"Exploring the future of work & the freelance economy"

Se former entre freelances : tout est à imaginer

Depuis plusieurs semaines, le monde économique belge (et d’ailleurs) doit affronter de nouvelles réalités. Selon une récente étude de l’UCM, au moins 15% des entrepreneurs du pays affirment déjà qu’ils comptent faire appel à plus de freelances à l’avenir. La crise que l’on vit ferait donc prendre conscience aux entreprises que plusieurs compétences sont bel et bien à aller chercher au-delà de leurs murs.

Mais quelles sont exactement ces compétences ? Elles varient, évoluent, doivent s’adapter sans cesse aux nouvelles réalités de nos sociétés. Les freelances sont a priori responsables de leurs expertises et donc de l’évolution de leurs connaissances. Tour d’horizon des stratégies pour se former en tant que freelance qui existent, et de celles à inventer.

Se démarquer

Avant d’envisager les solutions, il convient de cibler son problème et de se positionner de manière claire sur son marché. Qui suis-je ? Quels sont les services que je propose ? Quelle est ma plus-value ? Et alors, selon où on se situe, il faudra déterminer ce qu’il nous manque pour être en position de force. Frédéric Naedenoen, chargé de recherches à HEC Liège et chargé de conférence, encourage surtout à ouvrir son panel digital. « Pour moi, un freelance doit vraiment prendre le temps de développer des compétences qui sont recherchées partout mais qui sont encore fournies par très peu de professionnels comme l’intelligence artificielle, ou qui permettent d’être un bon animateur de réseau, un community manager qui se réinvente. Des micro-marchés du travail sont très demandés à certains moments de tension. Un bon freelance doit pouvoir anticiper pour miser là-dessus, plutôt que de se concentrer sur un volume de travail plus important mais à plus bas coût. » En d’autres termes, il est préférable vaut être rare sur le marché et ainsi vendre sa main d’oeuvre plus cher.

 Un Freelance est préférable vaut être rare sur le marché et ainsi vendre sa main d’oeuvre plus cher. – Frédéric Naedenoen, HEC Liège –

Autodidactes, mais pas seulement

Miser sur des fonctions qui vous offrent une plus grosse valeur-ajoutée et donc développer une position stratégique sur le marché, ça ne s’improvise pas. Au niveau global, il existe plusieurs webinars, des tables rondes qui abordent des problématiques communes à bon nombre de d’indépendants. Jenny Björklöf, fondatrice de Freelancers in Belgium, rappelle que ça reste une piste à ne pas négliger – surtout en cette période de crise historique – même si ça ne suffit pas. « Il existe beaucoup d’alternatives pour apprendre en ligne, notamment via les réseaux universitaires. Ils sont faciles d’accès et sont abordables financièrement. Mais il s’agit souvent de formations créées pour des indépendants qui veulent évoluer avec des employés. Ce qui rend les contenus très spécifiques et certainement trop dirigés vers des solutions chronophages et gourmandes en ressources. Donc l’idéal pour les freelances, c’est clairement des formations qui sont données par… des freelances. Ça permettrait notamment de proposer des ateliers qui aborderaient des questions comme « comment trouver de nouveaux clients ? » ou « comment fixer justement les prix ? » »

L’idéal pour les freelances, c’est clairement des formations qui sont données par… des freelances. – Jenny Björklöf, Freelancers in Belgium –

Les bonnes pistes

Des formations par les freelances, pour les freelances, c’est bien. Mais Jenny Björklöf met quelques autres lacunes en lumière. « D’abord, les freelances ne sont pas tous de bons professeurs, donc je pense qu’il faudrait déjà prévoir des parcours pour les former à être pédagogues. Et, pourquoi pas, mettre en place des programmes de formation avec des échanges d’idées et d’expériences, ou des concepts d’apprentissage entre pairs. » En cette période de crise sanitaire historique, il est donc temps, plus que jamais, de se poser les questions sur l’avenir de nos métiers. Il faut apprendre à développer une vraie vision en amont, anticiper les besoins que le marché réclamera demain, et organiser les parcours de formation qui n’existent pas encore. Rien n’est acquis, tout évolue, tout est à réinventer.