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La flexibilité : la variable organisationnelle que les individus affectionnent le plus

Pourquoi observe-t-on des remous grandissants au sein de la population active ? Selon la professeure Lynda Gratton, cette situation peut s’expliquer par trois phénomènes présents sur le marché du travail.

Des remous sur le marché du travail ? Trois explications selon Lynda Gratton

Lynda Gratton étudie le marché du travail et les influences qui conditionnent le travail ainsi que notre comportement. Elle distingue trois phénomènes expliquant les remous au sein de la population active. Selon L. Gratton, ces tendances étaient déjà présentes avant le début de la pandémie.

 Primo, la longévité de la population est généralement plus grande, malgré le nombre tragique de décès dus au coronavirus. Nous vivons donc plus longtemps et accordons plus de considération à la santé. Nous privilégions donc le travail respectueux de la santé et le fait de pouvoir compter sur la résilience. Par ailleurs, les individus ne perçoivent plus leur parcours de vie en fonction des trois étapes classiques que sont les études, le travail et la retraite, mais comme un trajet en plusieurs phases. Ils veulent pouvoir combiner ces différentes étapes.


Les individus ne perçoivent plus leur parcours de vie en fonction des trois étapes classiques que sont les études, le travail et la retraite, mais comme un trajet en plusieurs phases. Ils veulent pouvoir combiner ces différentes étapes.


Secundo, un nombre croissant de familles disposent de deux revenus. Cela rend donc plus acceptable la décision de prendre des risques, par exemple en créant une entreprise ou en reprenant des études.

Tertio, on observe un changement discret, mais notable dans l’attitude des organisations : pour les questions parent-enfant, où le travailleur se tourne vers l’organisation pour obtenir des conseils, pour celles d’adulte à adulte, où le travailleur exerce son activité avec un sens aigu de l’autonomie personnelle.

Ces trois influences combinées les unes aux autres font pencher la balance en faveur des travailleurs. Ils ne veulent pas seulement travailler puis prendre leur retraite. Ils se mettent à écarter les emplois vraiment pénibles, et prêtent attention à ce que les autres entreprises offrent à leurs salariés.

Que pouvez-vous faire en tant que dirigeant ?

L’avenir me semble aussi difficile à prédire aujourd’hui que depuis le début de la pandémie. Il existe néanmoins trois aspects que tout manager devrait examiner dès à présent, lorsqu’il envisage de recruter et de maintenir en poste des travailleurs :

  1. Les personnes concernées veulent un mode de travail à la fois sain et tourné vers l’avenir. Les entreprises et les dirigeants vont vite comprendre que lorsque les individus veulent plus d’autonomie pour vivre une vie « multiphase », la variable organisationnelle qu’ils privilégient est la flexibilité. Ils veulent avoir la possibilité de décider où et quand ils travaillent, de prendre des congés pour explorer le monde, créer une petite entreprise ou se dévouer pour une organisation à but non lucratif. Le glissement vers une approche entre adultes au sein de l’organisation s’explique en partie par le fait que de nombreux collaborateurs usent désormais de leur autonomie pour défendre la qualité de vie professionnelle qu’ils souhaitent.

    La variable organisationnelle qu’ils privilégient est la flexibilité. Flexibilité quant au lieu et au moment où ils travaillent, flexibilité de prendre des congés pour explorer le monde, flexibilité de créer une petite entreprise ou de se dévouer pour une organisation à but non lucratif.


     

  2. Les emplois pénibles en voie de disparition. Par emplois pénibles, j’entends des emplois aux lourds horaires, aux bas salaires, sans aucune qualification, dirigés par des employeurs coriaces et assortis de perspectives médiocres. Lorsque le chômage est élevé, de nombreuses personnes sont contraintes d’accepter ce type d’emploi. Mais à mesure que le marché du travail devient plus tendu, les gens réfléchissent davantage à leur avenir, à d’autres modes de travail et à de bien meilleurs postes.
  3. D’autres entreprises vont changer les règles du jeu. On assiste actuellement à une immense vague d’expérimentation. Les entreprises conçoivent des pratiques de gestion des talents qui permettent aux gens, par exemple, de travailler de n’importe où pendant trois mois de l’année, ou de venir rarement au bureau, ou de regrouper leurs heures de travail sur trois jours seulement ou de les étaler sur sept.

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Lynda Gratton (@lyndagratton) est professeure de pratique de gestion à la London Business School et fondatrice de la pratique de conseil HSM. Son dernier ouvrage (rédigé avec Andrew J Scott) s’intitule ’The New Long Life: A Framework for Flourishing in a Changing World’ (Bloomsbury, 2020)


 

Marleen Deleu - Director Trends & Insights NextConomy - on a mission to bring insights and expertise to the freelance workforce and users of contingent labor in Belgium Voir tous les articles de Marleen Deleu