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Handipreneuriat : qui a dit que handicap ne pouvait pas rimer avec entrepreneuriat ?

En Belgique, nombreux sont les “handipreneurs” en pousse, porteurs de projets et de rêves. Pour les accompagner sur le chemin de la vie active, l’ASBL HandiJob’Project mène un combat sans relâche. Son président et accompagnateur, Mohamed El Hendouz, témoigne de la richesse d’une communauté, trop souvent réduite à son handicap.

Selon les chiffres de 2021, rapportés par la RTBF, il y a plus de 675 000 personnes dont le handicap est reconnu par la DG Personnes Handicapées en Belgique. Et à peine 31,6% de Belges handicapés qui sont actifs sur le marché du travail. En cause ? Entre autres choses, des aménagements qui ne sont pas prévus et réalisés par l’employeur, une mise à l’emploi qui continue d’impacter les allocations d’intégration, un manque d’accès à l’information…

Notons aussi qu’il demeure derrière le handicap une difficulté inouïe à se référer à des chiffres fiables. Un vide qui empêche de budgéter une quelconque mesure pour favoriser l’inclusion des personnes en situation de handicap sur le terrain de l’emploi.

Entrepreneuriat et handicap : les racines du projet

Tout commence avec la réévaluation de la convention de l’ONU, en 2013. A cette époque, l’Unia, centre interfédéral pour l’égalité des chances et la lutte contre les discriminations, est chargé d’organiser une “consultation des personnes en situation de handicap sur leurs droits fondamentaux”. “On m’avait alors proposé de coanimer l’atelier emploi formation et de sensibiliser le public sur le sujet. En prenant le pouls sur le terrain, je me suis rendu compte que la thématique de l’entrepreneuriat intéressait pas mal de gens « explique Mohamed El Hendouz, président l’ASBL HandiJob’Project.

En fin de consultation, ce sont près de 500 personnes, du côté francophone, qui témoignent leur intérêt. « Étant donné que rien n’avait été mis en place au niveau fédéral par rapport au statut de handipreneur, j’ai décidé de me retrousser les manches et de commencer à en parler. Je voulais mettre ma pierre à l’édifice.” Après une étude de marché approfondie, Mohamed El Hendouz en est convaincu : il faut valoriser les personnes en situation de handicap au travers du travail, mettre en lumière leurs compétences et leur expertise mais aussi leur donner le choix de l’entrepreneuriat.

Notre mission est de sensibiliser le grand public mais aussi le public handicapé à l’handipreneuriat et de le promouvoir

L’handipreneuriat : vous connaissez ?

Avec HandiJob’Project, Mohamed El Hendouz souhaite vivement casser les codes et faire entendre la voix de la différence. En francophonie, les politiques maintiennent une culture institutionnelle validiste, une manière de mettre chacun dans des cases, et peut-être, aussi, de rassurer. Il est temps de démonter certains stéréotypes tenaces. “Notre mission est de sensibiliser le grand public mais aussi le public handicapé à l’handipreneuriat et de le promouvoir. D’accompagner le futur handipreneur, quel que soit son projet. Si le projet ne porte pas ses fruits et que l’aboutissement n’est pas favorable, je continue l’accompagnement, je réoriente et émets la possibilité d’un emploi inclusif. Personne n’est laissé au bord de la route.”

Grande cause cherche grands moyens

Pour le moment, Mohamed El Hendouz se trouve dans l’obligation de demander une participation financière aux handipreneurs eux-mêmes. “On ne perçoit aucun subside de l’Etat hormis un petit subside annuel de la Fondation Roi Baudouin, qui devrait bientôt faire avancer notre dossier en vue d’un plus grand soutien financier. J’ai introduit plusieurs demandes pour que le gouvernement fédéral révise la loi en matière d’intégration et revienne sur le “prix du travail” pour que les personnes handicapées puissent cumuler leur salaire professionnel et leurs allocations d’intégration.”

