La vérité sur la plateforme de demain (épisode 3/3)

Dans ce troisième blog, Samuel Durand vous propose d’imaginer les caractéristiques de la plateforme de freelances de demain, de réfléchir à ce qui légitime de laisser une commission à la transaction, à la fois côté freelance et côté entreprise.

Qu’on les aime ou qu’on les déteste, elles sont de plus en plus nombreuses et ne sont pas cantonnées au cadre du travail.

> Découvrir le blog 1 Qu’est ce qui justifie l’existence d’une plateforme ?

> Découvrir le blog 2 La plateforme de demain, pour les freelances

III La plateforme de demain pour les entreprises

La sélection vs le catalogue

Les clients des plateformes ne sont pas en reste pour autant puisque c’est sur leur maturité que repose l’ensemble du modèle. Si le référencement des plateformes auprès des achats est la première étape, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. C’est la capacité des plateformes à accompagner le changement, à guider l’intégration de freelances au sein d’équipes hybrides et à fédérer plusieurs départements au sein d’entités cloisonnées, qui fera toute la différence.

Plutôt que d’être une simple place de marché présentant un catalogue de profil, je crois au contraire que les plateformes à succès seront celles qui auront une communauté plus réduite mais plus sélective. Celles qui seront capables de trouver le bon profil rapidement pour chaque offre grâce à une fine connaissance des talents inscrits. C’est une prestation sur-mesure, digne d’un agent de freelance plus que d’une plateforme qui sera attendu pour justifier la commission.

Les plateformes à succès seront celles qui auront une communauté plus réduite mais plus sélective

Pour garantir à la fois l’engagement, l’excellence et la réactivité des membres, le processus de sélection devra être rigoureux, riche (en ne se concentrant pas uniquement sur les aspects techniques) et surtout transparent.

Pour celles qui font le choix de laisser la sélection du freelance entre les mains du client, les outils mis à sa disposition devront être très poussés et suffisamment précis pour aller au-delà des simples compétences techniques.

Un partenaire plus qu’un prestataire

Le rôle des plateformes est d’accélérer la transformation du travail en aidant les différents chefs de projets à mener leurs missions avec les freelances. Cela signifie qu’elles doivent se rendre disponible pour fournir à leur client toutes les ressources nécessaires afin de les guider : étude de cas, articles, conférences, MOOCS, formations … La collaboration avec les freelances n’est pas habituelle pour une majorité d’entreprises et bouleverse les processus établis. Une fois qu’un allié est identifié chez le client, il faut l’épauler, quitte à créer du contenu en marque blanche ou à dispenser des formations en présentiel chez le client.

Une autre façon d’accompagner le client est de l’aider à prendre conscience de l’efficacité des freelances en lui donnant des outils pour piloter cette main d’oeuvre externe. C’est une des forces de LittleBIG Connection dont l’interface permet de paramétrer les budgets et les workflows afin d’améliorer la performance.

L’adoption d’un outil ou d’un nouveau fonctionnement ne peut être définitive que si son efficacité est mesurable. C’était un des quatre piliers mis en place par Microsoft lorsqu’ils ont lancé leur outil de gestion interne des freelances. J’ai détaillé son fonctionnement dans mon rapport d’étude.

La gestion plus que l’acquisition

Les plateformes ont construit leur activité en partant du principe que les grandes entreprises avaient du mal à attirer les talents. Toutefois ce constat est à nuancer, au-delà de l’attraction de nouveaux talents, les grands groupes ont surtout du mal à organiser leurs effectifs et notamment les travailleurs qui gravitent autour de leur organisation.

Nous verrons peut-être dans les années à venir un rapprochement entre les plateformes et les Freelances Management System (FMS).

Une excellente proposition de valeur serait pour une plateforme de proposer dans un premier temps la gestion des travailleurs indépendants de l’entreprise en marque blanche et lorsque cela devient nécessaire, de faire appel aux talents de la communauté propre à la plateforme pour compléter les équipes du client. C’est le virage opéré avec beaucoup d’intelligence par la plateforme australienne Expert360.

Nous verrons peut-être dans les années à venir un rapprochement entre les plateformes et les Freelances Management System (FMS)

Flash Organizations

Enfin, plus que le recrutement, le pilotage de projets grâce à la constitution d’une équipe sur mesure sera certainement une nouvelle voie à explorer pour faire advenir le travail de demain. Pionniers dans le domaine, comet a lancé il y a quelques semaines son service cometFleet en ce sens.

Cet article a initialement été publié dans la newsletter le Billet du futur.