"Exploring the future of work & the freelance economy"

Dissiper les malentendus à propos des freelances

Le travail freelance ne s’adresse pas spécifiquement à des personnes peu qualifiées et par définition mal payées. C’est l’un des malentendus que le Boston Consulting Group a voulu dissiper dans une récente étude. Selon Unizo, en Belgique aussi les freelances recherchent avant tout de la flexibilité, mais un travail intéressant.

Le Boston Consulting Group a mené son enquête auprès de plus de 11.000 travailleurs, et s’est entretenu avec des chefs d’entreprise pour mener à bien son étude sur The New Freelancers:  Tapping Talent in the Gig Economy’. Cette étude montre qu’il existe encore un tas de malentendus à propos du travail freelance et des plateformes. ’De nombreux nouveaux freelances voient dans la tendance le moyen d’acquérir plus d’indépendance et d’obtenir un travail plus flexible et plus intéressant.’ comme l’affirme le Boston Consulting Group.

Un job bien payé

Dans les médias, le travail freelance est souvent décrié comme étant mal rémunéré et réservé à des personnes peu qualifiées ; mais cela ne concerne en fait que la moitié des tâches proposées par des plateformes en ligne. Dans l’autre moitié des cas, il s’agit de fonctions bien rémunérées à l’adresse de personnes très qualifiées, telles que des missions de développement et de conception de logiciels. Toujours selon l’étude, les gig workers sont répartis dans un large éventail d’industries et de secteurs, parmi lesquels la communication (médias, télécom et data), la finance et les assurances.

Plus de flexibilité

Le nombre de travailleurs qui déclarent avoir perdu leur job à cause de la tendance freelance est égal à celui de ceux qui ont trouvé de l’emploi en suivant cette tendance. Parmi les participants à l’enquête, nombreux sont ceux qui ont répondu que les plateformes leur apportaient une réponse à leurs objectifs et leurs attentes, qui vont bien au-delà de la rémunération. Ils parlent de travail plus pertinent, d’indépendance et de flexibilité.

L’usage des plateformes comme première source de revenus est encore relativement limitée. Dans les économies développées, cela ne concerne que 1 à 4% des travailleurs actifs. Toujours dans les économies développées, 3 à 10% des travailleurs actifs disent utiliser les plateformes Gig comme source supplémentaire de revenus. Dans les pays en développement comme l’Inde et la Chine, cette proportion est supérieure à 30%.

Et en Belgique ?

Dans notre pays, les freelances ont plutôt le vent en poupe. En août 2018, près de 158 000 freelances étaient actifs en Flandre et à Bruxelles, soit 6,6% de plus que l’année précédente. C’est ce qui ressort du rapport ‘Freelancer Focus’ d’Unizo, réalisé en collaboration avec Graydon Belgium.

L’étude montre que les freelances optent délibérément pour le statut d’indépendant. 87% des freelances sont indépendants à titre principal et 13% à titre complémentaire. Les arguments décisifs sont le plus de liberté individuelle, le plus d’autonomie dans le travail, la possibilité de choisir ses missions et celle de pouvoir mieux gérer son agenda. Lorsque l’on demande à ces freelances s’ils referaient la même démarche avec les connaissances acquises actuellement, 88% ont répondu oui. « Ces résultats contrastent nettement avec ce qu’affirment, par exemple, les syndicats, comme quoi les freelances seraient surtout des faux indépendants contraints par les employeurs de travailler sous ce statut », déclare Filip Horemans, le porte-parole d’Unizo. Mais le choix délibéré de travailler sous le statut d’indépendant n’empêche pas les freelances de s’inquiéter de la protection de leur statut social. Unizo soutient la demande des freelances de voir s’harmoniser le statut social de travailleur indépendant avec la protection sociale dont bénéficient les travailleurs salariés et les demandeurs d’emploi.

Le combat des freelances
En Belgique, les missions freelances sont généralement bien rémunérées, comme le montre l’enquête effectuée par Unizo. Du reste, la majorité des freelances se disent très satisfaits de leurs revenus. 65% d’entre eux affirment gagner bien, à très bien leur vie, et qu’ils n’ont pas à s’inquiéter. 25% gagnent suffisamment pour joindre correctement les deux bouts, tandis que 11% affirment ne pas gagner assez et s’attendent même à rencontrer des problèmes financiers. « Apparaît alors immédiatement le cliché du freelance en difficulté, qui se trouve contre son gré sous statut d’indépendant et qui doit se battre pour y arriver. Personne ne dit que la vie de freelance est un long fleuve tranquille. Il faut reconnaître que nombre de freelances ont parfois des inquiétudes sur le nombre de missions à venir, qu’ils jurent sur le temps qui passe, sont en permanence surchargés, et que la pression exercée sur les tarifs les empêche de dormir. La combinaison vie professionnelle/vie privée et les mauvais payeurs sont également source de préoccupations, de même que la concurrence croissante du travail non déclaré », nous dit encore Filip Horemans.

L’étude a également questionné les clients sur leurs raisons de vouloir collaborer avec des freelances. Les trois principales raisons évoquées sont : le besoin temporaire de connaissances spécialisées, les pics de travail, et l’esprit d’entreprise et la flexibilité des freelances.

Sources :

Boston Consulting Group : The New Freelancers: Tapping Talent in the Gig Economy

Unizo, Freelancer Focus 2018

Melanie De Vrieze is freelance journalist and reporter for NextConomy.

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