L’AVIQ  (agence wallonne pour une vie de qualité) accorde également une prime annuelle de 5400 euros aux handipreneurs. Celle-ci n’est valable que la première année et sert à couvrir les frais du handicap. En réalité, elle ne couvrirait que quelques mini-investissements pour un projet.

Le sourire déçu mais la volonté dans l’âme, Mohamed El Hendouz s’enthousiasme néanmoins en évoquant le souhait du gouvernement wallon de prolonger cette prime à trois ans, pour les handipreneurs au sens large mais aussi pour les personnes qui travaillent en tant qu’indépendant complémentaire. Pas à pas, le mouvement prend de l’élan.

Concrètement, comment ça fonctionne ?

  1. Prise de contact via la page Facebook de l’ASBL ou par mail.
  2. Premier rendez-vous pour aborder le projet de l’handipreneur, son parcours, ses motivations
  3. Analyse et résolution des interrogations, des questionnements qui ont souvent trait à la pratique, à la création d’entreprise, au financement…
  4. Période de réflexion de 15 jours.
  5. La motivation est toujours là et que le projet est réaliste ? Signature d’une convention de deux ans et demi et démarrage de l’accompagnement

UCM et un écosystème d’experts

Sur certaines thématiques, Mohamed El Hendouz préfère renvoyer l’handipreneur vers des personnes ressources ou référentes, des consultants, par exemple, qui baignent dans le domaine depuis des années. Pour toutes les démarches administratives, il travaille en étroite collaboration avec les conseillers juridiques de l’UCM qui lui ont, volontiers, ouvert la porte. Le réseau de l’économie sociale est aussi venu se greffer à son réseau de “coéquipiers”. Ensemble, ils agrandissent et renforcent leur champ d’action.

L’handipreneuriat c’est l’autonomie et l’indépendance. C’est une chance de montrer que le handicap peut être secondaire.

Quelques exemples ?

AM Intérieurs / Mélanie Andernack

Multiblueparadise / Maryse Lessire

Stent-Care / Lucio Scanu

L’handipreneuriat est une porte d’entrée sur le marché du travail

Mohamed El Hendouz tent à le souligner : « L’handipreneuriat c’est l’autonomie et l’indépendance. C’est une chance de montrer que le handicap peut être secondaire. Ce type de public est une richesse pour le pays ! Il y a beaucoup de projets développés par des personnes handicapées pour les personnes handicapées qui comblent le manque d’aides de l’État, comme par exemple, la création de sociétés de transport, accessibles à 100% à ce public. En France, il existe une panoplie de projets en ce sens. Nos voisins sont d’ailleurs une grande source d’inspiration. Prenons exemple…”

 


A propos de Mohamed El Hendouz

Depuis 2013, Mohamed El Hendouz  porte à bout de bras l’ASBL HandiJob’Project. Très peu soutenu par les pouvoirs publics et les structures en place, sidéré par la méconnaissance des associations représentatives sur le sujet, il accepte aujourd’hui toutes les mains tendues, y compris celles des médias, pour éclairer son action en faveur de l’handipreneuriat. Cet homme, diplômé en économie sociale et en secrétariat de direction, force le respect, tant par ses nombreuses prises de position que par sa détermination à toute épreuve.

https://handijobprojectasbl.be/ 

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Créatrice de contenus, Anne-Sophie est passionnée d’écriture, curieuse et captivée par le pouvoir des mots. Des fenêtres qui ouvrent et éclairent nos communications. Freelance, elle met sa plume au service de l’entrepreneuriat et questionne les nouvelles tendances RH. L’avenir du travail, un sujet qui n’a pas fini de faire couler son encre… Anne-Sophie is een content creator, gepassioneerd door schrijven. Ze is nieuwsgierig, geboeid door de kracht van woorden en zorgt voor deuren die opengaan en onze communicatie vergemakkelijken. Als freelancer gebruikt ze haar pen voor ondernemerschap en stelt ze nieuwe HR-trends in vraag, zoals de toekomst van werk, een onderwerp waar nog steeds veel over wordt geschreven ... Voir tous les articles de Anne-Sophie Debauche