Monthly Archives: octobre 2019

L’Interim Management est dans une phase ascendante

Boudewijn Dupont, président de la commission sectorielle Interim Management de Federgon, la fédération des prestataires de services RH : « Federgon défend, entre autres, les intérêts de ses 45 membres du secteur de l’Interim Management, parmi lesquels les 23 plus importants providers du marché belge. Cela permet de dresser un tableau réaliste. Les chiffres en notre possession représentent sur base annuelle une valeur de marché de près de 150 millions d’euros. À noter que de nombreuses missions sont effectuées sans l’intervention d’une tierce partie. Pour ces dernières nous ne possédons pas de chiffres précis, mais nous pensons que les résultats avec et sans tierce partie sont équivalents. Nos estimations tiennent donc compte d’une situation du secteur de l’Interim Management qui représente le double des chiffres détenus par Federgon. »graphique – source : Federgon rapport annuel 2018

Changement et Interim Management vont de pair 

Selon Boudewijn Dupont, cette forte croissance du secteur trouve son explication dans les changements majeurs vis-à-vis desquels les entreprises se doivent de réagir au plus vite. 35 % des missions concernent des projets ayant trait au changement ou à la transformation. Les technologies évoluent, le contexte sociétal évolue, ce qui mène à une certaine disruption sur les marchés. Les entreprises sont contraintes de réagir à la situation plus rapidement et plus souplement, ce qui n’a rien d’évident pour les grandes entreprises. « En faisant appel à des experts externes, les organisations peuvent intervenir sur le champ de l’agilité. Les interim managers s’appuient sur leur expertise et leur expérience, et savent, de par leurs qualités relationnelles, diffuser une culture du changement. Ce qui n’est pas sans importance lorsqu’il faut tenir compte de l’agenda interne de l’entreprise. »

Qui choisit la voie d’une carrière d’Interim Manager ?

Boudewijn Dupont distingue globalement deux grands groupes dont les membres ont choisi la voie d’interim manager indépendant.

Boudewijn Dupont :  « Pratiquement tous les interim managers ont commencé leur carrière en entreprise. Ils et elles ont évolué étape par étape, ont acquis une expertise et ont constitué progressivement leur réseau professionnel. »

« Jusqu’au jour où l’on atteint un tournant de sa vie professionnelle, et que l’on fasse le point. Certains optent alors pour leur autonomie et choisissent de proposer leur expertise sans autre implication dans la politique interne des entreprises. Dans ce premier groupe, ils et elles adoptent délibérément le statut d’indépendant, et vont retirer beaucoup de satisfaction de leur collaboration avec différentes entreprises, ainsi que dans l’accomplissement de leurs missions. »

« Dans l’autre groupe, le choix de passer interim manager serait plutôt inéluctable. C’est bien souvent une restructuration qui va marquer la vie professionnelle des cadres et les placer devant des défis majeurs. Des programmes d’outplacement vont alors les introduire, parfois même pour la première fois, sur le marché de l’interim management, car les possibilités offertes par le marché traditionnel sont, en qui les concerne, assez réduites. Entrent notamment en ligne de compte l’âge et le salaire. Les contacts de leur réseau ou les programmes d’outplacement vont leur conseiller la voie de l’interim management. Nous constatons que pour bon nombre de personnes, cette étape représente une réelle épreuve, qui demande une importante démarche intellectuelle. Néanmoins, l’histoire va souvent bien se terminer, car nous constatons que ce deuxième groupe est lui aussi généralement très satisfait de sa promotion. Ces personnes ne déclarent-elles pas majoritairement après leur première mission « qu’elles n’ont pas du tout l’intention de retourner sur le marché du travail traditionnel ». Nous évoquons ici plus particulièrement les ‘super-profils’ dont beaucoup d’entreprises ont besoin, mais pour lesquels elles n’ont apparemment pas de place dans leur payroll. Pour des raisons qui vraisemblablement les concernent. »

Ajoutons que chaque Interim Manager a son propre vécu, son propre parcours de carrière et ses propres perspectives professionnelles, et qu’il ou elle n’entre pas nécessairement dans l’un des groupes évoqués ici.

