"Exploring the future of work & the freelance economy"

L’ACV et Unizo à couteaux tirés pour les freelances

Vous avez sûrement eu l’occasion de le lire. Désormais, l’ACV/CSC (confédération des syndicats chrétiens) veut réunir et représenter ceux et celles qui travaillent sous le statut d’indépendant : indépendants sans personnel, freelances qui à titre individuel ont un nombre limité de clients, indépendants à titre complémentaire.

Ces travailleurs se retrouvent dans tous les secteurs d’activité : ils et elles sont indifféremment kinésithérapeutes, consultants en informatique, journalistes, chauffeurs ou coursiers. On les retrouve également dans la construction et l’horeca.

Chez UNIZO, ils n’ont pas vraiment apprécié. Les dirigeants n’ont pas tardé à réagir face à cette démarche inattendue, mais pas illogique, de l’ACV/CSC. L’organisation indépendante Unizo a toujours revendiqué la représentation des freelances, car ils et elles ont choisi librement de devenir indépendant, et ne sont donc en rien des salariés. Unizo sait que le statut social des freelances, tout comme celui des indépendants, devrait être amélioré. Ils sont prêts à se battre en ce sens : « C’est à nous de défendre leurs intérêts. »

Martin Willems, le responsable national du portail United Freelancers reste remarquablement pondéré dans ses critiques. Pour l’ACV/CSC, la différence entre un salarié et un freelance est souvent artificielle. Et de constater qu’ils occupent souvent le même lieu de travail. Toutefois, pour certains freelances, les relations avec leurs clients peuvent parfois rencontrer des difficultés. Tout et chacun a droit à des bonnes conditions de travail, à un salaire décent et à un bon équilibre vie professionnelle/vie privée. En cas de problèmes fondés ou de difficultés à propos de l’horaire de travail ou de la rémunération, l’ACV/CSC voudrait pouvoir intervenir auprès du client, éventuellement même via une négociation collective.

USP

« Nous sommes bien placés pour aider les freelances. À l’ACV/CSC, nous connaissons pas mal de membres qui, après un licenciement, ont été contraints de devenir indépendants pour pouvoir continuer à travailler. Nous avons aussi un nombre important de membres qui sont indépendants à titre complémentaire. Au nom de quoi ne pourrions-nous pas les soutenir et à les représenter ? Nous pensons même être les mieux placés. Si le client et le freelance sont tous deux membres d’Unizo, comment cet organisation va-t-elle trouver des solutions sans risque de déplaire à une partie de ses membres ? Ou encore, comment régler la consultation sociale entre employeurs et travailleurs. Unizo se situe du côté des employeurs, alors que l’ACV/CSC est toujours du côté de l’ensemble des travailleurs, en ce y compris les freelances sans personnel. »

Faux indépendants ?

Unizo estime qu’un syndicat doit avant tout s’occuper des travailleurs faux indépendants. Martin Willems : « Nous n’avons jamais prétendu que tous les freelances sont quelque part forcés de devenir des faux indépendants. Toutefois, il y a des cas où nous pouvons aider des travailleurs à se requalifier dans le statut plus avantageux de travailleur salarié. Mais cela n’a rien à voir avec la situation de faux indépendant. »

L’ACV/CSC a également connaissance des statistiques sur les revenus des freelances. Et pour la plupart de ces derniers, tout se passe plutôt bien. Néanmoins, l’ACV/CSC ne s’adresse pas d’emblée aux seuls freelances en situation précaire : « Nous pensons que ceux qui rencontrent des difficultés seront plus enclins à nous rejoindre. Mais tout le monde est le bienvenu. »

Les frais d’adhésion

Les freelances peuvent adhérer au syndicat aux mêmes conditions que les salariés : la cotisation annuelle tourne autour des 207 euros. Chez Unizo, la cotisation est de 201 euros, ou pour 2019 de 134 euros. Chez l’un comme chez l’autre, le freelance bénéficie d’une aide administrative, d’explications sur ses droits et obligations, de conseils sur les modalités contractuelles, d’un aperçu sur des contrats types, etc. Martin Willems ne donne pas de chiffres quant au nombre de connexions du business plan. Il indique seulement que leurs ambitions restent modérées. Par contre, il prétend avoir « plusieurs milliers de membres » dans les différentes catégories d’activité.

Ma conclusion ?

Pour les freelances, ces avancées ne sont en fait que des bonnes nouvelles. Les deux organisations veulent obtenir de meilleurs droits pour les travailleurs. Cela permet de capter l’attention des politiques et de voir s’accomplir des efforts pour résoudre la problématique et les défis. L’organisation indépendante et le syndicat vont permettre d’aller dans le sens de la défense des intérêts du statut d’indépendant. Et laissons les freelances décider de l’organisation qui pourra le mieux les défendre… Un peu de concurrence n’a jamais fait de tort, n’est-ce pas ?

Philip Verhaeghe is een onafhankelijk adviseur en een freelance redacteur voor vakbladen, bedrijven en organisaties. Focusseert op ‘ondernemen’ in al zijn vormen: van de legaltech start-up tot en met maatschappelijk verantwoord investeren. Onderzoekt zowel de nieuwste trends als de klassieke uitdagingen die elke dag opnieuw het verschil kunnen maken in de bestuurskamer of het directiecomité.

Is als expert ‘deugdelijk bestuur’ verbonden aan Etion en Toolbox. Werkte als algemeen secretaris voor VKW, het Instituut voor Bestuurders, Corgo en RNCI.

Always in for a game of chess or a tweet.

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