Comment garder les talents à son bord ?

« Nous avons fait le choix d’offrir des formations à nos propres talents », nous dit Kurt Schreurs, Managing Director du bureau conseil SThree. « En leur proposant une perspective d’avenir sur le long terme, nous apportons une réponse à la pénurie croissante de talents. »

Kurt Schreurs

Pénurie de talents, IT diamonds, exporter les talents, Intelligence Artificielle, Tinder de recrutement, … Comment Kurt Schreurs voit-il l’évolution du marché de l’emploi, et quel rôle jouent les consultants et les freelances ? Aujourd’hui – partie 2: Comment garder les talents à son bord?

Permettre aux talents de se développer

« Nous aussi, nous avons quelque difficulté à dénicher et à conserver du personnel talentueux. C’est le défi rencontré par chaque entreprise. La concurrence est vive, et comme nous sommes cotés en bourse, nous avons intérêt à présenter trimestriellement à nos actionnaires des preuves de notre croissance. Mais pour croître, il faut faire monter à son bord les bonnes personnes. Et je me dois d’ajouter que nous y arrivons. Comment ? »

« Nous ne recrutons jamais des managers qui sont engagés ou ont été engagés par la concurrence. Nous préférons investir dans les capacités de développement de nos nouveaux talents. Grâce à des formations internes et externes, nous les préparons à devenir de bons leaders. Nous y consacrons du budget, mais aussi du temps, car le chemin d’un futur bon leader peut être parsemé d’embûches. On apprend toujours de ses erreurs. »

Une plateforme de carrière

« Nous avons mis sur pied une plateforme de carrière performante avec laquelle les membres de l’équipe peuvent se former à de nouvelles fonctions. Ainsi, un membre avec la fonction de Team Leader va recevoir une formation qui va le mener à la fonction de Team Manager. Ensuite, il suivra une formation pour le conforter dans son rôle de Team Manager, pour finalement accéder à la fonction de Business Manager. »

Se sentir coincé dans la fonction

« Toutefois, il est parfois utile de faire appel à des consultants en leadership externes. Car lorsque l’on est en poste depuis 6 à 10 ans dans la même organisation, il arrive qu’on se sente quelque peu coincé dans la fonction. Deux options se présentent alors : soit vous campez sur vos positions, soit vous cherchez ailleurs. Les deux scénarios risquant de nous être préjudiciables. Grâce à l’intervention des consultants externes, nos futurs leaders vont conserver une vision claire de leur propre rôle et de leur environnement. »

D’authentiques leaders

« Qu’est-ce qui pousse quelqu’un à quitter une organisation ? Parce qu’entre lui ou elle et le managing, ça n’accroche pas. C’est franc et direct. La faute n’incombe pas au membre de l’équipe, mais au manager. Et je parle d’expérience. »

« Où se situe le problème ? Comment faut-il s’y prendre ? Comment procéder différemment ? Vos collaborateurs vous forcent à vous regarder dans le miroir. Un leader se doit de rester authentique, car si vous endossez un rôle, la pièce risque de tourner court rapidement. N’est-ce pas logique !? Il faut que vous compreniez ce que vous pouvez changer et rendre ces changements effectifs. »

Le pouvoir aux femmes

« Bien que notre organisation laisse une large place au multiculturalisme, nous avons dû reconnaître, il y a quelques années, que c’était surtout les hommes qui tenaient les commandes. Le problème ? Une culture à l’anglaise où les décisions se prennent entre potes et une pinte à la main. A very old school!

Depuis, nous avons investi dans la diversification de notre leadership, en ce y compris un audit et des programmes sur le leadership au féminin. C’est un succès. Nous voyons de plus en plus de femmes accéder à des fonctions importantes. Et je considère cela comme une grande victoire. »

« De plus, par le biais de différents programmes de formation, nous encourageons les femmes à s’engager dans une fonction appartenant au monde de l’IT. Nous les appelons les ‘IT diamonds’. »

Exporter les talents

« Chez SThree, nous avons environ 3.400 personnes réparties à travers le monde : de la Belgique aux États-Unis, en passant par Dubaï. Nous souhaitons continuer à exporter nos talents. Nous sommes du reste en train de finaliser nos interviews de candidats pour le Japon. »

« Nos collaborateurs peuvent littéralement élargir leurs horizons. Préfèrent-ils officier en Belgique comme recruteur, se spécialiser dans un autre secteur d’activités ou s’expatrier pendant quelques années ? Rien n’est impossible. En leur permettant de choisir, nous leur ouvrons les portes d’une carrière pour laquelle nous les savons motivés. Nous connaissons des cas de collaborateurs qui vivent et travaillent en Allemagne depuis près de 15 ans. »

« L’une des grandes forces de notre organisation est de pouvoir offrir des perspectives d’avenir sur le long terme. »

Dans la première partie, Kurt Schreurs a traité des effets de la crise économique sur les emplois fixes et les emplois flexibles. Dans la partie 3, il nous parle de l’application Tinder de recrutement sur laquelle son organisation planche actuellement.