"Exploring the future of work & the freelance economy"

Pourquoi les plateformes doivent se comporter en écosystème ?

À l’heure où le nombre de plateformes dédiées aux freelances semble aller de pair avec la montée en puissance de cette catégorie d’indépendants, deux acteurs belges du nouveau monde du travail ont choisi une stratégie différente : la collaboration. Rencontre avec Maxime Gianinni, Country Manager de OpenWork et Laurent-Philippe Ham, cofondateur de Beelance.

Donner du sens à sa carrière

Toutes les plateformes ont leur ADN. Celui d’OpenWork est composé d’une communauté de consultants autonomes salariés. « Nous combinons la liberté et l’autonomie du freelance à la protection du travailleur salarié. Le meilleur des deux mondes en quelque sorte », indique Maxime Gianinni. « De notre côté, nous sommes axés sur les freelances à la recherche de ce mix de projets qui va enfin donner du sens à leur carrière. La collaboration avec OpenWork nous permet d’ouvrir nos projets à des personnes désirantes de garder le statut d’employé avant de se lancer en tant que freelance. Tout compte fait, on a tous le droit de changer d’avis », souligne d’entrée de jeu Laurent-Philippe Ham.

La collaboration entre OpenWork et Beelance permet au freelance de piloter sa carrière. On a tous le droit de changer d’avis

Plug & Play

Maxime Gianinni pointe du doigt un certain isolement des freelances et un besoin d’interaction. « Les freelances ont besoin d’outils et de connexions. Une seule organisation n’est pas capable d’offrir la panoplie de services nécessaires au quotidien. L’objectif est de créer un écosystème permettant de rebondir sur-le-champ. Il faut accélérer la collaboration entre acteurs et construire de vrais partenariats. Développer une solution déjà existante représente du gaspillage. » Pour le cofondateur de Beelance, l’effet de regroupement permet également une meilleure gestion des coûts. « Vouloir tout offrir en solo sur sa propre plateforme est absurde. Il faut pouvoir aller chercher les solutions existantes et plugger pour fluidifier les processus. Et ce n’est pas le volet technique qui risque d’être un frein, vu la facilité que représentent les API vers l’interconnexion de différentes solutions numériques. »

Conditions sine qua non

Collaborer serait-il plus facile à dire qu’à faire ? Pour Laurent-Philippe Ham, il y a trois conditions à réunir : « La première est d’avoir une intention commune clairement identifiée. Ensuite, il est impératif de partager les mêmes perspectives. Dernière condition : définir les modalités de la collaboration, un cadre commun logistique et financier, en fonction des perspectives. » Maxime Gianinni adhère totalement à cette vision et ajoute que l’opportunisme n’a pas sa place dans une collaboration saine.

Il y a 3 conditions pour réussir une collaboration : une intention commune, des perspectives partagées et des modalités clairement définies 

Avantages et réductions

Autant OpenWork que Beelance envisage la collaboration à une plus grande échelle. « Pour construire cet écosystème, nous nous connectons à différents services présents sur le marché. Au-delà des avantages offerts par Beelance, notre communauté bénéficie déjà des services de Securex pour le volet RH, de Beelance ou Comet pour un scope encore plus large de missions, et de NextConomy pour un accès à la banque de connaissances. », indique Maxime Gianinni. De son côté, Beelance vise également des avantages financiers directs pour les freelances grâce à des accords avec, entre-autres, Accountable, GOLegal, Creditplace, Axa assurance, Solvay business school, … « Le point de départ étant d’offrir un panel de missions, l’écosystème va être le cadre facilitateur », ajoute Laurent-Philippe Ham.

L’écosystème offre un cadre facilitateur tout en octroyant des avantages financiers 

Et demain ?

Si OpenWork et Beelance sont d’accord sur de nombreux points, les deux plateformes ont également la même ambition : devenir un hub pour les freelances et les collaborateurs ‘libérés’. « Indépendant ou pas, je cherche une solution à mes propres défis, plutôt qu’un job. En tant qu’individu, je choisis avec qui, où, quand et pour qui je travaille », affirme Laurent-Philippe Ham. « Collaborer pour créer un écosystème autour de l’individu, lui permettant d’avoir accès à un ensemble de compétences spécialisées. C’est ça l’objectif ! », conclut Maxime Gianinni.