Échanges de vues passionnants – étude sur le freelancing en Europe

L’été dernier, la plateforme de freelance Malt et le Boston Consulting Group BCG ont mené une enquête auprès de 2 324 personnes en France, en Allemagne et en Espagne. Leur étude concernant le Freelancing in Europa 2021 « Welcome to the new work order » a permis de mieux comprendre cette « nouvelle classe de travailleurs ».

Quelle est l’une de nos principales préoccupations à Nextconomy ? Le manque de recherches scientifiques sur l’importance et la problématique spécifique des freelances en Belgique. Mesurer, c’est savoir. Mis à part le freelancerfocusrapport d’UNIZO en collaboration avec Graydon et la SERV-studie menée depuis plusieurs années, il existe un grand vide.

C’est pourquoi nous examinons avec intérêt tout projet d’étude similaire par-delà les frontières. Une série de 3 interventions rend compte de 3 études récentes sur l’ampleur et les tendances du monde de l’économie de la connaissance des freelances.

Partie 1 – le Freelancing in Europe 2021

L’été dernier, la plateforme de freelance Malt et le Boston Consulting Group BCG ont mené une enquête auprès de 2 324 personnes en France, en Allemagne et en Espagne, des pays où Malt n’est justement pas actif. Au fait, malt arrivera aussi bientôt en Belgique.

Leur étude concernant le Freelancing in Europa 2021 « Welcome to the new work order » a permis de mieux comprendre cette « nouvelle classe de travailleurs ». Car la forte progression du freelancing est l’évolution la plus marquante de ces deux dernières décennies en Europe. Le travail salarié a atteint son point culminant autour de l’an 2000, mais depuis, le nombre de travailleurs indépendants n’a fait qu’augmenter en Europe. ! Fer de lance de la croissance du travail indépendant, les freelances constituent aujourd’hui le segment du marché du travail européen qui connaît la croissance la plus rapide.

Qui sont les freelances ?

En Europe, les freelances sont principalement des hommes (65 %) âgés de 40 ans et plus, ayant un niveau de scolarité élevé. Plus de 75 % ont un diplôme de l’enseignement supérieur. La plupart ont commencé employés, mais comptent entre 5 et 9 ans d’expérience en tant que freelances. Plus de 80 % travaillent dans le domaine de la technologie, des données, des communications, de la conception graphique, du marketing et des applications web, de l’expertise SEO, de la photographie ou d’autres professions créatives.

Comment fonctionnent-ils ?

Tout en échappant aux contraintes strictes du boulot de 9 à 5, la plupart des freelances travaillent à peu près autant et parfois plus que les employés à temps plein : 43 heures par semaine en moyenne. 66 % des freelances travaillent de manière flexible et à distance. Ils investissent également plus de 5 heures par semaine dans des formations individuelles. Les freelances ont une réelle longueur d’avance en apprenant constamment de nouvelles techniques et applications. Cela leur permet de rester compétitifs et de toujours pouvoir fournir à leurs clients leur expertise de pointe.

Pourquoi sont-ils freelances ?

Une chose est claire : le choix de devenir freelance n’est pas un choix risqué ou une décision due à l’absence de meilleures opportunités. Non, c’est un véritable projet de vie, une envie personnelle de personnes compétentes. Elles désirent avant tout pouvoir disposer d’une autonomie (81 % des participants), de pouvoir décider elles-mêmes de leurs projets (76 %) et de choisir leur lieu de travail et la logistique de travail (73 %).

Les freelances apprécient donc la liberté et la chance de mener leur vie comme bon leur semble, de décider par eux-mêmes avec qui ils veulent travailler et comment ils tiennent à rentabiliser leurs connaissances. Cette situation s’oppose à celle des employés qui ne reçoivent généralement que des consignes des responsables de leur organisation. 75 à 85 % des freelances interrogés ne veulent vraiment pas retourner à leur emploi fixe.

Le freelancing est un choix de carrière véritable et à part entière. Les freelances sont à l’avant-garde de la nouvelle façon de travailler, où flexibilité, adaptabilité et volonté d’obtenir des résultats efficaces sont leurs principaux facteurs qui font la différence. Les entreprises apprécient au plus haut point ces qualités.

