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Des cobots intégrés dans la ‘couche flexible’. L’avenir du travail s’est mis en marche

Si j’ai eu l’envie de participer à un session petit-déjeuner ? Sujet : Incorporer des cobots temporairement dans la politique de stratégie flexible de votre entreprise. En d’autres termes, comment les cobots utilisés temporairement peuvent-ils être intégrés dans la supply chain HR des talents externes temporaires ? Voici mon point de vue.

Vous prendrez bien une tasse de thé

Le High Tech Campus de Eindhoven était le cadre idéal pour cette séance petit-déjeuner essentiellement tournée vers l’avenir. Mais les cobots, ce n’est pas pour demain n’est-ce pas ? Pas exactement si l’on se réfère au discours introductif de Silvester de Keijzer, CEO de HAHN Robshare, l’un des initiateurs de cette rencontre avec un cobot. Son organisation a mis quelque 200 robots ‘au boulot’ de manière flexible, et ce nombre augmente de 5 à 6 par semaine. Avec pour postulat que les cobots ne remplacent pas les personnes, mais qu’ils font avec elles un travail complémentaire d’assistance. Il cite l’exemple du cobot en milieu hospitalier qui peut servir avec célérité une bonne tasse de thé aux patients, permettant ainsi au personnel infirmier de s’occuper des tâches d’un autre ordre.

Plus il y aura de pénurie, plus il y aura de cobots

Les premières expériences dans l’utilisation flexible des cobots sont bien une réalité. Le moment est venu, se sont dit Ron Bosma et Marc Viëtor de Talentin, pour répertorier les résultats et les enseignements.  Pour ces conseillers en Workforce Management stratégique, la question des cobots tombe pile dans l’actualité. Comment la location d’un cobot fonctionne-t-elle dans la pratique ? À quoi faut-il veiller ? De quoi la HR supply chain idéale doit-elle se composer ? Au travers de cet événement, TalentIn veut mener son thème loin de la discussion théorique en recherchant les obstacles possibles à une mise en œuvre à grande échelle.

Un premier sondage va montrer clairement que ‘inconnu’ est synonyme de ‘mal aimé’. L’un des participants a même déclaré : « J’en ai entendu parler, mais je ne vois pas ce que l’on peut en attendre. » Un autre participant a quant à lui déclaré qu’il considérait les robots fixes comme étant la seule solution, et qu’il était donc très curieux de découvrir ces cobots flexibles. Il est toutefois ressorti des échanges que la pénurie structurelle que connaît le marché du travail ne pourra qu’accélérer la mise en place des cobots. De plus en plus d’entreprises seraient en tout cas prêtes à ‘en essayer un’.

Il faut toutefois garder à l’esprit trois principes fondamentaux au moment de songer à l’utilisation de cobots. Un cobot assiste les personnes et ne les remplace pas. La sécurité est primordiale. Et la facilité d’utilisation est essentielle. Lorsque l’on a saisi cela, le nombre d’applications est illimité. Les possibilités sont immenses. Implémenter des cobots utilisés de manière flexible risque d’entraîner des problèmes de logistique, pensez à leur installation et à leur démantèlement, plutôt que des problèmes d’acceptation. Les chances de réussite vont dépendre des attentes. Il est important de bien définir au préalable les applications. Un cobot a jusqu’à nouvel ordre également ses limites. Fixer des objectifs précis est donc nécessaire.

Une évolution rapide comme l’éclair

« Nous n’échapperons pas aux cobots, c’est une certitude. Nous devons donc sans tarder apprendre à gérer cette situation », a déclaré Pauline Strijland. Celle-ci travaille comme conseillère auprès de la Nederlandse Provincie Limburg, et elle effectue actuellement des recherches sur l’impact de la numérisation sur l’économie.

Nous n’échapperons pas aux cobots  – Pauline Strijland (Prov.  Limburg)

Sa thèse est même confirmée par Ruud van de Burg, de Stichting The Art of Robotics : « Les cobots connaîtront un développement comparable à celui qui nous a apporté les smartphones, issus des premiers GSM auxquels sont venus se greffer des tas d’applis. La rapidité avec laquelle ce nouveau développement se produit est d’ordre exponentiel. Un an d’ici, le thème de cette session suscitait encore du scepticisme. Aujourd’hui, des entreprises telles que Philips, ASML, DHL et USG sont représentées. Ou sont même déjà en contact avec des constructeurs de cobots. »

Un an d’ici, le thème de cette session suscitait encore du scepticisme, et aujourd’hui on assiste à un développement exponentiel  – Ruud van de Burg (Stichting The Art of Robotics)

Maarten Hanssen de Philips voit la technologie à nouveau en contact avec les personnes. La réussite de l’implémentation des cobots va, selon lui, dépendre de la qualité de la cohésion entre les travailleurs de l’équipe. Il s’agit aussi d’évoluer dans la coopération entre les équipes. D’une coopération physique, on passe à une coopération essentiellement numérique.

