"Exploring the future of work & the freelance economy"

Freelance à titre complémentaire : tendance d’avenir ?

Aux États-Unis, le nombre de ‘vrais’ indépendants est en baisse. Par contre, le nombre de freelances ‘occasionnels’ augmente de façon spectaculaire. Une tendance à ne (certainement) pas perdre de vue ?

’MBO partners’, l’un des plus importants consultants pour l’engagement de freelances aux États-Unis, publie chaque année une photographie du paysage freelance américain. Cette enquête très sérieuse en est à sa 8e édition. Et au fil des publications, il en est sorti une image précise des tendances aux États-Unis.

Ce qui s’applique aux États-Unis ne s’applique naturellement pas à la Belgique…

Ce qui s’applique aux États-Unis ne s’applique naturellement pas à la Belgique. Les États-Unis connaissent une tout autre dynamique du marché du travail. C’est ainsi que se séparer d’un membre de son personnel est moins contraignant. Du reste, dans son ensemble, la législation est fort différente. Dans nombre d’États américains, il n’est pas aisé d’engager des freelances, et les conditions de travail diffèrent également. Pour couronner le tout, le régime fiscal est sans comparaison. Ce qui a un effet certain sur les variations que connaît le nombre de freelances.

Mais le sujet n’en est pas pour autant moins intéressant

Une telle étude nous donne matière à réflexion. Voici quelques chiffres extraits de l’étude :

  • Le nombre d’indépendants full time (min. 15 h/semaine, avec une moyenne  de 35 h/semaine), est (à nouveau) en diminution.
  • Le nombre d’indépendants part time (moins de 15 h/semaine) a également diminué.
  • Mais le nombre d’indépendants ‘occasionnels’ (min. un job par mois) a lui spectaculairement augmenté : 16% de plus qu’en 2017, et 34% de plus qu’en 2016. Ce groupe représente un tiers de l’ensemble des freelances.

En partie par obligation, en partie parce que c’est possible

Donc, on peut dire que le nombre des freelances est en nette progression aux States. Mais il faut encore ajouter que ce sont des freelances complémentaires. Il s’agit donc de travail occasionnel. En partie par obligation, comme rentrée supplémentaire, mais surtout, aussi parce que c’est possible.

Pas d’imposition jusqu’à 500 euros

Revenons en Belgique, où au mois de juillet, on a vu débarqué un nouveau statut  « pour activités complémentaires » ou « pour petits travaux ». Ce statut offre aux travailleurs qui prestent au moins à 4/5 temps, aux indépendants en activité principale et aux pensionnés, la possibilité de gagner jusqu’à 500 euros par mois exonérés d’impôt. Les activités concernées doivent entrer dans le cadre du travail associatif, des services de citoyen à citoyen ou de l’économie collaborative. Notre pays possède un pourcentage relativement élevé de personnes dites inactives. Avec cette mesure, le gouvernement espère pouvoir convaincre ce groupe de devenir indépendant.

Les petits travaux : l’avenir ?

Faire des petits travaux, avoir des revenus de plusieurs sources, comme un travail fixe, un travail occasionnel et encore un travail via une plateforme d’économie collaborative comme Airbnb, est-ce cela l’image de l’avenir ?  Il est peut-être encore trop pour le déterminer.

En tout cas, il semblerait intéressant pour un nombre croissant de travailleurs de faire (occasionnellement) un job complémentaire. Du tangible, une tâche définie, une rémunération correspondant à ce qui a été fait, en gardant son autonomie et sa liberté.

Existera-t-il encore des travailleurs salariés

La semaine dernière, The Economist a publié un essai sous forme d’article, mettant en scène une entreprise de conseils (fictive) qui dans un futur proche n’avait plus aucun collaborateur. Elle était morcelée en tâches et en jobs qui, suivant la demande du marché, étaient placés dans un pool de freelances, qui étaient en fait ses anciens collaborateurs.

Avantages pour le marché du travail

Je pense que les petits boulots freelances présentent aussi des avantages pour le marché du travail. Comme manière de gérer sa carrière par exemple : cela donne aux gens la possibilité de faire un job complémentaire en plus de leur travail régulier, et ainsi de continuer à évoluer. C’est aussi un moyen pour acquérir l’expérience adéquate, et prouver ses capacités. Car en plus des statuts bien présents de salarié et d’indépendant, un groupe intermédiaire vient progressivement s’immiscer.

Cela requiert de la créativité pour découvrir et aborder cette partie bien précise du marché du travail. En reconnaissant toute tâche comme étant une mission à part entière, au lieu, par exemple, d’un emploi temporaire. Plus : autres formes possibles de contrat et de rémunération.

Marleen Deleu – Director Trends & Insights NextConomy – on a mission to bring insights and expertise to the freelance workforce and users of contingent labor in Belgium

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