L’âge d’or du freelancing ?

Soyons clairs. Le marché du freelancing a acquis une certaine maturité en termes d’usages, de culture et d’habitudes. Sommes-nous dans une nouvelle ère du freelancing et le freelance est-il devenu un produit ? Réponses avec Antoine van den Broek, rédacteur en chef d’Amédée, le blog de référence des freelances en France.

Écosystème de solutions

Si le freelancing n’est pas un statut, inutile de préciser que cette forme de travail est en plein essor. Aujourd’hui, un réel écosystème de solutions s’est construit au service du freelance. « Après avoir vu s’épanouir les espaces de coworking, puis les plateformes pour freelances, on constate maintenant l’émergence de néo-banques, de produits d’assurances, et de solutions de crédit qui s’inscrivent dans une ère d’accompagnement du freelance. » souligne Antoine van den Broek.


Antoine van den Broek

Antoine van den Broek est à l’origine de Mutinerie, l’un des premiers espaces de coworking de France. Il est aussi à l’initiative de la Freelance Fair qui reste à ce jour le plus grand rassemblement de freelances en France. Antoine van den Broek est spécialiste en stratégie de contenu et marketing de contenu pour les marques qui respirent le future of work et qui parlent du nouveau monde de travail. Sans oublier Amedee.co, le média français dédié aux freelances dont il est le rédacteur en chef.


Coworking sur toute la ligne

Cofondateur d’un des premiers espaces de coworking en France, Antoine van den Broek estime que ces espaces de travail partagés forment la matrice de la culture freelance. « C’est dans ces espaces que les freelances ont vraiment pris conscience de leur condition commune, au-delà de leurs métiers, de leurs formations et de leurs âges. Depuis toujours, c’est là qu’on partage dans le cadre de la gestion de son business, de son temps et qu’on apprend à articuler sa vie professionnelle et privée. Aujourd’hui, les mondes de l’entreprise traditionnelle et du coworking convergent. »

L’émergence du freelancing est un comeback à l’artisanat et à la création de valeur par le travail et le savoir-faire

Comeback à l’artisanat

Antoine van den Broek tient à ce qu’on se souvienne que le salariat était une forme de travail marginale avant la révolution industrielle. Pour lui, le freelancing est comme une sorte de retour aux sources 2.0. « Le système actuel est remis en question. Ce schéma de centralisation des capitaux et de rassemblement des travailleurs autour de l’infrastructure productive n’est plus valable. L’émergence du freelancing est un comeback à l’artisanat et à la création de valeur par le travail et le savoir-faire. À cette nuance prête que cela se déroule avec une communauté mondiale plutôt que locale. Un mode de production beaucoup plus durable. »

Un nouveau public émerge et donc de nouvelles solutions font surface. Preuve d’une réelle prise en considération du freelancing

Le freelance est-il devenu un produit ?

Non. Antoine van den Broek est catégorique. L’évolution de cet écosystème autour du freelance est logique et même souhaitable. « Un nouveau public émerge et donc de nouvelles solutions font surface. C’est la preuve d’une réelle prise en considération du freelancing. » Plus fort encore, le freelance est doté d’un super pouvoir par rapport au marché : il est à la fois utilisateur et acheteur. « Cela veut également dire qu’il est souvent mieux équipé par rapport à certaines grandes entreprises. Une flexibilité déconcertante qui lui permet de gagner en efficacité. »

La recette miracle pour les freelances

Salarié ou freelance, le rapport de force d’origine reste le même : l’offre et la demande. Mais selon Antoine van den Broek, le vrai challenge est de trouver un équilibre grâce à la récurrence. « Tous les freelances se reconnaitront dans cette course folle aux missions et à ce manque de sérénité qui s’installe très vite dans nos vies. Il n’y a pas de recette miracle, mais il faut adapter son offre, réinventer son portfolio et créer une activité complémentaire génératrice de revenus complémentaires, comme la formation par exemple. »

Être freelance c’est être un homme-orchestre (ou une femme-fanfare)

Liberté et homme-orchestre

Antoine van den Broek a des conseils pleins les poches. Il nous en réserve deux pour clôturer l’interview : « Premièrement, n’oubliez jamais pourquoi vous êtes devenu freelance : la liberté. Ensuite, gardez en tête que ce choix implique la gestion de toutes les dimensions de l’entreprise. Être freelance c’est être un homme-orchestre ou une femme-fanfare. Autour du cœur de métier, d’autres fonctions vous attendent, des activités périphériques qui peuvent prendre un temps considérable. Je vous conseille mon article à ce sujet. »