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From free to gold : 3W lance le 3W Executive Club

« Amener nos interim managers à rencontrer rapidement de nouvelles opportunités est le point de départ de la création du club », nous dit Boudewijn Dupont, CEO de l’agence d’Interim Management 3W. « Trois options s’offrent à eux : 3W Community (free), 3W Corporate (silver) et 3W Executive (gold). »
Quels sont les produits et les services compris dans chacun des packs ? Vue d’ensemble.

L’App 3W

« Notre toute nouvelle App 3W se compose de deux volets. Le premier permet aux interim managers de maintenir à jour leur profil et de rechercher des missions. Le second donne accès à un ensemble de conditions obtenues auprès d’un éventail de fournisseurs.

Examen du C.V. et rapport de référence

« Nous examinons le C.V. des membres Gold, et nous les conseillons afin d’affiner leur contenu et d’ainsi susciter un maximum d’intérêt en phase de recrutement. Nous leur remettons ensuite leur nouveau rapport de référence. Au départ, les interim managers nous communiquent 5 à 7 références. Nous prenons contact, ce qui nous permet de reformuler le contenu initial et d’établir un rapport de référence complet. Ce rapport peut leur servir lorsqu’ils s’adressent à d’autres providers ou à des entreprises. »

Assessment report

« L’Assessment report informe en détail sur les compétences de l’interim manager.

Les lunchs CEO

« 3W organise régulièrement des lunchs CEO. Normalement, les interim managers n’y sont pas invités, mais à l’avenir, les membres Gold le seront. »

Événements

« Chaque année, nous organisons quatre events et trois 3W Academy. Ces événements sont gratuits pour les membres Gold. Il est demandé une contribution aux membres Free et Silver. »

Hero Strategy

« En général, on reçoit une demande d’un client et ensuite on sélectionne les profils. Avec la Hero strategy, nous inversons la donne. Au départ, nous déterminons un profil anonyme intéressant, et nous l’illustrons avec les capacités et la personnalité d’un candidat. Ensuite, avec ce profil entre les mains, nous approchons proactivement les entreprises clients potentiels. »

Partager les connaissances

« Le 3W Executive Club permet aux interim managers de se rencontrer et de s’entraider. S’ils sont confrontés à un problème qui échappe à leur expertise, le club les met en contact avec confrères et consœurs afin de pouvoir échanger leurs connaissances. »

Le client est la priorité

« Je tiens à rappeler que les interim managers peuvent adhérer à la 3W Community (free) sans obligation d’account payant. »

« Nous restons parfaitement objectifs lors de la sélection des candidats à proposer aux clients. Les besoins du client sont une priorité : les compétences recherchées, les soft skills, l’esprit d’entreprise, etc. Le fait que l’interim manager ait ou non un account payant n’a aucune influence sur le prescreening ou l’établissement d’une shortlist. »

Plus d’info : 3w.be/3w-membership/

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Stijn Broecke (OCDE) : « Accroître la protection sociale »

Les changements que connaît le marché du travail font en sorte que la relation entre les travailleurs et les entreprises sont en train d’évoluer. L’OCDE est attentive au risque d’aboutir à des effets qui seraient négatifs pour les travailleurs. L’organisation remarque que les nouvelles formes d’emploi ne rentrent pas toujours dans un cadre réglementaire, permettant à certaines entreprises de passer au travers des mailles du filet, et que le rapport de force entre les parties prenantes est de plus en plus déséquilibré, au détriment des travailleurs.

Zone grise

Un premier problème majeur rencontré est celui du faux travail indépendant : des entreprises adaptent délibérément leur contrat de travail afin d’éluder les cotisations sociales et de ne pas s’encombrer des risques. L’OCDE affirme haut et clair que les autorités publiques doivent contrer ce phénomène, notamment en adaptant la réglementation aux nouvelles réalités, mais également en intervenant sur le terrain.

