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La moitié des travailleurs indépendants n’auraient pas un ‘travail faisable’ du fait d’un stress professionnel élevé

Un entrepreneur indépendant sur deux n’exerce pas un emploi faisable. C’est ce qui ressort de l’étude ‘Vlaamse werkbaarheidsmonitor 2019 – zelfstandige ondernemers’ réalisée par SERV-Stichting Innovatie & Arbeid (StIA). (Moniteur flamand sur la faisabilité du travail 2019 – entrepreneurs indépendants / SERV Conseil socio-économique de Flandre) Pour leur part, les freelances ont un taux de satisfaction plus élevé : 58 % reconnaissent la faisabilité de leur emploi.

Tout comme déjà en 2016, la moitié des entrepreneurs indépendants n’ont pas un ‘travail faisable’, nous dit le rapport StIA. Les objectifs du ‘Pact 2020’ du gouvernement flamand ne sont donc pas atteints. Dans le cadre de ce pacte 2020, les partenaires sociaux et le gouvernement flamand avaient convenu de porter pour 2020 à 55 % le nombre d’emplois faisables pour les entrepreneurs. La pression au travail et le stress professionnel en ont décidé autrement.

En ce qui concerne les freelances, le taux de faisabilité du travail au niveau des prestations de services intellectuelles est plus élevé que celui des entrepreneurs : 58 %. Mais il faut toutefois tenir compte de quelques observations. Plus d’un quart (28,7%) connaît un problème de stress lié au travail, et un autre quart (26,6%) éprouve des difficultés à concilier vie professionnelle et vie privée. La pression au travail (problématique pour 40,4 %) et la charge émotionnelle (pour 23,7 %) menacent en particulier la faisabilité du travail. Ces chiffres proviennent du rapport 2017. La StIA publiera de nouveaux résultats l’année prochaine.

Qu’entend-on par travail ou emploi faisable ?

Ce terme ‘travail faisable’ a été lancé il y a 15 ans par le Conseil économique et social de Flandre (SERV). Un travail faisable est un travail qui n’est pas source de surmenage ou de maladie, qui est attrayant et motivant, qui offre suffisamment de moyens pour s’adapter, et qui permet de combiner vie professionnelle et vie privée.

Les dimensions de la faisabilité du travail à l’égard des entrepreneurs indépendants

Quatre dimensions de faisabilité déterminent le taux de faisabilité. Il s’agit des possibilités d’apprentissage, de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, du bien-être au travail et de la fatigue psychologique.

Figure : Proportion d’entrepreneurs indépendants rencontrant des obstacles au niveau de la faisabilité du travail

  • La proportion de salariés se plaignant de stress professionnel a augmenté significativement depuis 2013 (de 33 à 37%) Le stress professionnel est le plus important obstacle à la faisabilité du travail. La situation des entrepreneurs ne diffère guère de celle des travailleurs salariés.
  • Trois indépendants sur dix éprouvent des difficultés à concilier vie professionnelle et vie privée. L’amélioration constatée en 2013 (de 35% en 2010 à 32%) est confirmée. Cette dimension reste toutefois le deuxième problème de faisabilité évoqué. D’autant plus qu’un indépendant sur cinq cumule un conflit travail-vie privée avec des soucis de stress professionnel.
  • À signaler que neuf entrepreneurs sur dix sont motivés par leur travail. Le groupe minoritaire (10 %) manquant de motivation a même augmenté par rapport aux chiffres de 2007 (8 %).
  • Ces dernières années, les possibilités d’apprentissage ne cessent de s’améliorer. Seuls 3,5 % des entrepreneurs montrent un déficit d’apprentissage problématique. Un nombre croissant d’indépendants investissent également dans la formation et la formation continue On pourrait toutefois faire mieux. En 2018, quatre entrepreneurs sur dix n’ont suivi aucune formation complémentaire.

Pourquoi les entrepreneurs indépendants connaissent-ils du stress professionnel ?

Diverses causes peuvent être identifiées concernant l’augmentation de la forte pression au travail et les problèmes liés au stress professionnel :

  • Le baromètre des PME indique la période 2014-2019 comme celle de la croissance économique. L’essor de l’économie garantit un carnet de commandes bien rempli et un volume de travail en augmentation.
  • Dans le même temps, on a constaté une tension sur le marché du travail. Tous les postes vacants n’étant pas pourvus. Par conséquent, l’entrepreneur doit devenir ‘extensible’ pour arriver à s’organiser.
  • Le flux continu de changement des business models et des méthodes de travail par continuous improvement, digitalisering, e-commerce, cybersecurity, GDPR… crée de l’incertitude et exige une grande flexibilité.
  • La disponibilité permanente et l’arrivée ininterrompue d’informations, ainsi que la sollicitation omniprésente des smartphones et autres devices informatiques mettent la capacité d’adaptation à rude épreuve, tant dans la sphère professionnelle que privée.
  • L’assertivité et parfois l’agressivité des clients, des patients, etc. mettent la pression sur la charge émotionnelle des entrepreneurs.

Pourquoi du stress professionnel chez les freelances ?

Les freelances, notamment en Flandre suivant le rapport, sont confrontés à différents défis pour organiser leurs missions. Il n’est pas rare que leur modèle de rémunération soit mis à l’épreuve en raison d’une volonté de faire baisser leurs tarifs. La recherche permanente de clients crée une incertitude quant à la récolte de missions et la rentrée de revenus. Parfois, les contrats font défaut, contiennent des clauses piégeuses (par ex. concernant la propriété intellectuelle, les délais de paiement) ou sont à prendre ou à laisser. La frontière entre travail freelance et faux travail indépendant est parfois ténue. En outre, les avantages accordés et les différences de statut entre freelances et collaborateurs fixes d’un même employeur peuvent être importants.

Vous trouverez ici le rapport Vlaamse werkbaarheidsmonitor 2019 – zelfstandige ondernemers publié par Stichting Innovatie & Arbeid (StIA).

Nathanëlla Monsaert is redacteur en grafisch vormgever. Met haar jarenlange ervaring werkt ze elke communicatie uit van A tot Z. Of hoe ze het liever zelf zegt: van A naar Beeld. Ze is een storyteller pur sang en gaat voor NextConomy vooral op zoek naar boeiende verhalen bij freelancers. Voir tous les articles de Nathanella Monsaert