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Google paie trop peu les intérimaires depuis des années.

Dès mai 2019, la direction de Google savait que la société ne respectait pas la loi et qu’elle sous-payait ses intérimaires. Google n’a d’ailleurs pris aucune mesure immédiate pour rectifier le tir et payer les arriérés de salaire. Explications.

Dissimulation de la réalité

Google a sous-payé illégalement des milliers de talents externes dans des dizaines de pays. L’entreprise a ensuite différé la régularisation des salaires pendant plus de deux ans, tout en essayant de dissimuler le problème, selon The Guardian.

Les dirigeants de Google savaient au moins depuis mai 2019 que l’entreprise ne respectait pas les lois des pays en question, le Royaume-Uni, par exemple, celles en Europe et en Asie, qui stipulent que les intérimaires doivent recevoir un salaire égal à celui des salariés à temps plein effectuant un travail similaire, selon des documents et des e-mails internes de Google consultés par The Guardian.

Au lieu de rectifier immédiatement le tir, l’entreprise a traîné les pieds pendant plus de deux ans, comme le révèlent les documents, en invoquant des préoccupations liées à l’augmentation des coûts pour les services qui dépendent en grande partie des intérimaires, au risque de poursuites judiciaires et d’une couverture médiatique défavorable.

Ampleur de la situation

Google parle d’elle comme d’une “Extended Enterprise”. Dans le monde entier, Google embauche des milliers de personnes externes, gérées par un programme appelé “xWS”. Dans le monde entier, Google dépense environ 800 millions de dollars par an en intérimaires, emploie plus de 100 000 personnes sous contrat, des vendeurs et du personnel qui ne sont pas directement employés par l’entreprise, mais travaillent pour son compte dans la restauration, la sécurité en passant par le codage et l’analyse de données.

Compte tenu du taux de rotation élevé des intérimaires, le nombre de personnes extérieures concernées par l’erreur de Google pourrait se chiffrer à plusieurs dizaines de milliers. Un document montre qu’au 16 février 2021, Google comptait 1 030 travailleurs intérimaires dans des pays dotés d’une législation sur la parité salariale, les plus nombreux se trouvant au Royaume-Uni (343), en Inde (222), en Irlande (207) et en Allemagne (59).

Cadre légal

En général, ces lois sur la parité salariale requièrent l’égalité de traitement entre les travailleurs intérimaires et les autres à temps plein en matière de rémunération, d’horaires, de pauses, de congés et de certains avantages.
Au Royaume-Uni, par exemple, l’égalité de traitement est obligatoire après une période de qualification de 12 semaines, tandis qu’en Irlande, c’est le cas dès le premier jour de travail. D’autres pays exigent également une équivalence au niveau des avantages sociaux et des primes.

L’agence intérimaire et la société cliente – dans ce cas Google – partagent la responsabilité de l’égalité de traitement. Il incombe, toutefois, au client de fournir à l’agence intérimaire des informations exactes sur les salaires.

 

Source : The Guardian

Marleen Deleu - Director Trends & Insights NextConomy - on a mission to bring insights and expertise to the freelance workforce and users of contingent labor in Belgium Voir tous les articles de Marleen Deleu