Quels sont les types de freelances ?

Cette étude fait également place, à juste titre, à la notion de différenciation. En Europe, plus de 22 millions de personnes sont des indépendants. Cette large catégorie va des conducteurs et des agriculteurs aux médecins et aux avocats. Mais les développeurs ou les concepteurs figurent encore trop souvent aux côtés des services de taxi en ligne et de livraison de nourriture lorsque nous parlons de la « Gig Economy » ou de l’« économie de plateforme ».

Comme dans le graphique 1 “Schematic of the three types of platform work selected for in-depth analysis” à la page 6 de l’étude d’Eurofound “Employment and working conditions of selected types of platform work” les auteurs soulignent que tous les freelances ne peuvent être mis dans le même panier.

À une extrémité du spectre, on trouve les plateformes spécialisées dans la fourniture de services élémentaires à court terme. Il en résulte une forte concurrence sur les prix entre les prestataires de services. Les travailleurs de ces plateformes ne bénéficient que de peu de sécurité et sont très dépendants du nombre variable de clients qui veulent utiliser la plateforme.

Par ailleurs, on trouve des indépendants dont les spécialisations sont très demandées. Selon Eurostat, il y a plus de 3 millions de ces professionnels indépendants ou « i-Pros » (intellectuels professionnels) actifs dans les trois pays de l’étude Malt.

 Que peuvent apprendre les entreprises des freelances ?

Le confinement à l’échelle européenne a donné un coup d’accélérateur à des évolutions importantes autour de la transition (numérique) du travail. À bien des égards, les freelances sont aujourd’hui l’incarnation d’une nouvelle façon de concevoir le travail. Pensez aux organisations qui deviennent des réseaux ouverts ou des écosystèmes d’individus compétents travaillant ensemble temporairement sur des projets spécifiques.

Comment gérer au mieux des équipes éclatées ? Comment favoriser la collaboration dans un environnement virtuel ? Comment tirer parti des avantages du travail à distance intelligent ? Comment être plus souple dans un monde caractérisé par l’incertitude ?

Dans le contexte des mutations radicales que nous connaissons aujourd’hui, il s’agit de questions normales que tout indépendant se pose depuis longtemps. Les freelances constituent donc un champ d’observation intéressant pour mieux appréhender ce que pourrait être l’avenir si les entreprises et les particuliers devaient remettre en question leur définition du travail et ses anciens modèles. Le contrôle prend du temps, tandis que l’autonomie, la flexibilité et la confiance permettent aux personnes et aux équipes d’agir rapidement et de faire des choix plus vite.

Quels sont les principaux obstacles ?

Selon les chercheurs, les pouvoirs publics français, allemand et espagnol méconnaissent encore la spécificité du freelancing. Sur de nombreux marchés et dans de nombreuses administrations, des idées fausses persistent à propos du freelancing. Les freelances sont traités du point de vue administratif comme des petites entreprises. Ils doivent se charger de leur propre sécurité sociale, déclaration d’impôts, comptabilité ou propre financement. Encore aujourd’hui, de nombreux freelances ont le sentiment d’être une minorité incomprise et défavorisée, dont les besoins et les exigences sont méconnus.

Selon les chercheurs, les pouvoirs publics français, allemand et espagnol méconnaissent encore la spécificité du freelancing.

Une CTA pour conclure

Si, après avoir lu cet article, vous avez envie de participer vous-même à une enquête d’opinion sur les freelances, nous vous recommandons celle-ci : Globale Freelancing de l’Université de Toronto (Scarborough) !

Philip Verhaeghe is een onafhankelijk adviseur en een freelance redacteur voor vakbladen, bedrijven en organisaties. Focusseert op ‘ondernemen’ in al zijn vormen: van de legaltech start-up tot en met maatschappelijk verantwoord investeren. Onderzoekt zowel de nieuwste trends als de klassieke uitdagingen die elke dag opnieuw het verschil kunnen maken in de bestuurskamer of het directiecomité.

Is als expert ‘deugdelijk bestuur’ verbonden aan Etion en Toolbox. Werkte als algemeen secretaris voor VKW, het Instituut voor Bestuurders, Corgo en RNCI.

Always in for a game of chess or a tweet.

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