatives de travail.
Le rapport souligne encore qu’en général les applications RH ne permettent pas de gérer différents groupes de travailleurs. De nombreux répondants éprouvent des difficultés à fonctionner dans un environnement proposant peu d’infrastructure pour la gestion des freelances. Selon Deloitte, 38% se disent préoccupés par l’instabilité des différents groupes de travailleurs, et 39% par le non-respect ou les changement de la législation.
Atteinte à l’image
Certains répondants craignent également un risque pour leur image du fait de faire appel à des freelances ou des intérimaires. 42% d’entre eux craignent une fuite d’informations confidentielles due à la présence de talents externes.
A la base de cet avant-projet de loi, une différence de traitement pointée du doigt par la cour du travail de Gand. En octobre 2017, elle a estimé que rien ne justifie objectivement et raisonnablement de traiter différemment l’indépendant qui prend sa retraite anticipée et celui qui a atteint l’âge de la pension.
Dispense de cotisations
L’objectif serait d’accorder dès 2019 à chaque travailleur indépendant une dispense de cotisations pour le trimestre au cours duquel il met fin à son activité. Ce privilège est aujourd’hui réservé aux indépendants qui prennent leur retraite anticipée ou qui mettent fin à leur activité pendant le trimestre au cours duquel ils atteignent l’âge légal de la pension.
D’une pierre deux coups
Par la même occasion, le gouvernement lève un obstacle au prolongement des carrières. Il ne désavantage plus les indépendants qui décident de reporter leur pension.
29% des factures subissent des retards de paiement. C’est ce qui ressort d’une étude de la plateforme américaine ‘Bonsai’, qui propose des outils de gestion d’entreprise et d’automatisation aux freelances. Trois années de données de facturation ont ainsi été analysées.
La majorité des freelances demandent un délai de paiement variant de 2 à 4 semaines. 75% des factures impayées sont réglées dans les deux semaines qui suivent la date d’échéance souhaitée, et 90% dans le mois qui suit.
Les femmes plus touchées
L’étude menée par la plateforme montre également que les femmes freelances sont plus souvent concernées que leurs collègues masculins : 31% contre 24%.
Quels freelances ?
On pourrait s’attendre à ce que les talents les plus demandés, comme les designers et les développeurs de logiciels, reçoivent leur argent à temps. Pas du tout. Les freelances aux fonctions plus courantes, comme les rédacteurs et les photographes, sont moins impactés par les mauvais payeurs.
Spécialistes en marketing : 32%
Développeurs : 29%
Concepteurs : 28%
Reporters vidéo 27%
Rédacteurs : 26%
Photographes : 24%
Il existe plusieurs raisons qui font que certains profils freelances ont plus de mal à voir l’argent atterrir sur leur compte en banque. Pour les copywriters et les graphistes, il serait plus aisé d’obtenir de leurs clients le paiement du travail accompli. Ils peuvent par exemple attendre d’être payé avant de livrer de nouveaux textes ou des nouvelles brochures au client débiteur.
Le montant de la facture
Le montant de la facture peut également jouer un rôle sur le délai de paiement. Au plus ce montant est élevé, au plus le risque de connaître un retard dans le paiement grandit. C’est ainsi qu’une facture de plus de 20.000 euros a trois fois plus de chance d’être payée avec retard qu’une facture de moins de 100 euros.
Comment résoudre ce problème ?
Avez-vous déjà été confronté à un client qui ne paie pas correctement ses factures ? Comment avez-vous géré la situation ? Avez-vous une stratégie pour lutter contre ce genre de problèmes ? Partagez donc votre expérience ci-dessous.
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