Plus rapide et plus précis

DHL est un bon exemple en la matière. Des cobots sont utilisés avec succès dans le domaine logistique sur le site de Beringe, dans le Limbourg néerlandais. Les collaborateurs y ont été étroitement associés à l’introduction des cobots. « Les ex-préparateurs de commandes sont devenus des opérateurs machines », rapporte Theo Tosserams de Robomotive. « Avec une équipe inchangée, ils travaillent plus rapidement et avec plus de précision. Plus de productivité donc. Cela permet de gérer un plus grand nombre de clients. » En ayant très tôt impliqué les collaborateurs, le taux d’acceptation est très élevé. Une question qui revient souvent : Qu’est-ce que cela apporte ? Dans le cas de DHL, la productivité et la sécurité ont clairement augmenté.

Le retour sur investissement est pour une organisation un facteur déterminant dans le processus de prise de décision concernant les cobots. Chez Philips à Drachten, les cobots travaillent de concert avec les collaborateurs dans le processus de production. Leur acceptation ne posa pas problème.  N’utilisons-nous pas des cobots lorsqu’on dispose d’un robot aspirateur ou d’un robot tondeuse ? La question de l’acceptation se posera généralement d’abord au CEO, car il voudra connaître son ROI. Marc Viëtor reprend l’argument en se référant à une étude récente de Manpower The Skills Revolution, qui démontre que les organisations qui investissent dans l’automatisation se développent plus rapidement.  Pour calculer le ROI, il est utile qu’une entreprise puisse disposer de données sur la sécurité (des statistiques sur les accidents du travail, par ex.), sur les pertes de production dues à des arrêts, etc. Si ces statistiques s’améliorent, il y a ROI. Récolter des données devient de plus en plus important pour les organisations, et les cobots y contribuent.

Y-a-t-il un revers à la médaille ?

Après les acclamations, attirons l’attention sur certaines réserves. Force est de constater que les cobots ne cotisent pas à la sécurité sociale ni aux impôts. Il est également vrai que les cobots génèrent des données qui concernent les travailleurs de l’équipe, permettant entre autres de savoir qui travaille le mieux. Enfin, la question se pose de savoir si les cobots ne vont pas, notamment, s’attribuer le travail de milliers de travailleurs intérimaires affectés aux tâches de pure routine.

« Les cobots ne se verront pas attribuer le travail des intérimaires », annonce Silvester de Keijzer. Les cobots créent au contraire de l’emploi et les personnes vont travailler différemment. En outre, un fournisseur de cobots n’est pas un expert du monde du travail. C’est le rôle des agences d’intérim. Généralement, leurs clients n’ont structurellement pas besoin de cobots. Bart Kock de USG examine actuellement un moyen par lequel les cobots pourraient convenir à leurs clients, mais en leur adjoignant une main d’œuvre intérimaire. Le principe de ‘l’homme et la machine’ en quelque sorte. Une analyse doit indiquer clairement quelles actions peuvent être mieux réalisées, plus rapidement et de manière plus sûre par un cobot. Des discussions sur les prix, entamées avec de gros clients de USG, se basant sur le modèle TCO et non sur la facturation à tout-va, ne peuvent que mener à une évolution. Par ailleurs, HAHN Robshare a développé un robot-superviseur qui gère plusieurs cobots via l’IA ou la réalité augmentée.

USG prévoit de fournir des cobots avec de la main d’œuvre intérimaire  – Bart Kock (USG)

En guise de conclusion eut lieu une brève démonstration, au cours de laquelle le cobot présent sur place a été programmé pour effectuer quelques tâches simples. Cette programmation s’est avérée très simple : « Un enfant de 6 ans en est capable », affirme Silvester de Keijzer.


Les cobots existent dans toutes les dimensions et toutes les formes. Ils sont légers et relativement peu coûteux. Voici quelques conseils à propos des cobots :

  • Consultez le marché. Les cobots se présentent avec diverses capacités, par exemple avec des bras articulés à 6 ou 8 axes. La force de levage peut également varier, par exemple maximum 10 kg.
  • Analysez comment le cobot devra optimiser votre processus de production : quel est le gain attendu ?
  • Il faut effectuer une analyse du risque : le cobot peut-il être stoppé manuellement ? Le cobot est-il prêt pour recevoir des fonctionnalités complémentaires ?
  • Il faut viser le long terme.
  • Try before you buy!

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Marleen Deleu – Director Trends & Insights NextConomy – on a mission to bring insights and expertise to the freelance workforce and users of contingent labor in Belgium

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