La Belgique risque une perte économique de 29 milliards d’euros si le vivier de diplômés s’affaiblit
La Belgique pourrait voir 29 milliards d’euros disparaître de son économie d’ici 2035 si le flux de diplômés en STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) venait à diminuer, selon une nouvelle analyse menée par SThree et le Centre for Economics and Business Research (Cebr).
Une petite baisse, un impact considérable
La Belgique accuse un retard par rapport aux autres économies développées dans sa capacité à stimuler la croissance grâce aux talents qualifiés. Une baisse de seulement 2 % du nombre de diplômés scientifiques suffirait à provoquer cette perte, ce qui met en évidence la forte dépendance de la croissance économique à la disponibilité de talents hautement qualifiés.
Le rapport souligne également que la Belgique est en retard par rapport à d’autres économies développées dans sa capacité à générer du PIB grâce à ses talents qualifiés. Les secteurs STEM belges représentent 13,1 % de la production économique totale, soit environ 62 milliards d’euros, contre 17,5 % en Allemagne et 19,9 % au Danemark. Ces deux pays parviennent à générer une part bien plus importante de valeur économique à partir d’un vivier de talents pourtant comparable, voire inférieur.
Les secteurs STEM belges représentent 13,1 % de la production économique totale, soit environ 62 milliards d’euros, contre 17,5 % en Allemagne et 19,9 % au Danemark.
Timo Lehne, CEO de SThree, déclare : « La course technologique se joue de moins en moins sur la capacité à innover en premier, et de plus en plus sur celle à construire et à déployer rapidement à grande échelle. L’innovation donne la direction, mais ce sont les compétences qui déterminent les résultats.
Les États peuvent investir des milliards dans l’intelligence artificielle et les technologies de pointe. Sans femmes et hommes dotés des expertises requises, ces investissements s’enlisent. Aujourd’hui, l’enjeu réside dans la capacité d’exécution à grande échelle, laquelle dépend directement des effectifs disponibles.
Les gagnants de la prochaine décennie seront ceux capables de former, d’attirer et de mobiliser durablement des scientifiques et des ingénieurs qualifiés au cœur de leur économie. C’est là que la croissance se concrétisera, ou se dissipera.»
Le lien entre la réussite économique et l’offre de talents
Ces conclusions s’inscrivent dans le cadre du STEM Skills Outlook, une étude qui évalue l’exposition des grandes économies mondiales aux pénuries de talents scientifiques et technologiques. L’analyse repose sur un registre de risques, qui compare les pays selon leur dépendance à ces secteurs, la solidité de leur pipeline de diplômés et l’impact économique potentiel d’un ralentissement de l’offre de compétences.
Les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques sont au cœur de la croissance économique contemporaine. Elles irriguent des secteurs aussi essentiels que la fabrication avancée, la pharmaceutique, les infrastructures numériques ou encore l’intelligence artificielle. Elles jouent également un rôle déterminant dans l’amélioration de la productivité et la création d’emplois à forte valeur ajoutée.
Sam Miley, responsable des prévisions et du leadership intellectuel chez CEBR, souligne :
« Les secteurs STEM jouent un rôle central dans la productivité, l’innovation et la croissance économique à long terme. Le rapport “STEM Skills Outlook” met en lumière des différences significatives entre les pays en matière de dépendance à ces secteurs, ainsi que des contraintes émergentes, telles que les pénuries de compétences ou les limites d’infrastructure, susceptibles de freiner la production future. Traiter ces vulnérabilités sera essentiel pour soutenir la prochaine vague d’innovations technologiques et renforcer la compétitivité économique à long terme. »
Les secteurs STEM jouent un rôle central dans la productivité, l’innovation et la croissance économique à long terme.
Source : SThree
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