Dans les coulisses des plateformes freelances (en période de Corona)

Qui est mieux placé que les plateformes freelances, les VMS et les MSP pour faire un point sur la situation des freelances et de leurs missions en cette période exceptionnelle. S’il est encore trop tôt pour tenter de tirer des conclusions, la tendance semble toutefois positive. Table ronde virtuelle avec OpenWork, HeadFirst, hireme et proUnity.

Proactivité générale

Il semble difficile d’adopter une attitude proactive lorsque rien n’est moins sûr que le lendemain. Pourtant, la proactivité n’est-elle pas une des qualités des optimistes ? « Nous prenons contact avec nos clients pour examiner ensemble leur situation et leurs prochains challenges, et d’éventuellement repérer des opportunités. L’objectif étant de définir des solutions qui puissent convenir aux trois parties en présence », explique Natasja Spooren de HeadFirst. « De notre côté, nous remarquons de la part des freelances une nette augmentation dans la proactivité des contacts. Rien d’illogique, mais assez remarquable », confirme Hassane Lhasnaoui de hireme.

Moins de 10 % des missions en péril

Afin de mieux appréhender la réalité de la situation, hireme  a même réalisé un sondage téléphonique auprès de 600 clients : « Même si nous ne sommes qu’au début d’un épisode exceptionnel, les résultats obtenus sont rassurants : moins de 10 % des répondants pensent devoir annuler des missions. Pour la majorité des entreprises, c’est ‘business as usual’. Et le secteur le plus stable sera assurément celui de l’IT ». Maxime Giannini obtient les mêmes chiffres du côté de sa plateforme OpenWork : « 60 % des missions sont maintenues, 20 % sont reportées, 10 % sont annulées et 10 % sont encore en latence. »

Sharing is caring

Pour pouvoir partager l’information, il faut d’abord la produire. Le secteur des médias est actuellement fort sollicité, mais selon Tania Vivane de proUnity il est encore trop tôt pour confirmer des tendances : « De nouvelles missions arrivent sur notre plateforme proUnity Media, et les timesheets confirmeront bientôt l’état du marché vis-à-vis des journalistes freelances. » Au rayon du partage, HeadFirst et OpenWork prévoient dans les jours qui suivent des webinars à destination des freelances. « L’objectif est de répondre à toutes les questions des freelances et des travailleurs autonomes », précise Maxime Giannini.

Coffee corner virtuel

Hireme est active dans plusieurs pays. Pour Hassane Lhasnaoui, le challenge commence déjà en interne : « Nous mettons tout en œuvre pour soutenir nos équipes opérant en télétravail. Il est important de pouvoir assurer la continuité de l’esprit d’appartenance à l’entreprise. Le confinement est différent si l’on est à Paris dans un 20 m² ou à Bruxelles dans un 90 m². Il faut éviter que les collaborateurs se sentent isolés. Nous avons même lancé un incentive dont la prime est un petit-déjeuner livré à la maison ! ». Et Maxime Giannini conclut : « Nous prenons chaque matin le café virtuellement via Skype, cela permet de consolider le contact » .

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