Stijn Broecke nous dit aussi qu’il y a un défi à relever pour les indépendants se trouvant dans une sorte de zone grise. « Il s’agit de travailleurs qui sont réellement indépendants, mais qui ont néanmoins des caractéristiques communes avec les salariés », explique-t-il.

Et de poursuivre : « Il y a quelque chose à faire au niveau politique pour assurer à ces travailleurs une meilleure protection sur le marché du travail. Cela ne concerne donc pas l’ensemble des indépendants, mais bien ce groupe vulnérable. Pour donner un exemple, il y a bon nombre d’indépendants qui dépendent d’un seul client pour la majeure partie de leur revenu. Ils sont vulnérables, car si cette source de revenu doit se tarir du jour au lendemain, ils se retrouvent démunis. »

Nul besoin de nouveau statut

Se pose alors la question des statuts et du besoin d’un statut distinct pour les ‘indépendants économiquement dépendants’. Stijn Broecke rejette l’idée d’un statut intermédiaire : « La situation ne date pas d’hier. Ces travailleurs existent bel et bien, mais sont simplement difficiles à classifier. Ils ont toujours existé et existeront toujours. Le problème est que dans la plupart des pays, ils n’ont souvent pas droit à une vraie protection sociale sur le marché du travail. C’est un réel problème, car bon nombre de ces travailleurs sont rendus vulnérables. »

Définir un groupe distinct n’est toutefois pas aisé. Si vous leur attribuez une définition large et vague, il y a risque de chevauchement avec d’autres groupes, et les individus et les entreprises vont vouloir tirer la couverture de leur côté. Si vous appliquez les règlements à la lettre, des travailleurs risquent alors de sauter.

Plus de protection

Notre expert préconise d’apporter une meilleure protection sociale, plutôt que d’imaginer un nouveau statut. « En Angleterre et en Espagne, ces travailleurs disposent de droits bien définis, contrairement à certains autres pays. Au Portugal, cela a trait aux allocations de chômage ; en Suède et en Allemagne, il faut conclure des conventions collectives de travail ; et ce ne sont là que des exemples. »

Outre les droits et la protection de l’ensemble des travailleurs indépendants soi-disant économiquement dépendants, il existe comme solution de conclure des accords spécifiques pour un secteur en particulier. C’est ce type de solution qu’ont adopté les Pays-Bas et la France.

Le monopsone

La problématique des indépendants vulnérables peut être reliée au monopsone : situation d’un marché où il n’y a qu’un seul demandeur ou très peu de demandeurs. En ce qui nous concerne : situation dans laquelle les travailleurs indépendants n’ont que peu ou pas de possibilité d’offrir leurs services à un client autre.

« On s’aperçoit que les différents marchés de l’emploi sont de plus en plus centralisés, ce qui signifie que les travailleurs, les salariés, ainsi que les indépendants, ont dans bien des cas comme seule option que leur employeur actuel. Ce qui réduit drastiquement leur capacité de négociation, leur bargaining power, et qui mène inexorablement à une rémunération et des conditions de travail moins favorables. »

Déterminer ensemble les conditions

Une situation de monopsone est pour Stijn Broecke une raison supplémentaire d’apporter de la protection à certains travailleurs indépendants, notamment dans les secteurs où la problématique est omniprésente. « C’est ce que l’on a connu avec les journalistes et les personnes qui travaillent dans ce secteur. Dans certains pays, il existe des accords, implicites ou explicites, sur le montant de leur rémunération. »

Ce qui a déclenché de vives discussions, car du coup on supprime les principes du droit de la concurrence, sans oublier qu’il est interdit de s’accorder sur les prix à pratiquer ? « La position de l’OCDE vis-à-vis de ces travailleurs non entièrement considérés comme indépendants, ou en situation de monopsone, et dès lors vulnérables, est qu’ils devraient avoir le droit de fixer ensemble leurs conditions de travail et le niveau de leur rémunération. Sinon, ils vont être sous-payer et inévitablement exploiter. »

Et Stijn Broecke de conclure : « Ces marchés manquent en outre d’efficacité. Les autorités publiques doivent intervenir en cas de monopsone, tout comme elles interviennent en cas de monopole. »

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